Découvrez les villes emblématiques de l’Eure-et-Loir
Le département s’organise autour de quatre pôles urbains et d’une série de bourgs de caractère, répartis entre la plaine céréalière, les vallées et le bocage percheron. Les fiches ci-dessous rassemblent les activités, les sites et les prestataires recensés autour de chaque commune. Chartres : la préfecture et ses 38 324 habitants, sa cathédrale inscrite à l’UNESCO et son centre historique labellisé Ville et métiers d’art. Dreux : deuxième ville du département avec 31 543 habitants, sa chapelle royale Saint-Louis et son beffroi Renaissance. Châteaudun : sa forteresse du XIIe siècle sur un éperon dominant le Loir, remaniée à la Renaissance. Nogent-le-Rotrou : capitale historique du Perche, dominée par le donjon du château Saint-Jean. Maintenon : son château et les arches inachevées de l’aqueduc conçu par Vauban pour alimenter Versailles. Anet : le château Renaissance construit à partir de 1548 par Philibert de l’Orme pour Diane de Poitiers. Illiers-Combray : le village de l’enfance de Marcel Proust, qui a ajouté « Combray » à son nom en 1971. Bonneval : ses remparts et ses canaux alimentés par le Loir lui valent le surnom de petite Venise de Beauce. Thiron-Gardais : son abbaye fondée en 1114 a essaimé jusqu’en Écosse et en Irlande. La Ferté-Vidame : les ruines monumentales d’un château du XVIIIe siècle, au bord de la forêt. Senonches : porte d’entrée d’une forêt domaniale de 4 300 hectares. Épernon : bourg médiéval de la vallée de la Drouette, étape de la via Turonensis vers Compostelle. Châteauneuf-en-Thymerais : au cœur du Thymerais et de sa forêt de 1 750 hectares. Mainvilliers : commune de l’agglomération chartraine qui accueille le musée départemental de l’agriculture.
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L’Eure-et-Loir, une plaine, un bocage et une cathédrale
Chartres, ou ce qu’un chantier de trente ans a laissé debout. L’histoire tient en une date : 1194. Cette année-là, un incendie détruit la cathédrale romane de Chartres et épargne la crypte, quelques éléments de façade et surtout la relique du Voile de la Vierge. La reconstruction commence aussitôt et s’achève pour l’essentiel vers 1225, un délai exceptionnellement court pour l’époque, qui explique l’unité stylistique de l’édifice consacré en 1240. Le résultat aligne des chiffres peu communs : 130,20 mètres de longueur extérieure, 37,50 mètres sous voûte, un transept de 63,4 mètres qui reste le plus long de France, un clocher sud roman de 105 mètres et un clocher nord gothique de 115 mètres achevé en 1516. La statuaire compte environ 3 500 figures réparties sur neuf portails. Mais ce sont les verrières qui font la réputation du lieu : 176 baies, 2 600 m² de vitraux datant pour l’essentiel des XIIe et XIIIe siècles, soit le plus grand ensemble médiéval conservé au monde. Sous la nef, la crypte romane, la plus vaste de France, abrite le puits des Saints-Forts, un ouvrage gallo-romain de 33,5 mètres de profondeur. Au sol, le labyrinthe de pierre, tracé au XIIIe siècle, se parcourt encore à pied certains jours. L’UNESCO a inscrit l’ensemble en 1979, parmi les tout premiers monuments français reconnus.
Le Perche : bocage, chevaux et abbayes. À une trentaine de kilomètres à l’ouest, le paysage change complètement. Le Perche est un pays de collines, de haies vives, de mares et de chemins creux, protégé depuis 1998 par un parc naturel régional qui couvre 194 114 hectares et fédère 88 communes, dont 39 côté eurélien. C’est de ce bocage qu’est issu le percheron, cheval de trait à la robe grise ou noire, longtemps exporté dans le monde entier pour tirer diligences et charrois, et aujourd’hui présent dans les haras et les concours d’élevage locaux. Le patrimoine bâti y est monastique et militaire. L’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, fondée en 1114 à Thiron-Gardais, a donné naissance à un ordre qui compta 22 abbayes et plus d’une centaine de prieurés en France, en Écosse, en Angleterre et en Irlande ; son église abbatiale est classée monument historique depuis 1912, et ses jardins ont rouvert en 2003. À Nogent-le-Rotrou, le donjon du château Saint-Jean, élevé dans la première moitié du XIe siècle, rappelle que le Perche fut un comté indépendant avant son rattachement à la couronne. À La Ferté-Vidame, les ruines d’un immense château du XVIIIe siècle, laissé à l’état de squelette de pierre, offrent l’un des spectacles les plus étranges de la région.
