Quels monuments et musées visiter à Cluny ?
Le monument à voir en premier est l’abbaye, gérée par le Centre des monuments nationaux. De l’abbatiale, seuls le grand transept, haut d’une trentaine de mètres, et le clocher de l’Eau-Bénite, dernier des quatre clochers de la Maior ecclesia, tiennent encore debout. Le Farinier, grenier du XIIIe siècle couvert d’une charpente de chêne en forme de coque de bateau retournée, abrite les huit chapiteaux du chœur. Le musée d’art et d’archéologie occupe le palais de l’abbé Jean de Bourbon, bâti entre 1456 et 1485 ; il a été inauguré le 15 août 1866 et expose les sculptures du grand portail ainsi qu’une bibliothèque de 4 000 volumes, dont près de 1 800 viennent de l’abbaye. La tour des Fromages, ancienne tour de l’enceinte, se gravit en 120 marches depuis l’office de tourisme pour une vue d’ensemble sur la cité. En ville, l’église Notre-Dame a été commencée en 1159. Dans le rayon de 20 km, trois étapes complètent le parcours : la chapelle des Moines de Berzé-la-Ville et ses peintures murales du XIIe siècle, liées à l’abbé Hugues de Semur, le château de Cormatin, élevé à partir de 1606 dans une île de la Grosne, à 13 kilomètres au nord, et Taizé, à 9 kilomètres, où frère Roger arrive en 1940 avant de fonder en 1944 une communauté œcuménique.
Que faire en plein air à Cluny et dans le Clunisois ?
En plein air, l’activité principale à Cluny est le vélo sur la voie verte, qui part de l’ancienne gare. Vers le nord, le tronçon de 34,5 kilomètres jusqu’à Buxy porte le label Tourisme & Handicap ; Cluny et Cormatin font partie des cinq haltes-services de l’itinéraire. Vers le sud, la voie monte avec des pentes de plus de 8 % sur près de trois kilomètres jusqu’au tunnel du Bois Clair, à 5 kilomètres de la ville, puis redescend vers Mâcon. Le tunnel est fermé du 1er octobre au 14 avril pour protéger les chauves-souris. À pied, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle relie Cluny au Puy-en-Velay sur 330 kilomètres, et l’office de tourisme tamponne la credencial des pèlerins. Le parc du haras national est en accès libre et gratuit d’avril à début novembre, du mardi au dimanche, et ses terrains reçoivent des concours hippiques de mars à octobre, gratuits eux aussi. Pour le reste, les environs proposent centres équestres, location de vélos à assistance électrique, vols en montgolfière et parcs accrobranche.
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Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Cluny ?
Pour le terroir, le rendez-vous de Cluny est le marché du samedi matin, de 7 h 30 à 13 h, toute l’année, avec une soixantaine de commerçants selon la saison. En juillet et en août, un marché du mercredi en fin d’après-midi s’y ajoute, avec des animations musicales, et les villages voisins tiennent leurs propres marchés du soir, comme celui du lac de Saint-Point le mardi. Côté fromage, le mâconnais est un chèvre au lait cru et entier, de forme tronconique, qu’on ne retourne pas pendant son affinage d’au moins dix jours ; il est AOC depuis 2006 et AOP depuis 2009. Les coteaux à l’est de la ville appartiennent au vignoble du Mâconnais, où domine le chardonnay, et les caves coopératives et les domaines des villages viticoles ouvrent leurs chais à la dégustation. L’office de tourisme range aussi le chocolat au cassis et les truffes parmi les produits locaux. Des ateliers de potiers et d’artisans ouvrent leurs portes dans le bourg et les villages, et le marché de Noël s’installe en décembre aux écuries Saint-Hugues.
Quels hébergements de charme choisir à Cluny ?
À Cluny, le charme se trouve d’abord dans le bourg monastique. Pour bâtir ses maisons, le bourg a puisé dans les ruines de l’abbatiale jusqu’en 1813, et certaines accueillent aujourd’hui chambres d’hôtes et hôtels de caractère à quelques rues du clocher de l’Eau-Bénite. Hors de la ville, fermes du Clunisois et maisons de vignerons du Mâconnais offrent des séjours plus calmes, avec la voie verte à portée de vélo. Deux périodes demandent d’anticiper. La première est le week-end du Grand Gala des Arts et Métiers, fin mai ou début juin, qui réunit plus de 5 000 convives à l’abbaye. La seconde est le mois d’août, quand les Grandes Heures de Cluny passent le relais au Jazz Campus en Clunisois.
