Découvrez les villes emblématiques de la Charente
Le département s’organise autour d’une préfecture perchée, de deux sous-préfectures aux tempéraments opposés et d’un chapelet de bourgs viticoles, de villages de falaise et de cités de la Charente limousine. Chaque commune ci-dessous dispose de sa fiche : ce qu’on y visite, ce qu’on y pratique et qui le propose sur place. Angoulême : la préfecture et ses remparts en balcon sur la Charente, capitale de la bande dessinée depuis la création du festival en 1974. Cognac : ville natale de François Ier en 1494, dont les murs noircis par un champignon microscopique trahissent la présence des chais. Confolens : sous-préfecture de la Charente limousine, son festival de danses et musiques du monde y attire les continents chaque mois d’août depuis 1958. Jarnac : port de fleuve et ville natale de François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 et inhumé au cimetière des Grand’Maisons. Aubeterre-sur-Dronne : classé parmi Les Plus Beaux Villages de France, il abrite une église souterraine creusée dans la falaise dont la nef approche 20 mètres. La Rochefoucauld-en-Angoumois : son château, tenu par la même famille depuis le XIe siècle, aligne un donjon roman et un escalier de 107 marches sans palier. Barbezieux-Saint-Hilaire : au cœur du cru de Petite Champagne, à 30 km d’Angoulême comme de Cognac, labellisée Ville et Métiers d’Art depuis 2019. Ruffec : porte nord du département, à 42 km d’Angoulême, connue pour l’esplanade de son église Saint-André à façade romane. Chalais : à l’extrême sud, son château appartint aux Talleyrand-Périgord dès le XIIIe siècle et son église Saint-Martial est classée depuis 1902. Villebois-Lavalette : perchée sur une butte, sa forteresse déploie une enceinte à sept tours en demi-cercle, remaniée à partir de 1667. Verteuil-sur-Charente : 580 habitants, un château dominant le fleuve et l’un des plus beaux miroirs d’eau de la vallée. Nanteuil-en-Vallée : les vestiges de son abbaye conservent une salle du trésor du XIIe siècle, classée en 1943. Chassenon : le site gallo-romain de Cassinomagus y expose des thermes de 12 500 m² dont les murs tiennent encore sur sept mètres. Montbron : sur la Tardoire, à 27 km d’Angoulême, avec son château de 1480 et les grottes préhistoriques des environs. Segonzac : capitale du cru de Grande Champagne, première commune française labellisée Cittaslow.
Que faire en Charente quand il pleut ?
Quand l’averse s’installe, ou quand la canicule rend l’extérieur pénible, le sous-sol charentais prend le relais : les grottes du Quéroy, à Chazelles, conservent une température fraîche et constante toute l’année. À Angoulême, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, le musée du Papier installé depuis 1988 dans l’ancienne papeterie Le Nil au bord du fleuve, et le musée d’Angoulême tiennent une journée entière. Ajoutez la maison natale de François Mitterrand à Jarnac, ouverte au public en 2006, les visites de chais, les centres aquatiques, les escape games et les bowlings des agglomérations.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir en Charente ?
Le terroir charentais tourne autour d’une eau-de-vie et de ses métiers. L’aire d’appellation cognac se divise en six crus, Grande Champagne, Petite Champagne, Borderies, Fins Bois, Bons Bois et Bois ordinaires, dont les quatre premiers couvrent le centre et le sud du département ; Segonzac en est la capitale viticole. Autour du raisin gravitent la tonnellerie, la verrerie et la distillation, que des ateliers ouvrent à la visite. Le pineau des Charentes, reconnu en AOC par décret du 12 octobre 1945, se déguste dans les mêmes vallées. Barbezieux-Saint-Hilaire porte le label Ville et Métiers d’Art depuis 2019.
