Quels sites naturels découvrir autour de Saint-Palais ?
Le relief d’Amikuze est fait de collines douces, de bocage et de chemins creux, un paysage de piémont qui monte lentement vers la montagne basque. Le premier belvédère est celui du mont Saint-Sauveur, au-dessus du lieu-dit Gibraltar : une montée courte depuis le centre, au sommet de laquelle trois silhouettes monumentales en chêne carbonisé du sculpteur Christian Lapie, « Les Reflets du Ciel », font face à la vallée de la Bidouze et, par temps clair, à la chaîne des Pyrénées. Sur une colline voisine d’Uhart-Mixe, la chapelle de Soyarza, bâtie en 1845 sur un ancien ermitage, offre un second point de vue. Vers le sud, les crêtes d’Ostabat et de Larceveau ouvrent sur les premiers sommets de Basse-Navarre, et à une vingtaine de kilomètres commence le massif calcaire des Arbailles, plateau de hêtraies, de gouffres et de pâturages d’estive.
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Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Saint-Palais ?
Le marché du vendredi matin occupe le centre depuis une charte accordée par Jean d’Albret en 1472 et reste un rendez-vous agricole autant que commerçant. Il est doublé d’un marché aux agneaux le mercredi et d’une foire aux chevaux le lundi de Pâques, deux rendez-vous qui rappellent la vocation d’élevage du pays d’Amikuze. Autour de la ville, les fermes produisent l’ossau-iraty, fromage de brebis AOP issu du lait des races manech et basco-béarnaise, l’agneau de lait des Pyrénées, le maïs, le canard et la palombe. À une vingtaine de kilomètres, Salies-de-Béarn exploite depuis des siècles sa source salée, dont le sel entre dans la salaison du jambon de Bayonne, et le vignoble d’Irouléguy commence une trentaine de kilomètres plus au sud.
Saint-Palais, capitale d’un royaume qui n’existe plus
Une ville née d’une frontière. Saint-Palais est une création politique. Fondée au début du XIIIe siècle par les rois de Navarre, elle occupe une position charnière au confluent de la Bidouze et de la Joyeuse, sur la route qui relie la Gascogne aux cols pyrénéens. Le pouvoir royal lui accorde très tôt des privilèges qui font sa fortune : en 1351, Charles II de Navarre y installe l’un des quatre ateliers monétaires du royaume, un droit rare, et en 1472 Jean d’Albret confirme le marché hebdomadaire du vendredi, qui se tient toujours. Le tournant vient de la défaite. Entre 1512 et 1521, la Castille annexe la Haute-Navarre, au sud des Pyrénées ; le royaume se réduit à sa partie française et Henri II d’Albret transfère les institutions à Saint-Palais. Les premiers États généraux de Navarre s’y réunissent en 1523. La ville reste capitale jusqu’à ce que la cour s’installe durablement à Pau, mais elle garde de cette période son plan, ses maisons de notables et une conscience très nette de ce qu’elle a été.
La croisée des chemins de Compostelle. À trois kilomètres du centre, sur la commune d’Uhart-Mixe, un lieu-dit porte le nom improbable de Gibraltar. C’est là que trois des quatre grandes voies françaises vers Saint-Jacques se rejoignent avant le franchissement des Pyrénées : la via Turonensis venue de Tours et de Bordeaux, la via Lemovicensis venue de Vézelay, la via Podiensis venue du Puy-en-Velay. Le 2 août 1964, les Amis du chemin de Saint-Jacques en Pyrénées-Atlantiques y ont installé une stèle discoïdale, déplacée du cimetière de Sorhapuru et posée sur un socle qui indique les directions ; l’inauguration s’est faite en présence du maire de Saint-Jacques-de-Compostelle. Depuis la stèle, le chemin de Xibaltare grimpe au mont Saint-Sauveur, où trois figures de bois carbonisé de Christian Lapie montent la garde depuis les années 2000, avant de redescendre vers Harambeltz et Ostabat, où subsistent les traces d’un prieuré-hôpital médiéval avec sa chapelle Saint-Nicolas. La ville a fait de cet héritage un lieu de mémoire : le musée de Basse-Navarre et des chemins de Saint-Jacques, installé dans l’ancien couvent des Franciscains, raconte à la fois le royaume disparu et le pèlerinage, et le gîte municipal accueille les marcheurs d’avril à octobre.
Un pays d’élevage et de marchés. L’Amikuze est un pays agricole, et Saint-Palais en est le comptoir. Le marché du vendredi matin, fort de cinq siècles et demi d’existence, mêle producteurs, revendeurs et habitués sous les platanes ; le mercredi, c’est le marché aux agneaux qui fixe les cours de l’agneau de lait des Pyrénées ; le lundi de Pâques, la foire aux chevaux perpétue une tradition d’échange encore vivante. Autour, les fermes élèvent les brebis manech et basco-béarnaise dont le lait devient l’ossau-iraty, et engraissent les canards. À une vingtaine de kilomètres, Salies-de-Béarn tire de sa source salée un sel qui sert depuis le Moyen Âge à la salaison des jambons de la région. La palombe, enfin, occupe l’automne : les cols voisins conservent des palombières et des installations de chasse au filet, et la palombe rôtie figure au menu des auberges depuis des générations.
