Quels sites naturels découvrir à Sainte-Engrâce ?
Le plus spectaculaire est souterrain : la grotte de La Verna, ou salle de la Verna, s’ouvre au cœur de la montagne à Sainte-Engrâce et mesure 245 mètres de diamètre pour 194 de hauteur, soit 4,5 hectares au sol et 3,6 millions de mètres cubes. C’est la plus grande salle souterraine aménagée pour la visite au monde. On y entre de plain-pied par un tunnel de 660 mètres percé par EDF à partir de 1956 pour capter la rivière souterraine Saint-Vincent, qui traverse toujours la salle à mi-hauteur ; le chantier hydroélectrique fut abandonné, le tunnel resta, et le public y accède depuis 2010, sur réservation, par 5 °C constants. En surface, le site le plus librement accessible est le canyon sec des gorges d’Ehujarre, que l’on parcourt à pied depuis le quartier de Senta : une boucle d’environ 12 kilomètres pour 1 020 mètres de dénivelé, entre 609 et 1 618 mètres au sommet d’Utzigagna, balisée en jaune, avec la grotte de Molerse et le plateau d’Erainze en cours de route. Les gorges de Kakouetta, longues d’un peu moins de quatre kilomètres et profondes de 30 à 350 mètres, restent le site naturel le plus connu de la commune, mais elles sont fermées à la visite depuis le 31 juillet 2020. Au sud, le massif de la Pierre Saint-Martin déploie le plus vaste lapiaz d’Europe entre 1 500 et 2 500 mètres, un plateau calcaire crevassé que domine le pic d’Anie, 2 504 mètres. Enfin, la passerelle d’Holçarté franchit le torrent d’Olhadubi sur la commune de Larrau : 14 kilomètres à vol d’oiseau mais 25 par la route, soit un peu au-delà du rayon habituel de cette page, et pourtant incontournable depuis Sainte-Engrâce.
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Sainte-Engrâce, un vallon sous lequel s’ouvre un gouffre de 1 410 mètres
Un bout de vallée fermé par un cirque. La route s’arrête ici. Depuis Licq-Athérey, la D 113 remonte le gave sur une quinzaine de kilomètres, franchit un défilé, puis débouche dans un vallon que ferme un demi-cercle de falaises calcaires : le cirque de Sainte-Engrâce. Au-delà commence la Navarre espagnole. La commune couvre 72,69 kilomètres carrés, presque tous en pente, entre 300 et 1 881 mètres d’altitude. Cette géographie explique la forme de l’habitat. Il n’y a jamais eu de bourg groupé, mais une douzaine de quartiers, Senta, Kalla, Kaserna, Athorro et les autres. Les 169 habitants recensés en 2023 se répartissent donc sur toute la vallée, à raison de 2,3 habitants au kilomètre carré. Cette densité de haute montagne a une conséquence directe pour le visiteur : ni rue commerçante, ni office de tourisme permanent, ni animation programmée. On vient pour la montagne, le calcaire et l’église.
Une église navarraise au terminus de la route. L’histoire de Sainte-Engrâce commence par une relique et par un taureau. La tradition médiévale raconte que le bras de sainte Engrâce de Saragosse, martyrisée vers l’an 300, fut caché dans un chêne creux devant lequel un taureau venait chaque jour s’agenouiller. On y bâtit une église. Les faits vérifiables commencent en 1085, quand l’abbaye navarraise de Leyre fonde ici un prieuré et élève l’édifice roman que l’on voit toujours. Sainte-Engrâce fut l’un des premiers foyers de christianisation venus de la vallée de l’Èbre. À partir du XIIe siècle, les pèlerins de Compostelle s’y arrêtent pour vénérer la relique et l’église fait office d’hôpital. Le bras disparaît en 1569, pendant les guerres de Religion. L’édifice, lui, traverse les siècles : nef à trois vaisseaux, chevet dont l’axe s’écarte de celui de la nef, clocher asymétrique et douze chapiteaux historiés sculptés d’animaux et de scènes bibliques. Classé monument historique en 1841, restauré des années 1860 à 1905 sous la direction d’Émile Boeswilwald, il est le seul bâtiment survivant du prieuré. Le cimetière conserve ses stèles discoïdales.
