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Entre gourmandises et artisanat, laissez-vous séduire par l’authenticité
Depuis 1591, une fabrique installée dans l’ancienne abbaye perpétue la recette des dragées à l’anis qui ont fait la réputation du village bien au-delà de la Bourgogne : elle emploie aujourd’hui une trentaine de salariés et porte le label Entreprise du Patrimoine Vivant. Le vignoble replanté depuis 1994 sur les coteaux environnants complète ce paysage gourmand, aux portes du vignoble bourguignon.
Flavigny-sur-Ozerain, une cité fortifiée qui a traversé vingt siècles sans perdre son parfum d’anis
Au cœur de l’Auxois, à 15 km à vol d’oiseau de Semur-en-Auxois et à une trentaine de minutes de Dijon, Flavigny-sur-Ozerain occupe un éperon rocheux qui culmine à 482 mètres et surplombe la vallée de l’Ozerain. Cette position défensive n’a rien d’un hasard : le site est fréquenté dès l’Antiquité gauloise, et la tradition locale veut que Vercingétorix y ait installé son armée en 52 avant J.-C., avant que César ne campe à son tour non loin, du côté d’Alésia.
C’est au VIIIe siècle que le village prend véritablement forme. En 719, le moine Wideradus fonde l’abbaye bénédictine Saint-Pierre, qui deviendra le cœur battant de la cité pendant plus de mille ans. En 1150, Flavigny relève de l’évêché d’Autun, puis Philippe Auguste fait don de l’abbaye et de la cité aux ducs de Bourgogne en 1198. Le village connaît même un bref épisode de dissidence politique en 1590, lorsque Henri IV y installe un Parlement rival, en pleines guerres de Religion.
Le patrimoine bâti raconte cette histoire longue. Les remparts et la Porte du Bourg, du XVe siècle et classée monument historique dès 1846, ceinturent toujours les ruelles pavées. L’église Saint-Genest, construite au XIIIe siècle et remaniée aux XVe et XVIe siècles, veille sur la place principale, tandis que l’ancienne abbatiale Saint-Pierre conserve, sous ses voûtes reconstruites au XVIIe siècle, une crypte carolingienne du IXe siècle dédiée à sainte Reine. Cette densité patrimoniale, sur une commune de moins de 300 habitants, explique le classement du village parmi Les Plus Beaux Villages de France et son label Ville et Pays d’Art et d’Histoire.
La nature n’est jamais loin de la pierre. Le vignoble qui entoure le village, replanté depuis 1994, a retrouvé une activité viticole disparue depuis des décennies, et le sentier « Des Anis au vignoble » (7,8 km, environ 2h30 de marche) permet de parcourir ces coteaux tout en gardant un œil sur les remparts. Les amateurs d’histoire gauloise et romaine pousseront jusqu’au MuséoParc Alésia, à une dizaine de kilomètres, qui a battu son record de fréquentation en 2023 avec plus de 66 000 visiteurs.
Flavigny-sur-Ozerain vit aussi au rythme de ses traditions. Le marché Saint-Simon anime le village l’avant-dernier dimanche d’octobre, et le stage de violoncelle PontiCelli y réunit chaque année des musiciens venus s’installer, le temps de quelques jours, dans ce décor de pierre. C’est précisément ce décor intact, préservé de toute construction moderne, qui a séduit le réalisateur Lasse Hallström en 2000 pour tourner une partie du film Le Chocolat, avec Juliette Binoche : les ruelles que l’on arpente aujourd’hui sont restées, à quelques détails près, celles que la caméra a filmées.
Mais s’il fallait résumer Flavigny-sur-Ozerain à un seul sens, ce serait sans doute l’odorat. Depuis 1591, une fabrique installée dans l’ancienne abbaye perpétue la recette des dragées à l’anis inventée par les moines, une spécialité aujourd’hui connue bien au-delà de la Bourgogne et portée par le label Entreprise du Patrimoine Vivant. Flâner dans les ruelles de Flavigny, c’est ainsi mêler, sur quelques centaines de mètres, vingt siècles d’histoire, la pierre d’une abbaye carolingienne et le parfum sucré d’un bonbon né dans ses murs.
À retenir
- 273 habitants (2021), village classé parmi Les Plus Beaux Villages de France
- Abbaye Saint-Pierre fondée en 719 ; crypte carolingienne du IXe siècle
- Porte du Bourg (XVe siècle), classée monument historique en 1846
- Recette des dragées à l’anis inventée par les moines en 1591
- Lieu de tournage du film Le Chocolat (2000, Lasse Hallström, avec Juliette Binoche)
- Sentier « Des Anis au vignoble » : 7,8 km, environ 2h30
- MuséoParc Alésia à 10 km (66 375 visiteurs en 2023) ; château de Bussy-Rabutin à un quart d’heure
Questions fréquentes sur Flavigny-sur-Ozerain
Avant de partir découvrir le village, voici les réponses aux questions que se posent le plus souvent les visiteurs.
Le village doit son classement à un patrimoine médiéval resté intact : remparts, Porte du Bourg du XVe siècle et abbaye Saint-Pierre fondée en 719. Il porte aussi les labels Site Remarquable du Goût (1992) et Ville et Pays d’Art et d’Histoire, qui distinguent ses 273 habitants et leur cadre de vie préservé.
Le village se trouve en Côte-d’Or, en Bourgogne-Franche-Comté, à 15 km à vol d’oiseau de Semur-en-Auxois et à une dizaine de kilomètres du MuséoParc Alésia. Il est accessible en voiture depuis l’A6, à moins d’une heure de Dijon.
L’essentiel se concentre dans les ruelles pavées : l’ancienne abbaye Saint-Pierre et sa crypte carolingienne du IXe siècle, l’église Saint-Genest du XIIIe siècle, les remparts et la Porte du Bourg. Comptez une demi-journée pour la visite du village et le sentier « Des Anis au vignoble ».
La recette de ces dragées à l’anis a été mise au point par les moines de l’abbaye en 1591. Elle est toujours fabriquée sur place, dans l’ancienne abbaye, par une entreprise labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant qui emploie une trentaine de salariés.
À une dizaine de kilomètres, le MuséoParc Alésia raconte la bataille entre Vercingétorix et César. Le château de Bussy-Rabutin et ses jardins se trouvent à un quart d’heure de route, et le lac de Pont, aux portes de Semur-en-Auxois, permet de se baigner.
Oui : le réalisateur Lasse Hallström a tourné une partie du film Le Chocolat, avec Juliette Binoche, dans les ruelles de Flavigny-sur-Ozerain en 2000. Le décor médiéval du village, resté quasiment inchangé, reste aujourd’hui reconnaissable à l’écran.