Quels musées et monuments visiter à Loches ?
La cité royale réunit sur un même promontoire le donjon de Foulques Nerra, haut de 36 mètres et bâti entre 1013 et 1035, et le logis royal, dont l’aile ancienne date des années 1370-1380 et l’aile neuve des années 1490-1500 : on y voit l’oratoire d’Anne de Bretagne, entièrement sculpté d’hermines et de cordelières. La collégiale Saint-Ours, classée dès la liste des monuments historiques de 1840, se reconnaît à ses deux « dubes », des pyramides creuses octogonales élevées vers 1165 au-dessus de la nef, sans équivalent en France ; elle abrite le gisant de marbre d’Agnès Sorel et un portail roman sculpté vers 1130-1150. En ville basse, la galerie Saint-Antoine expose deux toiles attribuées au Caravage, La Cène à Emmaüs et L’Incrédulité de saint Thomas, entrées en Touraine par la collection de Philippe de Béthune, ambassadeur de France à Rome de 1601 à 1605, et classées monuments historiques le 24 septembre 2002. Ajoutez la maison-musée du peintre Emmanuel Lansyer, la tour Saint-Antoine qui sert de beffroi, la porte des Cordeliers, la porte Picois et l’hôtel de ville Renaissance qui lui est accolé.
Quelles activités nautiques pratiquer à Loches ?
L’Indre se descend en canoë et en kayak au départ de Loches, sur une rivière lente, peu profonde et sans passage technique, qui convient aux familles et aux débutants. Les parcours suivent la vallée vers Chambourg-sur-Indre et Azay-sur-Indre, entre prairies inondables, moulins et bras secondaires. À une vingtaine de kilomètres à l’est, le lac de Chemillé-sur-Indrois, aménagé en base de loisirs, ajoute la baignade surveillée en été, le pédalo, le paddle et la pêche.
Que faire en plein air à Loches ?
Loches est le point de départ de l’itinéraire cyclable de la vallée de l’Indre, qui rejoint Azay-le-Rideau en 90 kilomètres de petites routes partagées, par Cormery, Montbazon et Monts. À pied, le sentier « Sur les pas de Foulques Nerra » relie la cité royale à l’abbaye de Beaulieu-lès-Loches en 7,5 kilomètres à travers les prairies humides, et la forêt domaniale offre une trame d’allées balisées pour la marche, le VTT et la randonnée équestre. La ville se prête aussi aux parcours acrobatiques en forêt, aux balades en attelage et aux vols en montgolfière au-dessus de la vallée, au lever du jour.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Loches, mille ans de forteresse au-dessus de l’Indre
Un donjon bâti pour durer. Tout commence avec un homme pressé de tenir un carrefour. Foulques Nerra, comte d’Anjou, fait élever à Loches entre 1013 et 1035 une tour maîtresse de 36 mètres de haut, de 25,2 mètres sur 13,7 à la base, dont l’analyse dendrochronologique a permis de dater les bois. La position est stratégique : la vallée de l’Indre est alors une frontière disputée entre Angevins et Blésois. La tour ne sera jamais prise par ruine, seulement par siège, et elle traverse le Moyen Âge sans être rasée. Aux XVe et XVIe siècles, les rois lui trouvent un nouvel usage et la transforment en prison d’État. Le cardinal Jean de La Balue y est enfermé sous Louis XI ; Ludovic Sforza, duc de Milan capturé par Louis XII en 1500, y est incarcéré à partir de 1504 et y meurt en 1508, après avoir couvert les murs de sa cellule de peintures. Les graffitis gravés par les prisonniers se lisent encore sur la pierre.
Le logis royal, quand la cour vivait à Loches. À l’autre extrémité de l’éperon, le logis royal raconte une histoire moins martiale. L’aile ancienne, élevée vers 1370-1380 pour Louis Ier d’Anjou, est prolongée entre 1490 et 1500 sous Charles VIII et Louis XII dans un gothique flamboyant qui annonce déjà la Renaissance. C’est là que Jeanne d’Arc rejoint Charles VII le 23 mai 1429, quelques jours après la levée du siège d’Orléans, pour le presser de gagner Reims. C’est là aussi qu’Agnès Sorel, installée à partir de 1443, invente le rôle de favorite officielle, avant de mourir en février 1450 à vingt-huit ans. Anne de Bretagne y fait aménager un oratoire minuscule, sculpté d’hermines et de cordelières, qui reste l’une des pièces les plus délicates du Val de Loire.
Une ville basse qui se visite en montant. Sous la citadelle, la ville close a gardé ses portes et sa trame médiévale. On franchit la porte des Cordeliers ou la porte Picois, on longe l’hôtel de ville Renaissance, on lève les yeux vers la tour Saint-Antoine, beffroi du XVIe siècle, puis on gagne la Porte Royale par des ruelles pavées bordées de façades de tuffeau. La galerie Saint-Antoine y conserve une surprise : deux toiles attribuées au Caravage, rapportées de Rome par Philippe de Béthune au début du XVIIe siècle, restées à Loches et classées monuments historiques en 2002. À quelques pas, la maison-musée Lansyer présente les paysages d’Emmanuel Lansyer et sa collection d’estampes japonaises. Le 23 février 2026, la cité royale a rejoint le cercle très restreint des sites trois étoiles du Guide Michelin Voyage & Cultures.