Que manger à Cluny ?
À Cluny, la table repose sur la viande charolaise et les fromages de chèvre, avec les blancs du Mâconnais dans le verre. Le bœuf charolais se sert grillé ou mijoté, et les œufs en meurette, pochés dans une sauce au vin rouge, figurent parmi les recettes bourguignonnes que met en avant l’office de tourisme. Sur le plateau, les chèvres AOP mâconnais et charolais tiennent la première place. Pour le vin, le Mâconnais aligne mâcon-villages, saint-véran, viré-clessé, pouilly-loché, pouilly-vinzelles et pouilly-fuissé. Pendant les Grandes Heures de Cluny, chaque concert se termine par une dégustation avec des viticulteurs, ce qui permet de goûter ces appellations sur place. Les restaurants du bourg et les auberges des villages voisins complètent l’offre.
Cluny, de la seconde Rome à la ville du cheval
Un bourg né de l’abbaye : Le nom est attesté sous la forme Cluniacus en 825, avant l’arrivée des moines, mais c’est l’abbaye qui a fait la ville : le bourg se développe dès 910 autour d’elle et prend sa forme actuelle entre le XIe et le XIVe siècle. On le lit encore dans les rues. La maison du 20 rue du Merle, datée de 1091, était en 2000 la plus ancienne demeure romane datée de France, et le décor sculpté de la maison des Vendanges, au carruge des Forges, est conservé au musée. Les parcours de l’office de tourisme suivent des clous de bronze plantés dans le sol, à travers les quartiers Saint-Mayeul, Notre-Dame et Saint-Marcel.
Ce que la Révolution a laissé : En 1798, l’abbatiale est achetée par un groupe de marchands de biens de Mâcon, et la démolition commence en juillet. Le ministre Chaptal ordonne de l’arrêter. Les démolisseurs passent outre et ouvrent une rue à travers la nef. Ce qui reste suffit pourtant à mesurer l’ampleur de l’église : le bras sud du grand transept, le clocher octogonal de l’Eau-Bénite, élevé dans la seconde moitié du XIIe siècle, dont la flèche refaite au XVe siècle par Jean de Bourbon a été reproduite à Paray-le-Monial, et le Farinier. Ce grenier mesurait 56 mètres de long ; les deux tiers en sont conservés, et sa charpente a été datée par dendrochronologie du milieu du XIIIe siècle. Le musée doit son origine à un médecin collectionneur, Jean-Baptiste Ochier. À sa mort, en 1864, sa veuve donne le palais Jean de Bourbon à la ville. Les fouilles de 2017 ont ajouté un trésor de plus de 2 200 deniers et oboles et de 21 dinars d’or almoravides, présenté dans le passage Galilée de l’abbaye.
Ingénieurs et chevaux : Les moines partis, une école et un haras se sont partagé les lieux. L’école des Arts et Métiers s’installe en 1901 dans les bâtiments conventuels, reconstruits vers 1750. Ses élèves organisent chaque année, depuis 1935 selon l’office de tourisme, un Grand Gala qui réunit plus de 5 000 convives dans l’abbaye. Le haras national ouvre en 1807, à l’initiative de Napoléon Ier, comme dépôt d’étalons. Ses bâtiments, élevés entre 1814 et 1880 sur les fondations de l’abbaye avec des matériaux tirés de la démolition, reçoivent les chevaux à partir de 1820, et une écurie de 56 places s’y ajoute en 1880. Marcroix, cheval issu du haras, a remporté avec Charles Pahud de Mortanges deux titres olympiques en concours complet, en 1928 et en 1932. La ville a gardé un hippodrome, et le haras programme aujourd’hui trois spectacles par an, en été, en octobre et pendant les fêtes de fin d’année.
Le 11 août 1944 : L’accueil de l’abbaye donne sur la place du 11-Août-1944. Pendant l’Occupation, les résistants désignaient Cluny sous le nom de « Lyon » dans leur réseau téléphonique clandestin. Le 11 août 1944, un combat a lieu au col du Bois-Clair et deux bombardements frappent la ville ; les vitraux du XVIIIe siècle de l’église Notre-Dame disparaissent ce jour-là. L’histoire locale retient que Cluny fut la première ville libérée de Saône-et-Loire.
