Saint-Jean-de-Luz

Trois digues ont fermé la baie au forceps ; derrière elles, un port qui débarque encore le thon et l'église où Louis XIV s'est marié en 1660.

Saint-Jean-de-Luz, Donibane Lohizune en basque, occupe la seule rade abritée du littoral entre Arcachon et l’Espagne, à l’embouchure de la Nivelle, face à Ciboure. La commune compte 14 857 habitants au recensement de 2023 et aligne 7,5 kilomètres de côte, de la Grande Plage aux criques à surf du nord. Son histoire tient dans la mer et dans un mariage. Dès le XVe siècle, les pêcheurs du port comptent parmi les premiers Européens à atteindre les bancs de Terre-Neuve, après des générations de chasse à la baleine dans le golfe de Gascogne. Au XVIIe siècle, la ville devient la deuxième du Labourd avec environ 12 000 habitants et arme des corsaires que les marins anglais surnomment le nid de vipères. Le 9 juin 1660, Louis XIV y épouse l’infante Marie-Thérèse d’Autriche en l’église Saint-Jean-Baptiste, après quarante jours passés dans la maison de l’armateur Lohobiague ; la porte par laquelle sortirent les époux fut murée ensuite, et elle l’est toujours. Le troisième acte est celui des ingénieurs. Après deux siècles de tempêtes et d’érosion, Napoléon III autorise en 1854 la fermeture de la baie : trois digues sortent de l’eau entre 1864 et 1909, Socoa, Sainte-Barbe et l’Artha, et donnent à la ville son plan d’eau calme et sa vocation balnéaire. Le port, lui, n’a jamais arrêté de travailler : une quarantaine de bateaux y pratiquent encore la pêche artisanale. C’est cette rareté que l’on vient chercher ici, une station balnéaire restée port de pêche.

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Quels sites naturels découvrir à Saint-Jean-de-Luz et autour ?

La baie elle-même est le premier site : un plan d’eau de sable fin refermé par les digues de Socoa, de Sainte-Barbe et de l’Artha, où la houle atlantique se casse avant d’atteindre le rivage. La commune compte cinq plages réparties sur 7,5 kilomètres de côte : la Grande Plage au pied de la vieille ville, puis Erromardie à environ quatre kilomètres du centre, Mayarco, Senix et Lafitenia, ces trois dernières logées dans des criques que les surfeurs confirmés fréquentent toute l’année. Vers le sud, la corniche basque prend son départ juste derrière le fort de Socoa et court sur environ six kilomètres jusqu’à la plage d’Hendaye. C’est ici qu’on en saisit le mieux l’entrée : depuis la pointe Sainte-Barbe, au nord de la Grande Plage, le regard couvre d’un seul tenant la baie fermée, la digue de l’Artha posée au large et la ligne de falaises qui s’éloigne vers le sud. À l’intérieur des terres, la Rhune dresse ses 905 mètres à une dizaine de kilomètres, dernier contrefort pyrénéen avant l’Atlantique, avec un panorama qui porte de la baie d’Arcachon aux sommets navarrais.

Quels monuments et musées visiter à Saint-Jean-de-Luz ?

L’église Saint-Jean-Baptiste, classée monument historique le 7 mars 1931, est le plus grand édifice religieux basque de France : 50 mètres de long, 17 de large, 20 sous voûte, un clocher de 35 mètres et trois niveaux de galeries de bois qui montent le long de la nef, agrandies après 1576 pour accueillir les hommes tandis que les femmes restaient au sol. C’est là qu’eut lieu le mariage royal de 1660, et la porte sud murée en garde la trace. À deux pas, la maison Louis XIV, bâtie en 1643 pour l’armateur Johannis de Lohobiague, dresse sa façade d’angle en pierre et ses trois étages sur le quai ; en face, sur le port, la maison de l’Infante, dite Joanoenia, élève sa loggia à l’italienne de la fin du XVIe siècle. Complétez avec l’hôtel de ville de 1656, les halles inaugurées le 1er octobre 1884, le fort de Socoa que Vauban et François Ferry reprennent à partir de 1693 et qui est inscrit aux monuments historiques depuis le 10 septembre 2009, et, à Ciboure, la maison natale de Maurice Ravel, construite vers 1630 dans un style hollandais et inscrite en 1993. À trois kilomètres, le château d’Urtubie, à Urrugne, est habité par la même famille depuis sa construction en 1341.

Quelles activités nautiques pratiquer à Saint-Jean-de-Luz ?