Le contrepoint : l’eau, la forêt, les villages. La ville se comprend mieux quand on en sort. En bas, l’Indre s’étale dans les Prairies du Roy, 240 hectares de zone humide où pâturent des vaches et où l’on marche sur des passerelles entre les canaux, avec les remparts en toile de fond. De l’autre côté de la rivière, Beaulieu-lès-Loches conserve les vestiges de l’abbaye bénédictine fondée vers 1007 par Foulques Nerra, dont le clocher a livré des bois abattus en 1163-1164. Au nord, Chédigny fleurit ses rues de 800 rosiers et accueille son festival des roses à la fin mai. À l’est, la chartreuse du Liget, dont la charte de fondation par Henri II Plantagenêt date de 1178, dresse son portail monumental à l’orée de la forêt, et le village de Montrésor, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, ferme la vallée de l’Indrois.
Une cité qui vit encore ses pierres. Chaque année autour du 15 août, Les Médiévales de Loches installent campements, tournois, marché d’artisanat et spectacles de fauconnerie dans la cité royale et la ville basse. Le reste de la saison suit le rythme des marchés du mercredi et du samedi, des marchés nocturnes d’été, des concerts dans la collégiale et des visites guidées du service Ville d’art et d’histoire. Pour composer votre séjour, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Loches et du Sud Touraine.
À retenir
- Sous-préfecture d’Indre-et-Loire, 6 233 habitants (2022), sur l’Indre, à 42 km au sud-est de Tours.
- Donjon de 36 mètres bâti entre 1013 et 1035 par Foulques Nerra, l’un des plus anciens donjons de pierre conservés en Europe, transformé en prison d’État aux XVe et XVIe siècles.
- Jeanne d’Arc y rencontre Charles VII le 23 mai 1429 ; Agnès Sorel y réside de 1443 à sa mort en février 1450 et repose dans la collégiale Saint-Ours.
- Trois étoiles au Guide Michelin Voyage & Cultures le 23 février 2026, l’une des quatre distinctions de ce niveau décernées en France cette année-là.
- Deux toiles attribuées au Caravage exposées à la galerie Saint-Antoine, classées monuments historiques en 2002.
- 3 622 hectares de forêt domaniale et 240 hectares de prairies humides (ENS des Prairies du Roy) aux portes de la ville.
- Les Médiévales de Loches chaque année autour du 15 août.
Vos questions avant de partir à Loches
Avant de réserver, la plupart des visiteurs se posent les mêmes questions : combien de temps consacrer à la cité royale, comment y venir depuis Tours, que faire avec des enfants et quoi voir dans un rayon de vingt kilomètres. Voici de quoi caler votre séjour.
Comptez la matinée pour la cité royale, qui réunit sur un seul billet le donjon de Foulques Nerra et le logis royal avec l’oratoire d’Anne de Bretagne. L’après-midi, descendez vers la collégiale Saint-Ours et son gisant d’Agnès Sorel, la galerie Saint-Antoine et ses deux Caravage, puis la ville close par la porte des Cordeliers. Terminez par une boucle dans les Prairies du Roy, au pied des remparts.
Deux à trois heures pour l’ensemble. Le donjon demande à lui seul près d’une heure entre les salles basses, les graffitis de prisonniers et la montée jusqu’aux hourds. Le logis royal se parcourt en une heure environ. Prévoyez des chaussures fermées : les escaliers sont raides et les sols irréguliers.
Environ 42 kilomètres au sud-est, par la route ou par la ligne ferroviaire Tours – Loches. La gare se trouve en ville basse, à une dizaine de minutes à pied de la Porte Royale, ce qui permet de visiter la cité royale sans voiture.
Le donjon et ses souterrains, la descente de l’Indre en canoë, le sentier d’interprétation des Prairies du Roy avec ses bornes nature, les parcours acrobatiques en forêt et la base de loisirs du lac de Chemillé-sur-Indrois en été. Les Médiévales du mois d’août, avec leurs campements et leurs démonstrations de fauconnerie, sont le rendez-vous le plus apprécié des familles.
Beaulieu-lès-Loches et les vestiges de son abbaye fondée vers 1007, à un kilomètre et demi ; Chédigny et ses 800 rosiers, seul village de France labellisé Jardin remarquable, à une dizaine de kilomètres ; la chartreuse du Liget et la chapelle Saint-Jean à Chemillé-sur-Indrois ; Montrésor, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, au bord de l’Indrois.
Mai et juin pour les jardins, le festival des roses de Chédigny à la fin mai et les descentes de l’Indre. Juillet et août pour les marchés nocturnes et Les Médiévales autour du 15 août. Septembre reste la meilleure fenêtre pour visiter la cité royale sans affluence, avec des journées encore longues.