La Beauce, la vallée de l’Eure et les demeures royales. Entre les deux, la Beauce déroule son plateau limoneux sur des dizaines de kilomètres sans obstacle, ce qui a fait la fortune agricole du département : l’Eure-et-Loir est le premier producteur français de céréales et de colza. Cette platitude a une conséquence touristique inattendue, elle rend la région idéale pour la montgolfière et pour le vélo de plaine. La vallée de l’Eure, elle, entaille le plateau et concentre les demeures. À Maintenon, un château médiéval remanié à la Renaissance passe en 1674 aux mains de Françoise d’Aubigné, future marquise de Maintenon, grâce à l’argent de Louis XIV ; à côté, les arches de l’aqueduc conçu par Vauban pour détourner les eaux de l’Eure vers Versailles se dressent toujours, chantier colossal abandonné en cours de route. Plus au nord, à Anet, Philibert de l’Orme construit à partir de 1548 pour Diane de Poitiers, favorite d’Henri II, l’un des manifestes de la Renaissance française ; elle y meurt en 1566. À Dreux, la chapelle royale Saint-Louis, bâtie en 1816 et agrandie à partir de 1830 par Louis-Philippe, est devenue la nécropole de la famille d’Orléans. Et à Châteaudun, la forteresse du XIIe siècle plantée sur son éperon rocheux domine le Loir de plus de soixante mètres.
Un département qui se visite aussi la nuit. Chartres a inventé une manière de prolonger la journée. Depuis 2003, l’opération Chartres en Lumières met en scène les façades de la ville d’avril à octobre : jusqu’à vingt-quatre monuments illuminés et mis en musique, cathédrale comprise, pour un parcours nocturne gratuit qui attire environ un million de visiteurs par an. C’est devenu le premier rendez-vous touristique du département, et une bonne raison de rester dormir sur place plutôt que de repartir vers Paris en fin d’après-midi. Le reste de l’année garde son rythme propre : marchés hebdomadaires sous les halles, concours d’élevage percherons, journées du patrimoine à la mi-septembre, pèlerinages vers la cathédrale. Pour composer votre séjour, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de chaque commune du département, de la plaine beauceronne aux collines du Perche.
À retenir
- Département 28, en Centre-Val de Loire : environ 5 880 km², 433 129 habitants (2023), préfecture Chartres.
- La cathédrale de Chartres est inscrite à l’UNESCO depuis 1979 : 2 600 m² de vitraux sur 176 verrières, 3 500 statues, 9 portails sculptés.
- Le Parc naturel régional du Perche, créé en 1998, couvre 194 114 hectares et 88 communes, dont 39 en Eure-et-Loir.
- Premier département français producteur de céréales et de colza, grâce à la plaine de Beauce.
- La Véloscénie, 450 km de Paris au Mont-Saint-Michel, traverse le département par Épernon, Maintenon et Chartres.
- Chartres en Lumières, créé en 2003, illumine jusqu’à 24 monuments d’avril à octobre et attire environ un million de visiteurs par an.
Vos questions sur les activités et loisirs en Eure-et-Loir
La plupart des visiteurs arrivent d’Île-de-France pour la journée et repartent en se demandant ce qu’ils ont manqué. Les questions qui reviennent portent sur le temps à consacrer à Chartres, sur ce qu’il y a à voir au-delà de la cathédrale, et sur la différence réelle entre la Beauce et le Perche.
La cathédrale Notre-Dame de Chartres et sa crypte, le château de Maintenon avec les arches de l’aqueduc de Vauban, le château d’Anet, la forteresse de Châteaudun et l’abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron. La Maison Picassiette, à Chartres, complète la liste pour qui aime l’art brut.
Une journée pleine. Comptez deux heures pour la cathédrale et sa crypte, deux heures pour la vieille ville et les bords de l’Eure, une heure pour le musée des Beaux-Arts ou le Centre international du Vitrail. D’avril à octobre, rester jusqu’à la nuit permet de voir le parcours illuminé de Chartres en Lumières.
La Beauce occupe l’est et le sud du département : plateau céréalier presque plat, horizons ouverts, villages groupés autour de leur église. Le Perche occupe l’ouest : bocage vallonné, haies, forêts, manoirs isolés et élevage. Une trentaine de kilomètres séparent les deux paysages.
La descente de l’Eure en canoë entre Maintenon et Chartres, les sentiers et les mares du Perche, le musée départemental de l’agriculture à Mainvilliers, les parcours acrobatiques en forêt de Senonches ou de Dreux, et les bases de loisirs des plans d’eau. La visite nocturne de Chartres en Lumières fonctionne très bien avec des enfants.
Oui pour Chartres, Dreux, Nogent-le-Rotrou et Châteaudun, desservis par le train depuis Paris. Maintenon et Épernon sont sur la même ligne, ce qui permet de combiner train et vélo sur la Véloscénie. En revanche, le cœur du Perche et les châteaux isolés demandent un véhicule ou un itinéraire cyclable préparé à l’avance.
D’avril à octobre pour profiter de Chartres en Lumières et des chemins du Perche. Mai et juin conviennent particulièrement au vélo et à la randonnée. L’automne met en valeur les massifs forestiers, et l’hiver reste favorable aux visites intérieures et aux tarifs d’hébergement.