1950 : un chocard, un puits, un record du monde. Le sous-sol de Sainte-Engrâce a fait plus pour sa renommée que sa surface. En 1950, le spéléologue Georges Lépineux repère un chocard sortant d’un trou d’où s’échappe un courant d’air, sur le plateau de la Pierre Saint-Martin. Le trou donne sur un puits de 320 mètres, le plus profond descendu au monde à l’époque. Deux ans plus tard, une attache du câble du treuil lâche : Marcel Loubens chute de quinze mètres et meurt après plusieurs jours d’agonie au fond du gouffre. Son corps y restera deux ans. L’affaire fait la une de la presse française. Les jonctions s’enchaînent ensuite, et le réseau atteint 1 410 mètres après la connexion avec le gouffre des Partages en 2008, pour plus de 87 kilomètres de galeries relevées. En 1956, EDF entreprend de capter la rivière souterraine et perce un tunnel de 660 mètres à flanc de montagne. Le projet hydroélectrique est abandonné, mais le tunnel reste et ouvre de plain-pied sur la salle de la Verna : 255 mètres de diamètre, 194 de hauteur, 3,6 millions de mètres cubes, soit 4,5 hectares au sol. Le public y accède depuis 2010, sur réservation, à 5 °C constants.
Kakouetta, un site à l’arrêt. Les gorges de Kakouetta ont longtemps fait la réputation touristique de la commune. Édouard-Alfred Martel y mène la première exploration en 1906. Le canyon s’étire sur un peu moins de quatre kilomètres, entre des parois de 30 à 350 mètres qui se rapprochent parfois à quelques mètres au passage du Grand Étroit ; environ 1,5 kilomètre était aménagé de passerelles, jusqu’à une cascade de vingt mètres et une grotte concrétionnée. L’humidité permanente y entretient un couvert de mousses et de fougères comparable à celui d’une forêt tropicale. Le site est fermé à la visite depuis un accident mortel survenu le 31 juillet 2020, et il l’était encore à l’été 2026. La commune porte un projet de réaménagement : plutôt que le fond du canyon, exposé aux chutes de pierres, le nouveau parcours suivrait la partie haute des gorges, sur des passerelles ancrées en falaise. La presse régionale évoque un horizon 2027, sans date arrêtée. Renseignez-vous auprès de la mairie avant de prévoir votre venue.
Des estives, des brebis et un hiver de mascarades. Ce qui fait vivre Sainte-Engrâce à l’année, c’est le pastoralisme. Une quarantaine d’exploitations élèvent des brebis laitières de races manech et basco-béarnaise, qui montent en estive au printemps et redescendent à l’automne. Ce lait alimente la filière ossau-iraty, qui réunit environ 1 100 producteurs de lait, dont quelque 170 producteurs fermiers, pour un peu plus de 4 300 tonnes commercialisées en 2023 : Sainte-Engrâce n’en représente qu’une poignée de troupeaux, mais elle en occupe les pâturages les plus hauts. Cette économie de montagne porte une culture propre à la Soule. De la mi-janvier au dimanche de Pâques, ses villages se rendent visite pour les mascarades : une quarantaine d’acteurs, musiciens et danseurs, répartis entre les rouges, menés par le zamalzain, l’homme-cheval, et les beltzak, les noirs, avec leurs chaudronniers, leurs bohémiens et le personnage de Pitxu qui meurt puis ressuscite. Le point culminant est la godalet dantza, la danse du verre, exécutée autour d’un verre posé au sol. La pastorale souletine, théâtre chanté joué en plein air par tout un village, complète ce répertoire. Pour organiser votre séjour, de la boucle d’Ehujarre à la salle de la Verna, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Sainte-Engrâce et de la Haute-Soule.
À retenir
- 169 habitants au recensement de 2023 (population légale en vigueur depuis le 1er janvier 2026) pour 72,69 km², soit 2,3 habitants au kilomètre carré : Sainte-Engrâce est l’une des communes les moins peuplées du Pays basque, sans bourg groupé mais avec une douzaine de quartiers dispersés entre 300 et 1 881 mètres.
- Église romane fondée en 1085 par l’abbaye navarraise de Leyre, classée monument historique en 1841, avec douze chapiteaux historiés, un chevet incliné et un cimetière à stèles discoïdales.
