Quels sites naturels découvrir autour de Pau ?
Le gave de Pau traverse la ville d’est en ouest et déroule sur ses berges un chapelet de sentiers, entre saulaies et prairies humides, de Jurançon à Billère puis vers Siros et Denguin. Au sud commencent les coteaux du Jurançon, un relief de croupes vertes et de vignes en pente où le chemin Henri IV, ancienne voie de transhumance, mène à Franqueville et à ses points de vue sur la plaine, les lacs et la chaîne. Pau revendique par ailleurs environ 750 hectares d’espaces verts communaux, dont la forêt de Bastard, ancienne pépinière royale devenue bois de promenade à quelques minutes du centre.
Que faire en plein air à Pau ?
Le golf reste l’emblème : le parcours créé en 1856 à Billère, dessiné par Willie Dunn sur l’ancien lit du gave, est le plus ancien d’Europe continentale et se joue toujours. L’hippodrome, ouvert en 1842, accueille chaque hiver l’un des grands meetings d’obstacles français, avec ses haies de gabions et de talus. À vélo, les coteaux du Jurançon et le chemin Henri IV offrent des boucles courtes mais pentues, et la voie verte du gave file vers l’ouest à plat. Ajoutez l’équitation autour du haras de Gelos, l’escalade en salle, le parapente depuis les crêtes du piémont et, à moins d’une heure, les premières stations de montagne.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Pau, la ville qui a fait de la montagne un paysage
Un château, un gué, une capitale. Tout commence par un point de passage. Au XIIe siècle, les vicomtes de Béarn font élever un château sur l’éperon qui domine le gave, à l’endroit où l’on traverse la rivière. Le bourg grandit dans son ombre et, en 1464, Gaston IV transfère à Pau la capitale du Béarn. Le château change alors de nature : Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier, y installe une cour lettrée et le fait remanier en palais Renaissance. Le 13 décembre 1553, Jeanne d’Albret y met au monde Henri de Navarre. La légende de la carapace de tortue en guise de berceau et de la goutte de jurançon sur les lèvres du nourrisson est entretenue depuis quatre siècles, et l’objet est toujours exposé. Le rattachement du Béarn à la France, en 1620, prive la ville de son statut de capitale d’État souverain, mais lui laisse son parlement et sa fonction administrative. En 1763 naît dans une maison de la rue Tran Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal d’Empire devenu en 1818 roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV Jean ; sa dynastie règne encore à Stockholm.
L’invention d’une station d’hiver. Le XIXe siècle réinvente Pau sans qu’elle ait rien demandé. Des officiers britanniques cantonnés dans la région à la fin des guerres napoléoniennes gardent le souvenir d’un climat clément ; un médecin écossais, Alexander Taylor, en publie l’éloge médical dans les années 1840, et la ville devient une station d’hiver courue par l’aristocratie anglaise, russe et américaine. Ils sont environ 6 000 hivernants dans les années 1880. Cette colonie importe ses loisirs : le Pau Golf Club ouvre en 1856 sur les graviers de l’ancien lit du gave, à Billère, et reste le plus ancien parcours d’Europe continentale ; la chasse à courre, le polo et les courses d’obstacles s’installent durablement. La ville se dote d’un casino, d’un funiculaire en 1908 pour relier la gare au haut de la falaise, et d’une promenade qui restera son emblème. Le boulevard des Pyrénées, aménagé de 1893 à 1899 sur 980 mètres, aligne sa balustrade au-dessus de la vallée et dresse une table d’orientation en fonte face à la chaîne. C’est en le regardant que Lamartine avait, dit-on, décrit Pau comme la plus belle vue de terre du monde.
Des moteurs et des ailes. Le climat qui attirait les curistes attire ensuite les pionniers de l’air. En janvier 1909, Wilbur Wright transfère à Pau, sur la lande du Pont-Long, l’école de pilotage qu’il avait ouverte l’année précédente près du Mans : Paul Tissandier, le comte de Lambert et le capitaine Lucas-Girardville y apprennent à voler, et des souverains de toute l’Europe viennent assister aux démonstrations. L’aéronautique ne quittera plus la ville, qui compte aujourd’hui un pôle industriel spécialisé dans l’hélicoptère et la maintenance. La mécanique prend le relais sur le bitume : depuis 1933, le Grand Prix de Pau se dispute sur un circuit tracé dans les rues du centre, autour du parc Beaumont et du casino, l’un des plus anciens tracés urbains encore en activité en Europe. Chaque printemps, les glissières remplacent les terrasses pendant une semaine et la ville s’écoute rugir.