La Charente, un fleuve, des chais et une capitale mondiale du dessin
Angoulême, le plateau qui a fait de l’image une industrie. Angoulême s’installe sur un promontoire calcaire dominant la vallée d’une centaine de mètres, ceinturé de remparts dont les tronçons remontent au IVe, au XIIIe et au XVIe siècle. On en fait le tour à pied en une heure, avec vue plongeante sur le fleuve. C’est ce même tracé urbain de 1 279 mètres que les voitures historiques empruntent chaque mois de septembre pour le Circuit des Remparts, course créée en 1939 et relancée en 1978. Mais la ville s’est surtout réinventée par le dessin. Le Festival international de la bande dessinée, né en 1974, réunit environ 200 000 visiteurs sur quatre jours à la fin janvier et décerne le Grand Prix de la Ville d’Angoulême, remporté notamment par Rumiko Takahashi en 2019 et Julie Doucet en 2022. Autour du festival s’est construit un écosystème permanent : la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, installée dans d’anciens chais réhabilités au bord de la Charente, une école supérieure de l’image, des studios d’animation. L’UNESCO a validé cette bascule le 30 octobre 2019 en désignant Angoulême Ville créative au titre de la littérature. Le patrimoine plus ancien n’a pas disparu pour autant : la cathédrale Saint-Pierre, consacrée en 1128 et restaurée par Paul Abadie entre 1852 et 1879, déroule sur sa façade plus de soixante-dix personnages sculptés, entre Ascension, Jugement dernier et épisodes empruntés à la Chanson de Roland.
De Cognac à Segonzac, le pays de l’eau-de-vie se visite au bord du fleuve. Descendez la Charente vers l’ouest et le paysage se couvre de vignes. Le département en compte 47 131 hectares, qui produisent près de la moitié de ses revenus agricoles. À Cognac, sous-préfecture de 18 466 habitants, le phénomène se voit avant de se goûter : les murs des vieux quartiers ont noirci sous l’action de Baudoinia compniacensis, un champignon microscopique qui prospère dans les vapeurs d’alcool, celles que l’on appelle la part des anges. Le vieux Cognac s’étire des tours Saint-Jacques à l’église Saint-Léger, entre maisons à pans de bois et façades Renaissance ornées de salamandres, l’emblème de François Ier, né ici en 1494. Le château des Valois domine la rive, et le parc François-Ier, jardin à l’anglaise dessiné par le paysagiste Édouard André, est site classé depuis 1943. L’appellation cognac se divise en six crus, dont Grande Champagne et Petite Champagne forment le cœur qualitatif ; Segonzac, 2 093 habitants, en est la capitale et fut la première commune française labellisée Cittaslow. À quelques kilomètres, Jarnac garde la maison natale de François Mitterrand, né le 26 octobre 1916 et ouverte au public le 8 janvier 2006 ; le président est inhumé au cimetière des Grand’Maisons. Le pineau des Charentes, mélange de moût et d’eau-de-vie protégé par décret depuis le 12 octobre 1945, se produit sur les mêmes coteaux.
Roman, gallo-romain, préhistorique : trois strates sous la même pierre. Peu de départements réunissent une telle épaisseur de temps sur si peu de kilomètres. Le plus ancien jalon se trouve à Sers, où la frise sculptée du Roc de Sers, mise au jour à partir de 1927, remonte au Solutréen, environ 23 000 ans : dix mètres de chevaux, bisons et bouquetins taillés en relief, dont les originaux sont conservés au Musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye tandis qu’une restitution s’admire librement sur place depuis avril 2015. Plus loin dans le temps encore, le gisement d’Angeac-Charente, exploré depuis 2010 après une découverte fortuite en 2008, a livré plus de 7 500 os de vertébrés du Crétacé inférieur, vieux de quelque 140 millions d’années, dont un fémur de sauropode de 2,20 mètres. L’Antiquité tient à Chassenon, où Cassinomagus étalait au IIe siècle une agglomération de 140 hectares ; ses thermes doubles, bâtis en impactite issue de l’astroblème de Rochechouart-Chassenon, couvrent 12 500 m² et conservent des élévations de sept mètres. Le Moyen Âge, enfin, se lit dans l’art roman : abbaye Saint-Étienne de Bassac fondée en 1002, abbatiale de Saint-Amant-de-Boixe classée dès la liste de 1840, vestiges de l’abbaye Notre-Dame de La Couronne, et surtout l’église monolithe Saint-Jean d’Aubeterre-sur-Dronne, creusée dans la falaise au XIIe siècle, dont la nef monte à près de 20 mètres et où plus de 80 sarcophages ont été dégagés en 1958.