- Gorges de Kakouetta fermées à la visite depuis le 31 juillet 2020, à la suite d’un accident mortel, et toujours fermées à l’été 2026 ; un nouveau parcours en partie haute est à l’étude, sans date de réouverture confirmée.
- Gorges sèches d’Ehujarre accessibles librement : boucle d’environ 12 kilomètres, 1 020 mètres de dénivelé, entre 609 et 1 618 mètres au sommet d’Utzigagna.
- Grotte de La Verna, plus grande salle souterraine aménagée pour la visite au monde : 245 mètres de diamètre, 194 de hauteur, 4,5 hectares au sol, 3,6 millions de m³ ; accessible de plain-pied par un tunnel EDF de 660 mètres percé à partir de 1956, ouverte au public depuis 2010, 5 °C toute l’année.
- Gouffre de la Pierre Saint-Martin découvert en 1950 par Georges Lépineux ; puits d’entrée de 320 mètres, record du monde en 1951 ; réseau descendu à 1 410 mètres après la jonction de 2008.
- Ossau-iraty AOP, seul fromage de brebis AOP des Pyrénées : AOC en 1980, AOP en 1996, trois races admises (manech tête rousse, manech tête noire, basco-béarnaise), aire d’environ 650 000 hectares et plus de 300 communes, affinage minimal de 80 jours pour les tommes basques de 2 à 3 kilos et de 120 jours pour les formats béarnais de 4 à 7 kilos. Le fromage d’estive se fabrique l’été au cayolar, au-dessus de 1 000 mètres.
- Mascarades souletines de la mi-janvier au dimanche de Pâques, avec une quarantaine d’acteurs, musiciens et danseurs, et la godalet dantza dansée autour d’un verre de vin.
Vos questions avant de partir à Sainte-Engrâce
Sainte-Engrâce n’est pas une destination que l’on improvise. La route s’arrête au bout de la vallée, l’offre de services est réduite et le site le plus connu de la commune est fermé depuis plusieurs années. Voici les réponses aux questions qui reviennent le plus souvent avant le départ.
Non. Les gorges de Kakouetta sont fermées à la visite depuis un accident mortel survenu le 31 juillet 2020, et elles l’étaient encore à l’été 2026. La commune travaille à un nouveau parcours en partie haute des gorges, sur passerelles ancrées en falaise ; la presse régionale évoque un horizon 2027, sans date confirmée.
Commencez par l’église romane de 1085 et ses douze chapiteaux historiés, ouverte tous les jours. Enchaînez avec la visite de la salle de la Verna, sur réservation, puis avec une marche dans les gorges sèches d’Ehujarre. La boucle complète d’Ehujarre demande environ cinq heures ; une variante plus courte remonte le fond du canyon.
Oui, les visites ont lieu toute l’année, uniquement sur réservation. Les horaires s’élargissent en juillet et août, se réduisent d’avril à mi-novembre, et la période hivernale se traite au cas par cas. La température intérieure reste à 5 °C : prévoyez une polaire et une veste, même en plein mois d’août.
Oui, en sortant un peu du rayon de 20 kilomètres retenu sur cette page. Elle se trouve sur la commune de Larrau, à environ 14 kilomètres à vol d’oiseau mais 25 par la route, suspendue entre 150 et 180 mètres au-dessus du torrent d’Olhadubi. L’accès se fait à pied depuis le hameau de Logibar, en une heure de montée sous bois. Le circuit complet des gorges demande quatre à cinq heures.
On y accède par la D 113 depuis Licq-Athérey, en remontant le gave. Comptez 20 kilomètres depuis Tardets-Sorholus et 33 depuis Mauléon-Licharre. La route de fond de vallée est déneigée, mais les accès d’altitude vers la Pierre Saint-Martin peuvent fermer en cas de neige : vérifiez les conditions avant de partir.
Oui, à condition d’adapter le programme. La visite Découverte de la salle de la Verna est accessible dès 5 ans et se fait sur un cheminement à faible pente ; l’église se visite en vingt minutes. En revanche, la boucle d’Ehujarre et l’étape du GR 10 vers Holçarté demandent de l’endurance et ne conviennent pas aux jeunes enfants.
