Sainte-Engrâce

Gorges de Kakueta, Sainte Engrâce
Une route qui s'arrête contre la frontière, une église de 1085, et sous vos pieds un gouffre de 1 410 mètres.

Sainte-Engrâce, Santa-Grazi en basque, occupe l’extrémité orientale de la Soule, contre la frontière navarraise, dans un vallon que ferme un cirque de calcaire. La commune couvre 72,69 km² pour 169 habitants au recensement de 2023, soit 2,3 habitants au kilomètre carré : c’est l’une des communes les moins peuplées du Pays basque français. Il n’y a pas de village au sens habituel. L’habitat se répartit en une douzaine de quartiers dispersés le long de la vallée, de Senta à Kalla, entre 300 et 1 881 mètres d’altitude. Le seul point de rassemblement est l’église, fondée en 1085 par l’abbaye navarraise de Leyre et classée monument historique dès 1841 : une nef romane à trois vaisseaux, un chevet incliné, douze chapiteaux historiés et un cimetière planté de stèles discoïdales. Les pèlerins de Compostelle y vénéraient les reliques de sainte Engrâce de Saragosse, disparues en 1569 pendant les guerres de Religion. Sous la commune s’ouvre l’un des plus grands réseaux karstiques du monde. Le gouffre de la Pierre Saint-Martin, découvert en 1950 par Georges Lépineux, descend aujourd’hui à 1 410 mètres, et sa salle de la Verna, ouverte au public en 2010, mesure 255 mètres de diamètre pour 194 de hauteur. À la surface, deux entailles ont fait la réputation du secteur : les gorges de Kakouetta, fermées à la visite depuis l’accident mortel du 31 juillet 2020, et les gorges sèches d’Ehujarre, restées libres d’accès.

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Quels sites naturels découvrir à Sainte-Engrâce ?

Le plus spectaculaire est souterrain : la grotte de La Verna, ou salle de la Verna, s’ouvre au cœur de la montagne à Sainte-Engrâce et mesure 245 mètres de diamètre pour 194 de hauteur, soit 4,5 hectares au sol et 3,6 millions de mètres cubes. C’est la plus grande salle souterraine aménagée pour la visite au monde. On y entre de plain-pied par un tunnel de 660 mètres percé par EDF à partir de 1956 pour capter la rivière souterraine Saint-Vincent, qui traverse toujours la salle à mi-hauteur ; le chantier hydroélectrique fut abandonné, le tunnel resta, et le public y accède depuis 2010, sur réservation, par 5 °C constants. En surface, le site le plus librement accessible est le canyon sec des gorges d’Ehujarre, que l’on parcourt à pied depuis le quartier de Senta : une boucle d’environ 12 kilomètres pour 1 020 mètres de dénivelé, entre 609 et 1 618 mètres au sommet d’Utzigagna, balisée en jaune, avec la grotte de Molerse et le plateau d’Erainze en cours de route. Les gorges de Kakouetta, longues d’un peu moins de quatre kilomètres et profondes de 30 à 350 mètres, restent le site naturel le plus connu de la commune, mais elles sont fermées à la visite depuis le 31 juillet 2020. Au sud, le massif de la Pierre Saint-Martin déploie le plus vaste lapiaz d’Europe entre 1 500 et 2 500 mètres, un plateau calcaire crevassé que domine le pic d’Anie, 2 504 mètres. Enfin, la passerelle d’Holçarté franchit le torrent d’Olhadubi sur la commune de Larrau : 14 kilomètres à vol d’oiseau mais 25 par la route, soit un peu au-delà du rayon habituel de cette page, et pourtant incontournable depuis Sainte-Engrâce.

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Vos questions avant de partir à Sainte-Engrâce

Sainte-Engrâce n’est pas une destination que l’on improvise. La route s’arrête au bout de la vallée, l’offre de services est réduite et le site le plus connu de la commune est fermé depuis plusieurs années. Voici les réponses aux questions qui reviennent le plus souvent avant le départ.

Non. Les gorges de Kakouetta sont fermées à la visite depuis un accident mortel survenu le 31 juillet 2020, et elles l’étaient encore à l’été 2026. La commune travaille à un nouveau parcours en partie haute des gorges, sur passerelles ancrées en falaise ; la presse régionale évoque un horizon 2027, sans date confirmée.

Commencez par l’église romane de 1085 et ses douze chapiteaux historiés, ouverte tous les jours. Enchaînez avec la visite de la salle de la Verna, sur réservation, puis avec une marche dans les gorges sèches d’Ehujarre. La boucle complète d’Ehujarre demande environ cinq heures ; une variante plus courte remonte le fond du canyon.

Oui, les visites ont lieu toute l’année, uniquement sur réservation. Les horaires s’élargissent en juillet et août, se réduisent d’avril à mi-novembre, et la période hivernale se traite au cas par cas. La température intérieure reste à 5 °C : prévoyez une polaire et une veste, même en plein mois d’août.

Oui, en sortant un peu du rayon de 20 kilomètres retenu sur cette page. Elle se trouve sur la commune de Larrau, à environ 14 kilomètres à vol d’oiseau mais 25 par la route, suspendue entre 150 et 180 mètres au-dessus du torrent d’Olhadubi. L’accès se fait à pied depuis le hameau de Logibar, en une heure de montée sous bois. Le circuit complet des gorges demande quatre à cinq heures.

On y accède par la D 113 depuis Licq-Athérey, en remontant le gave. Comptez 20 kilomètres depuis Tardets-Sorholus et 33 depuis Mauléon-Licharre. La route de fond de vallée est déneigée, mais les accès d’altitude vers la Pierre Saint-Martin peuvent fermer en cas de neige : vérifiez les conditions avant de partir.

Oui, à condition d’adapter le programme. La visite Découverte de la salle de la Verna est accessible dès 5 ans et se fait sur un cheminement à faible pente ; l’église se visite en vingt minutes. En revanche, la boucle d’Ehujarre et l’étape du GR 10 vers Holçarté demandent de l’endurance et ne conviennent pas aux jeunes enfants.