La force basque, sport de ferme devenu spectacle. Le premier festival de force basque s’est tenu à Saint-Palais en 1951, et il a fait école dans tout le Pays basque. Le principe est simple : transformer les gestes du travail agricole en épreuves. Le tir à la corde (soka tira), le sciage de troncs (segari), le lever de charrette (orga joko), la course au sac de blé (sakulari), le lever de botte de paille (lasto altsari) et le bûcheronnage à la hache (aizkolari) se disputent au fronton municipal, où huit équipes de Basse-Navarre et de Soule alignent près de cent vingt concurrents pour le trophée du journal Sud-Ouest. Le rendez-vous a lieu chaque année le dimanche qui suit le 15 août, et il remplit les gradins. Les fêtes patronales, fin juillet, précèdent le festival et se courent en bleu et blanc, couleurs de la ville.
Une base idéale pour rayonner. Saint-Palais a l’avantage de la position. Trente minutes suffisent pour rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port et la vallée de Cize, autant pour Salies-de-Béarn et ses thermes ; une heure mène aux plages d’Anglet et de Biarritz, une heure encore aux forêts de ski nordique d’Iraty et d’Issarbe, ou aux vignobles de Haute-Navarre et à Pampelune. Plus près, la bastide de La Bastide-Clairence, classée parmi les Plus Beaux Villages de France, Sauveterre-de-Béarn et son pont fortifié, et le village de Garris composent une série d’excursions d’une demi-journée. Pour composer votre séjour, de la stèle de Gibraltar aux crêtes d’Ostabat, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Saint-Palais et du pays d’Amikuze.
À retenir
- Saint-Palais (Donapaleu), 2 155 habitants (recensement 2022), au confluent de la Bidouze et de la Joyeuse, à 57 km de Bayonne et 88 km de Pau.
- Fondation royale navarraise du début du XIIIe siècle ; l’un des quatre ateliers monétaires du royaume, privilège accordé par Charles II en 1351.
- Capitale du royaume de Navarre après 1521 ; les premiers États généraux de Navarre s’y réunissent en 1523.
- Croisée de trois chemins de Compostelle (voies de Tours, de Vézelay et du Puy) au lieu-dit Gibraltar, marquée par une stèle discoïdale inaugurée le 2 août 1964.
- Église Sainte-Marie-Madeleine (1869-1874), 35 vitraux posés de 1872 à 1879 et orgue Cavaillé-Coll de 1888 ; maison des Têtes et ses cinq bustes royaux.
- Festival de force basque depuis 1951, le dimanche suivant le 15 août : six épreuves, huit équipes de Basse-Navarre et de Soule, environ 120 concurrents.
- Marché du vendredi depuis 1472, marché aux agneaux le mercredi, foire aux chevaux le lundi de Pâques.
- Terroir : ossau-iraty AOP, agneau de lait des Pyrénées, palombe rôtie, sel de Salies-de-Béarn à 20 km.
Vos questions avant de partir à Saint-Palais
Saint-Palais se découvre le plus souvent en chemin, entre deux étapes ou depuis une location dans les collines. Les mêmes questions reviennent : que voir en une demi-journée, où se trouve exactement la fameuse stèle, quand a lieu le festival, et que faire des enfants quand la pluie s’installe. Voici de quoi préparer votre passage.
Suivez la promenade patrimoniale du centre : la façade de la maison des Têtes et ses cinq bustes, les rues de la Bidouze et du Palais de Justice, la place réaménagée, l’église Sainte-Marie-Madeleine et son orgue Cavaillé-Coll, puis le musée de Basse-Navarre installé dans l’ancien couvent des Franciscains. Comptez deux heures, et une heure de plus pour monter à la stèle de Gibraltar.
Au lieu-dit Gibraltar, à environ trois kilomètres du centre, sur le territoire de la commune d’Uhart-Mixe. On y accède à pied par le GR 65 depuis Saint-Palais, en montée régulière, ou par la route puis un court sentier. La stèle discoïdale, posée sur un socle en 1964, indique les trois voies jacquaires qui se rejoignent ici.
Chaque année le dimanche qui suit le 15 août, au fronton municipal, généralement en début d’après-midi. Créé en 1951, il oppose huit équipes de Basse-Navarre et de Soule sur six épreuves traditionnelles. Les fêtes patronales de la ville se tiennent, elles, fin juillet.
Les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya, à une trentaine de minutes de route, avec leurs concrétions et leurs vestiges préhistoriques ; une partie de pelote au trinquet ; la piscine municipale en été ; le parcours de santé de 1,8 kilomètre et la montée au mont Saint-Sauveur et à ses sculptures ; et, à trente minutes également, la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Oui. La ville est une étape du GR 65, la voie du Puy, et le point de ralliement des voies de Tours et de Vézelay quelques kilomètres plus loin. L’étape suivante mène à Ostabat en passant par la stèle de Gibraltar, avant Saint-Jean-Pied-de-Port. Un gîte municipal accueille les marcheurs d’avril à octobre.
De mai à juin et de septembre à octobre pour la randonnée et le chemin, avec des collines vertes et une chaleur modérée. La mi-août pour le festival de force basque et l’ambiance des fêtes, au prix de l’affluence. L’automne, pour la saison de la palombe et les tables du bourg.
