Il faut grimper un peu pour arriver à l’Agur Deneri – et c’est précisément ce qui fait tout. L’hôtel se cache au bout de l’impasse Muskoa, sur le coteau de Bordagain, à l’écart du flux de la Côte basque en août. De là-haut, la vue embrasse d’un seul coup le port de pêche de Ciboure, la baie de Saint-Jean-de-Luz, les digues et, derrière, la ligne des Pyrénées qui plonge dans l’Atlantique. « Agur Deneri » signifie « bonjour à tous » en basque : le programme est annoncé dès l’enseigne.
Cette maison 3 étoiles compte 17 chambres seulement, toutes climatisées, ce qui donne à l’ensemble une échelle de pension de famille soignée plutôt que d’hôtel de chaîne. Selon la catégorie, on ouvre le matin sur un balcon face à la mer, sur un patio de plain-pied dans le jardin exposé sud, ou sur les mâts du port de pêche. Les chambres portent des noms qui racontent le pays : Socoa, Belharra, Larrun, Piment, Lauburu, Itsas Xoria, Fandango, Pilota.
En bas, tout est à pied. La plage est à environ cinq minutes de marche, le port et la criée à un quart d’heure, l’église Saint-Vincent – celle où Maurice Ravel fut baptisé, né à quelques mètres de là sur le quai qui porte aujourd’hui son nom – au cœur du vieux Ciboure. La gare de Saint-Jean-de-Luz–Ciboure est à 500 mètres, ce qui permet de venir en train et de laisser la voiture chez soi.
Le petit-déjeuner se prend dans la salle à manger ou en terrasse, avec la baie en toile de fond : café torréfié à Saint-Jean-de-Luz, fromages de brebis, confitures basques, viennoiseries et produits de saison. Le bar prolonge la journée à l’heure où le soleil descend derrière la Grande Plage, avec du sagardo – le cidre basque – et de la garagardoa, la bière locale.
L’hôtel propose aussi ce que peu d’adresses de cette taille savent organiser : une randonnée à dos de mule sur les pentes de la Rhune, une initiation à la pelote avec des pratiquants du village, une sortie de pêche au gros au départ de Ciboure, ou un massage en chambre après une journée de vagues. Le parking privé, gratuit, reste un argument sérieux dans une commune où se garer l’été relève du sport de combat. Ouvert toute l’année, l’établissement accueille les enfants et les animaux (10 € par jour).