La configuration de la baie explique tout : à l’abri des digues, la Grande Plage offre une baignade sans rouleaux, surveillée l’été et équipée pour l’accès des personnes handicapées, tandis que les plages du nord de la commune reçoivent la houle de plein fouet. Lafitenia, avec sa droite longue et creuse, compte parmi les vagues de référence de la côte basque, et les écoles installées sur ce secteur enseignent le surf et le bodyboard du printemps à l’automne. Dans la rade, le paddle, le kayak de mer et la voile légère se pratiquent presque toute l’année, et l’on rejoint le pied de la digue de l’Artha à la pagaie par mer calme. Depuis les quais de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure partent aussi des sorties en mer, des séances de pêche embarquée et des plongées le long des tombants de Socoa. Plus haut sur la Nivelle, le canoë et la descente en eau calme complètent le tableau.

Que faire en plein air à Saint-Jean-de-Luz ?

Un point à connaître avant de lacer vos chaussures : le sentier du littoral ne relie plus Saint-Jean-de-Luz à Hendaye d’une traite. La portion de falaise comprise entre la sortie de Ciboure et le carrefour de la RD 912 et du domaine de Haizabia est fermée aux piétons pour risque de glissement de terrain, depuis les études géotechniques engagées par le Département en 2019 ; la fermeture est présentée comme temporaire, dans l’attente d’une solution, et aucune date de réouverture n’est annoncée. Deux tronçons restent ouverts au départ de la ville : le secteur de Socoa, du fort jusqu’à la sortie de Ciboure, qui donne déjà les premières vues plongeantes sur la corniche, et le sentier côté nord, qui longe les criques d’Acotz et poursuit vers Guéthary et Bidart. Vers l’est, le train à crémaillère de la Rhune part du col de Saint-Ignace, à une quinzaine de kilomètres, sur la commune de Sare, où son histoire et son fonctionnement sont détaillés. Les crêtes du Labourd se prêtent au VTT, à l’équitation et au parapente, et les chemins de la vallée de la Nivelle offrent des boucles courtes entre fermes et bordes. La pelote se joue en plein air sur les frontons des places de village, et l’été le jaï alaï luzien accueille les Internationaux professionnels de cesta punta, la variante la plus rapide de la pelote basque, jouée au grand chistera d’osier contre un mur à gauche.

Que faire à Saint-Jean-de-Luz quand il pleut ou en cas de canicule ?

Le centre historique se visite très bien à couvert : l’église Saint-Jean-Baptiste et ses galeries de bois, la maison Louis XIV et ses quarante jours de cour royale, la maison de l’Infante, les halles de 1884 où l’on s’attarde entre les étals. La ville dispose aussi d’un cinéma, d’équipements aquatiques couverts et de trinquets où assister à une partie par tous les temps. Quand la chaleur s’installe, deux échappatoires fonctionnent : les grottes préhistoriques de Sare, à une quinzaine de kilomètres, où la température souterraine reste stable, et la montée à la Rhune, plus fraîche de plusieurs degrés dès les 500 mètres. Les activités de loisirs en salle du secteur, escape games, bowling et parcs de jeux couverts, complètent la liste pour les familles.

Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?

Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Saint-Jean-de-Luz ?

Les halles, inaugurées le 1er octobre 1884 sous leur charpente métallique, restent le point de départ : merlu de ligne, anchois, chipirons, fromages de brebis et piment y voisinent avec les producteurs de la vallée de la Nivelle. La tradition du macaron luzien remonte au séjour royal de 1660 et tient en trois ingrédients, amande, sucre et blanc d’œuf, sans farine ni levure. Le linge basque se reconnaît à ses bandes colorées sur fond écru, héritées de la mante à bœuf en lin qui protégeait les bêtes dans les champs, et les ateliers de tissage du Labourd et de la Soule perpétuent le motif. Ajoutez les conserveries de thon et d’anchois nées autour du port, les fabricants d’espadrilles, et les fromages de brebis descendus des estives voisines. Les fermes de Sare et d’Ascain ouvrent leurs portes pour la vente directe.

Quels hébergements de charme choisir à Saint-Jean-de-Luz ?

