Bayonne

Bord de la Nive à Bayonne
Deux rivières, des façades à colombages peintes en rouge et vert, et l'odeur du chocolat qui sort des ateliers de la rue Port-Neuf.

Bayonne, Baiona en basque comme en gascon, se tient au confluent de l’Adour et de la Nive, à six kilomètres de l’océan, sur 2 168 hectares dont l’altitude ne dépasse jamais 55 mètres. La commune compte 54 306 habitants au dernier recensement de l’INSEE, ce qui en fait la ville la plus peuplée du Pays basque français et le siège de la Communauté d’agglomération Pays Basque, créée le 1er janvier 2017 et forte de 158 communes. Son histoire commence par une garnison : au IVe siècle, les Romains installent ici le castrum de Lapurdum, huit hectares ceints d’une muraille de six mètres, dont les vestiges comptent parmi les enceintes du Bas-Empire les mieux conservées d’Europe occidentale. La ville devient capitale de la vicomté de Labourd en 1023, obtient sa charte communale de Jean sans Terre en 1215, puis vit trois siècles sous administration anglaise avant d’être reprise par la Couronne de France en 1451. Elle manque ensuite de perdre sa raison d’être quand l’Adour s’échappe vers le nord : le 25 octobre 1578, l’ingénieur Louis de Foix ramène le fleuve à la mer par un canal de 1 800 mètres, et le port renaît. Le chantier de la cathédrale Sainte-Marie, lancé dans les années 1240, s’achève pour la nef en 1404 ; ses deux flèches de 85 mètres, ajoutées au XIXe siècle, sont inscrites à l’UNESCO depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Labellisée Ville d’art et d’histoire en 2011, Bayonne protège aujourd’hui trente monuments historiques répartis entre Grand Bayonne, Petit Bayonne et Saint-Esprit.

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Quels sites naturels découvrir autour de Bayonne ?

Le plus grand espace naturel de la ville se trouve à vingt minutes à pied du centre : la plaine d’Ansot, gérée par la Ville depuis 2006, protège les barthes de la Nive, ces prairies inondables que le fleuve recouvre l’hiver et que l’on parcourt par des sentiers et des passerelles de bois. Aigrettes, hérons et vaches marines y partagent le même marais, et le Muséum d’histoire naturelle installé sur place se visite gratuitement. Sur les anciens remparts, le jardin botanique déploie 3 000 mètres carrés d’inspiration japonaise et environ mille taxons répartis en onze ensembles, ouvert d’avril à octobre. Vers l’aval, l’Adour s’élargit jusqu’à son embouchure et à la digue de la Barre, à une dizaine de kilomètres, où les forêts de pins maritimes d’Anglet, le Pignada et Chiberta, forment la plus vaste réserve de fraîcheur de l’agglomération. En remontant la Nive vers Villefranque et Ustaritz, les coteaux basques prennent le relais en moins d’un quart d’heure de route.

Quels monuments et musées visiter à Bayonne ?

La cathédrale Sainte-Marie donne le ton : gothique rayonnant d’influence champenoise, commencée dans les années 1240, achevée pour la dernière travée de la nef en 1404, inscrite à l’UNESCO en 1998, elle conserve une clef de voûte figurant un navire monté par huit marins, souvenir de la puissance maritime bayonnaise. Son cloître du XIVe siècle est l’un des plus vastes de France et se traverse librement, dallé de pierres tombales du XIVe au XVIIIe siècle. Autour, trois forteresses jalonnent 3,5 kilomètres de fortifications classées monuments historiques depuis 1931 : le Château-Vieux, élevé dès la fin du XIe siècle sur le castrum romain, le Château-Neuf du Petit Bayonne, et la citadelle Saint-Esprit dessinée par Vauban en 1680 puis bâtie de 1682 à 1685 pour 1 200 hommes. Côté musées, le Musée Basque et de l’histoire de Bayonne occupe depuis 1924 la maison Dagourette, demeure de la fin du XVIe siècle classée en 1991, et présente 3 000 objets en vingt salles, quai des Corsaires. À quelques rues de là, le musée Bonnat-Helleu a rouvert le 27 novembre 2025 après un long chantier, sur 3 000 mètres carrés : près de 7 000 œuvres, dont un autoportrait de Goya, La Baigneuse d’Ingres et 2 500 pièces déposées par le Louvre, ce qui en fait le premier dépositaire du musée parisien en France.