Forêts, gouffres et lacs : la Charente au grand air. L’est du département change complètement de registre. La Charente limousine, adossée au Massif central, remplace le calcaire par le granit, la vigne par la châtaigneraie et les coteaux par des collines qui montent à 368 mètres à Montrollet. C’est là que se trouvent les lacs de Haute-Charente : le lac de Lavaud, 112 hectares mis en eau en 1989 sur le cours supérieur du fleuve, et celui du Mas Chaban, 3,5 kilomètres à l’est, tous deux ouverts à la baignade surveillée, à la voile et à la pêche. Confolens, la sous-préfecture, accueille chaque mois d’août depuis 1958 son festival de danses et musiques du monde, qui réunit environ 450 artistes venus des cinq continents. Entre les deux moitiés du département s’intercale la forêt de la Braconne et ses 3 904 hectares de chênes, hêtres et cèdres, traversés par le GR 36 et ponctués de gouffres spectaculaires : la Grande Fosse, 55 mètres de fond pour 250 de diamètre, la Fosse Mobile, la Fosse Limousine. À l’autre extrémité du territoire, la Dronne et sa vallée verte referment la Charente sur le Périgord. Que vous veniez en famille pour les plages surveillées des lacs de Haute-Charente, à deux pour les chais de la Grande Champagne ou entre amis pour enchaîner les étapes de La Flow Vélo, la Charente ne se visite pas de la même façon : Totem Adventure vous montre, commune par commune, ce qui vous attend sur place.
À retenir
- Département 16, en Nouvelle-Aquitaine : 5 956 km², 350 867 habitants (2021), préfecture Angoulême, sous-préfectures Cognac et Confolens.
- 47 131 hectares de vignes à cognac, soit près de 45 % des revenus agricoles du département, répartis en six crus d’appellation.
- Angoulême, Ville créative de l’UNESCO au titre de la littérature depuis le 30 octobre 2019, et hôte du Festival international de la bande dessinée depuis 1974.
- Un seul village classé parmi Les Plus Beaux Villages de France, Aubeterre-sur-Dronne, et son église monolithe à la nef de près de 20 mètres.
- Les thermes gallo-romains de Chassenon, 12 500 m² et des murs debout sur sept mètres, classés monument historique en 1959.
- 400 km de La Flow Vélo entre Sarlat-la-Canéda et l’île d’Aix, dont la traversée du département par Angoulême, Jarnac et Cognac.
Vos questions sur les activités et loisirs en Charente
La Charente reste un département que l’on traverse plus qu’on ne s’y arrête, et les questions reviennent presque toujours dans le même ordre : que voir en priorité, comment occuper des enfants, à quelle saison venir et combien de jours prévoir. Voici de quoi organiser votre séjour sans perdre de temps.
Cinq sites concentrent l’essentiel : les remparts et la cathédrale romane d’Angoulême, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, le vieux Cognac et ses chais, les thermes gallo-romains de Cassinomagus à Chassenon, et l’église monolithe Saint-Jean d’Aubeterre-sur-Dronne, seul village charentais classé parmi Les Plus Beaux Villages de France.
Les valeurs sûres sont les grottes du Quéroy à Chazelles, avec 1 200 mètres de galeries concrétionnées, le site paléontologique d’Angeac-Charente et ses fouilles de dinosaures, la baignade surveillée aux lacs de Haute-Charente, les parcours acrobatiques en forêt, et la descente du fleuve en canoë. La Cité de la bande dessinée propose aussi des parcours adaptés.
De mai à septembre pour le vélo, le canoë et les lacs, avec un pic d’animation en août autour du festival de Confolens. Fin janvier, le Festival international de la bande dessinée transforme Angoulême pendant quatre jours et attire environ 200 000 visiteurs : réservez très en amont. Septembre convient aux vendanges et au Circuit des Remparts.
Oui. La visite de chais et de distilleries fait partie des activités les plus pratiquées du département, principalement autour de Cognac, Jarnac et Segonzac, capitale du cru de Grande Champagne. Les parcours associent généralement découverte du vieillissement en fût de chêne et dégustation, souvent élargie au pineau des Charentes, reconnu en AOC en 1945.
La Flow Vélo traverse le département d’est en ouest sur un tracé quasi plat qui relie Angoulême, Jarnac et Cognac au bord du fleuve. Les trois villes sont desservies par le train, Angoulême étant sur la ligne à grande vitesse Paris-Bordeaux. La navigation fluviale, en bateau habitable sans permis, offre une autre façon de circuler.
Deux jours suffisent pour associer Angoulême et Cognac. Quatre jours permettent d’y ajouter la vallée du fleuve, Jarnac, Bassac et Saint-Amant-de-Boixe. Une semaine ouvre les deux extrémités du département : Aubeterre-sur-Dronne et le sud calcaire d’un côté, Chassenon, Confolens et les lacs de Haute-Charente de l’autre.