Une capitale verte, un pays de vignes. Pau entretient environ 750 hectares d’espaces verts, du parc Beaumont et ses douze hectares plantés de plus de cent essences jusqu’à la forêt de Bastard, ancienne pépinière royale. Les coteaux qui montent au sud portent le vignoble du Jurançon, reconnu en AOC dès 1936 pour ses moelleux et travaillé sur des pentes exposées au midi, à Gan, Monein, Lasseube et La Chapelle-de-Rousse. Le gros manseng et le petit manseng y donnent des blancs doux vendangés tard, parfois en novembre, et, sous l’appellation jurançon sec créée en 1975, des vins plus tendus. Le gave, lui, structure toute la vie de plein air : berges aménagées, stade d’eaux vives en centre-ville, parcours de pêche, voie verte vers l’ouest.
Une ville d’événements et de passages. L’année palloise est rythmée. Le Grand Prix historique et le Grand Prix de Pau au printemps, les festivals d’été qui investissent les places et le parc, le meeting d’obstacles de l’hippodrome en hiver, les fêtes de quartier et les marchés hebdomadaires. L’université de Pau et des Pays de l’Adour, fondée en 1972, y entretient une population étudiante d’environ 17 000 personnes qui donne au centre son animation de semaine. Et puis il y a le fond du décor, qui ne bouge pas : depuis la balustrade du boulevard, du pic du Midi de Bigorre au pic d’Anie, on lit la chaîne comme une carte. Pour composer votre séjour, du quartier du château aux coteaux du Jurançon, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Pau et de son agglomération.
À retenir
- Pau, préfecture des Pyrénées-Atlantiques, 80 441 habitants (recensement 2023), entre 165 et 245 m d’altitude, à environ 50 km de l’Espagne et 100 km de l’Atlantique.
- Capitale du Béarn depuis 1464 ; Henri IV y naît au château le 13 décembre 1553, Bernadotte, futur roi de Suède, en 1763.
- Château de Pau, forteresse du XIIe siècle devenue palais Renaissance, musée national, environ 100 000 visiteurs par an, riche collection de tapisseries.
- Boulevard des Pyrénées, promenade de 980 mètres aménagée de 1893 à 1899, et funiculaire inauguré en 1908, gratuit, entre la gare et le centre.
- Pau Golf Club, 1856 à Billère : plus ancien parcours d’Europe continentale. Wilbur Wright y installe en 1909 l’une des toutes premières écoles de pilotage au monde.
- Grand Prix de Pau sur circuit urbain depuis 1933, l’un des plus anciens tracés en ville d’Europe.
- Ville d’art et d’histoire depuis 2011, environ 750 hectares d’espaces verts, parc Beaumont de 12 hectares.
- Terroir : jurançon moelleux en AOC depuis 1936 et jurançon sec depuis 1975, sur les coteaux du sud ; garbure, poule au pot, ossau-iraty AOP.
Vos questions avant de partir à Pau
Les visiteurs arrivent le plus souvent avec les mêmes interrogations : combien de temps consacrer à la ville, où se place vraiment le point de vue sur les Pyrénées, que faire avec des enfants, et à quelle saison venir pour voir la chaîne dégagée. Voici de quoi préparer votre séjour.
Commencez par le boulevard des Pyrénées et sa table d’orientation, descendez au château pour la visite guidée des appartements et des tapisseries, traversez le quartier du Hédas, puis rejoignez le musée des Beaux-Arts et le parc Beaumont. Comptez trois à quatre heures pour ce circuit, et une demi-journée de plus pour les caves du Jurançon ou la cathédrale de Lescar.
Oui, depuis le boulevard des Pyrénées, une promenade de 980 mètres aménagée de 1893 à 1899 au-dessus de la vallée du gave. Une table d’orientation en fonte permet d’identifier les sommets, du pic du Midi de Bigorre au pic d’Anie. La visibilité est meilleure le matin, et après le passage d’une perturbation.
Le funiculaire, gratuit et très court, plaît systématiquement. Ajoutez le parc Beaumont et son lac, la visite du château avec le berceau en carapace de tortue, la Cité des Pyrénées, les berges du gave à vélo et, à une trentaine de kilomètres, les grottes de Bétharram et leur parcours en barque et en petit train.
Au printemps, généralement autour du week-end de la Pentecôte, sur un circuit urbain utilisé depuis 1933 dans les rues du centre-ville. La ville est alors très animée, mais la circulation et le stationnement du quartier Beaumont sont fortement perturbés pendant plusieurs jours.
Sur les coteaux qui montent au sud de la ville, entre Jurançon, Gan, La Chapelle-de-Rousse, Monein et Lasseube, à dix à vingt minutes du centre. L’appellation, reconnue en 1936 pour les moelleux et en 1975 pour les secs, produit des blancs doux de gros et petit manseng vendangés tard, et des vins secs plus vifs. Les caves se visitent toute l’année, avec une saisonnalité marquée à l’automne.
Mai, juin et septembre offrent les meilleures conditions, avec des journées longues, une chaleur supportable et une montagne accessible. L’hiver est doux, c’est d’ailleurs ce qui a fait la réputation de la ville, mais les Pyrénées se dégagent moins souvent. Août concentre les festivals et l’affluence.