Le caractère luzien tient d’abord aux maisons d’armateurs du XVIIe siècle, bâties autour du port à l’époque des campagnes de Terre-Neuve et de la course. Hautes et étroites, façades blanches à pans de bois, volets rouges ou verts, encorbellements et escaliers de chêne, elles alignent leurs pignons dans les rues qui descendent vers les quais, et plusieurs d’entre elles accueillent aujourd’hui des chambres à deux minutes de l’église Saint-Jean-Baptiste. Ce sont les mêmes demeures que celles où logèrent Louis XIV et l’infante en 1660, à quelques numéros près : dormir là, c’est dormir dans le tissu urbain d’une ville de négoce maritime, pas dans un décor reconstitué. Pour un séjour plus au calme, le quartier résidentiel de Chantaco, à l’écart du littoral, aligne ses demeures dans les pins et les chênes, tandis que la corniche vers Socoa offre des adresses avec vue sur l’entrée de la rade.

Que manger à Saint-Jean-de-Luz ?

Le ttoro est le plat signature de la ville : une soupe épaisse de poissons de roche et de merlu, montée par les pêcheurs luziens avec ce qui restait au fond des caisses, servie avec des croûtons frottés à l’ail. Le second marqueur sort de la criée, à cent mètres de là : le thon, germon blanc l’été et rouge pêché à l’appât vivant, vendu à la halle à marée depuis 1964 et assez central dans l’identité de la ville pour avoir sa fête en juillet. Le troisième est sucré : le macaron luzien, petit disque d’amande craquelé et moelleux, cuit sans farine, dont la tradition se rattache au séjour royal de 1660. Deux autres assiettes reviennent souvent, le merlu de ligne saisi à la koskera et les chipirons à l’encre. Le chocolat et le jambon, eux, relèvent d’une autre ville du département, Bayonne.

Vos questions avant de partir à Saint-Jean-de-Luz

Les mêmes interrogations reviennent avant un séjour ici : où se baigner sans affronter les vagues, que voir en une journée, quelle saison choisir, et jusqu’où pousser autour de la ville. Voici de quoi trancher avant de réserver.

Parce que la baie a été fermée artificiellement. Trois digues construites entre 1864 et 1909, à Socoa, Sainte-Barbe et sur le haut-fond de l’Artha, brisent la houle atlantique avant qu’elle n’atteigne le rivage. La Grande Plage bénéficie donc d’une baignade sans rouleaux, rare sur cette côte, alors que les plages du nord de la commune restent exposées.

Commencez par l’église Saint-Jean-Baptiste et ses galeries de bois, où Louis XIV s’est marié le 9 juin 1660, puis la maison Louis XIV de 1643 et la maison de l’Infante sur le port. Traversez les halles de 1884, longez la Grande Plage jusqu’à la promenade, et terminez par le port de pêche et le fort de Socoa, de l’autre côté de la Nivelle.

La Grande Plage pour la baignade en famille : sable fin, eau abritée par les digues, surveillance estivale et accès adapté aux personnes handicapées. Erromardie, à environ quatre kilomètres du centre, convient aux séjours plus tranquilles. Lafitenia et Senix sont des spots de surf pour pratiquants confirmés, avec des vagues puissantes et peu adaptées aux baigneurs.

Non, pas dans la continuité. La portion de falaise entre la sortie de Ciboure et le carrefour de la RD 912 et du domaine de Haizabia est fermée aux piétons pour risque de glissement de terrain, depuis les études géotechniques engagées par le Département en 2019, et aucune date de réouverture n’est annoncée. Vous pouvez en revanche marcher le secteur de Socoa, au pied du fort, ou prendre le sentier côté nord vers Guéthary et Bidart.

Le fort de Socoa et le premier tronçon ouvert de la corniche basque, la maison natale de Ravel à Ciboure, le château d’Urtubie à Urrugne (construit en 1341, à trois kilomètres), les grottes préhistoriques de Sare, le lac de Saint-Pée-sur-Nivelle et la montée à la Rhune par le train à crémaillère du col de Saint-Ignace.

Le ttoro, soupe épaisse de poissons de roche et de merlu inventée par les pêcheurs du port, servie avec des croûtons à l’ail. La ville est aussi connue pour son macaron à l’amande, dont la tradition remonte au mariage royal de 1660, ainsi que pour le thon et le merlu de ligne débarqués à la criée.

Juin et septembre offrent le meilleur compromis, avec une eau encore agréable et moins de monde. La mi-juin concentre les fêtes de la Saint-Jean, juillet la fête du thon et les Internationaux de cesta punta, octobre le festival international du film. Le surf donne le meilleur de lui-même à l’automne, quand les houles longues arrivent sur les criques du nord.