Le calendrier clunisois : La saison s’ouvre en mai avec le festival Cluny Danse, à prix libre. Fin mai ou début juin vient le Grand Gala. En juillet et en août, les Grandes Heures de Cluny programment musique classique et danse à l’église Notre-Dame, à Saint-Marcel et au théâtre, puis le Jazz Campus en Clunisois, créé en 1977, mêle stage et concerts dans l’abbaye, le parc abbatial et les écuries Saint-Hugues à la mi-août. En septembre, les Journées européennes du patrimoine ouvrent les sites du Pays d’art et d’histoire, décembre installe le marché de Noël aux écuries Saint-Hugues, et mars ramène le festival de la bande dessinée. Pour préparer la visite, Totem Adventure recense les activités et les prestataires de Cluny et du Clunisois, classés par type d’expérience et par commune.
À retenir
- Cluny compte 4 942 habitants, les Clunisois (population municipale 2023), sur 23,71 km², dans la vallée de la Grosne, entre Chalon-sur-Saône et Mâcon.
- L’abbaye a été fondée par la charte du 11 septembre 910 (909 selon certains historiens) ; il reste environ 8 % de l’abbatiale, démolie à partir de 1798 et exploitée comme carrière jusqu’en 1813.
- Le bourg conserve plus de 200 maisons des XIe-XIVe siècles, dont celle du 20 rue du Merle, datée de 1091.
- Le haras national a ouvert en 1807 ; son parc est en accès libre et gratuit d’avril à début novembre, et il donne trois spectacles par an.
- L’école des Arts et Métiers occupe les bâtiments abbatiaux depuis 1901 ; son Grand Gala a lieu fin mai ou début juin.
- Sur la voie verte, le tronçon Cluny-Buxy (34,5 km) est labellisé Tourisme & Handicap, et le tunnel du Bois Clair est fermé du 1er octobre au 14 avril.
- En cas de canicule, les grottes de Blanot (10 à 13 °C) et d’Azé (12 °C) restent fraîches, et l’abbaye ouvre de 8 h 30 à 14 h en vigilance rouge.
- Le marché a lieu le samedi matin, de 7 h 30 à 13 h, toute l’année.
Vos questions avant de visiter Cluny
Combien de temps prévoir, où trouver de la fraîcheur quand le thermomètre grimpe, comment rejoindre Mâcon sans voiture : ces questions reviennent souvent avant un séjour à Cluny. Les réponses ci-dessous reprennent les informations publiées par le Centre des monuments nationaux, l’office de tourisme et la ville de Cluny.
Fondée en 910 et placée sous l’autorité directe du pape, l’abbaye de Cluny a dirigé un réseau de plus d’un millier de monastères en Europe. Sa troisième église, longue de 187 mètres, n’a été dépassée en Occident qu’au XVIe siècle, par la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome.
Le matin, l’abbaye, ses bornes de réalité augmentée et le Farinier, avec ses huit chapiteaux du chœur : comptez environ une heure et demie en visite libre. L’après-midi, le musée d’art et d’archéologie, les 120 marches de la tour des Fromages, les maisons romanes du centre puis, d’avril à début novembre, le parc du haras national.
À l’abbaye, un livret-jeux consacré au petit moine Gunzo s’adresse aux 6-12 ans. Le haras national ouvre son parc gratuitement en saison et donne trois spectacles équestres par an. L’été, la piscine municipale de plein air propose quatre bassins, et les grottes de Blanot font descendre 650 marches jusqu’à 80 mètres sous terre.
Descendez aux grottes de Blanot (10 à 13 °C) ou d’Azé (12 °C). En vigilance rouge, l’abbaye ouvre de 8 h 30 à 14 h et signale un espace frais dans son parc. La piscine de plein air, ouverte de fin juin à fin août, et le tunnel du Bois Clair, sur la voie verte, aident aussi à passer les heures chaudes.
Oui, par la voie verte, en une heure et demie environ selon le Centre des monuments nationaux. Au sud de Cluny, la montée dépasse 8 % sur près de trois kilomètres jusqu’au tunnel du Bois Clair (1,6 km), fermé du 1er octobre au 14 avril pour protéger les chauves-souris. Une boucle balisée de 4 km, de niveau expert, le contourne alors.
Le marché se tient tous les samedis matin, de 7 h 30 à 13 h, toute l’année, avec une soixantaine de commerçants selon la saison. En juillet et en août, un second marché, le mercredi à partir de 17 h, s’accompagne d’animations musicales. Le parking du Prado est gratuit le samedi matin.