Que faire sur l’eau à Bayonne ?

Bayonne est une ville de fleuve avant d’être une ville de plage : la Nive, longue de 79,3 kilomètres, y rejoint l’Adour au pied du pont Marengo, et les deux cours d’eau se descendent en bateau au départ des quais. Des promenades fluviales commentées remontent l’Adour vers les barthes et les coteaux, une manière de voir les remparts depuis l’eau. La Nive, calme et large en amont de la ville, se prête au canoë et au paddle jusque vers Ustaritz, tandis que l’aviron reste un sport local historique, pratiqué sur le plan d’eau du confluent. La pêche se pratique de la rive comme en bateau, avec pour prise historique la pibale, la civelle de l’Adour, dont la capture est aujourd’hui strictement encadrée. Pour les vagues, les plages d’Anglet et leurs spots de surf commencent à moins de dix kilomètres du centre, le littoral de Biarritz suit deux kilomètres plus loin, et les criques de Bidart ferment la série à moins de vingt minutes.

Que faire en plein air à Bayonne ?

Le premier itinéraire de la ville est le tour de ses fortifications : 3,5 kilomètres de courtines, bastions et glacis reconvertis en promenades, jardins et terrains de sport, que l’on enchaîne avec les allées Paulmy et le glacis du Château-Neuf. Les quais de la Nive et de l’Adour offrent une boucle plate et ombragée, prolongée par la Vélodyssée, l’itinéraire cyclable EuroVelo 1 qui longe l’Adour avant de filer vers la côte. Les barthes d’Ansot se parcourent à pied sur des sentiers balisés, sans dénivelé, praticables avec une poussette. Ajoutez la pelote sur les frontons de plein air et les places libres des quartiers, les tournois de force basque programmés l’été, l’équitation et le golf dans les communes voisines d’Arcangues et de Bassussarry, et les parcours acrobatiques en forêt du littoral, à un quart d’heure de route.

Que faire à Bayonne quand il pleut ou en cas de canicule ?

Les musées absorbent facilement une journée entière : vingt salles au Musée Basque, 3 000 mètres carrés au musée Bonnat-Helleu, plus le Muséum d’histoire naturelle de la plaine d’Ansot, dont l’entrée est gratuite. Le cloître de la cathédrale et les galeries voûtées du Grand Bayonne offrent une fraîcheur immédiate quand la chaleur monte le long de l’Adour. Côté eau, la ville dispose de piscines municipales, dont celle de Lauga et le centre aquatique des Hauts de Bayonne, et la patinoire de la Barre, à Anglet, se trouve à moins de dix minutes en voiture. Les trinquets couverts permettent d’assister à une partie de pelote par tous les temps, et l’agglomération compte des salles de cinéma, des escape games, du bowling et des salles d’escalade de bloc. Un dernier réflexe d’été : les forêts de pins d’Anglet et les allées bordées de platanes des remparts gagnent plusieurs degrés sur les quais en plein soleil.

Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?

Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Bayonne ?

Le chocolat est arrivé ici avant partout ailleurs en France, apporté au XVIe siècle par les familles juives portugaises et espagnoles réfugiées dans le quartier Saint-Esprit, premiers artisans du royaume à travailler la fève de cacao. La réputation était faite en 1809, quand Bayonne figure sur la première carte gastronomique de France ; le chocolat bayonnais reste noir, intense et peu sucré, et se déguste en « café bayonnais », un café accompagné d’un carré d’atelier. Chaque début d’automne, trois jours de fête du chocolat créés en 2018 proposent un passeport gourmand valable chez six chocolatiers de la ville. L’autre pilier du terroir est le jambon de Bayonne, protégé depuis 1998 par une IGP qui couvre le bassin de l’Adour sur quatre départements, salé au sel de Salies-de-Béarn et séché plus de sept mois. Pour tout voir au même endroit, les Halles du quai Roquebert, en bord de Nive, réunissent vingt et un commerçants tous les jours de la semaine, et plus de soixante producteurs le samedi matin sur le carreau ; le mercredi, la place des Gascons accueille un marché de plein air, et le vendredi, plus de trente antiquaires installent leur brocante quai Chaho. À treize kilomètres, Larressore perpétue la fabrication du makhila, le bâton de marche basque en néflier.

Quels hébergements de charme choisir à Bayonne ?

Le charme tient ici au bâti ancien, et il change de registre d’une rive à l’autre. Sur les quais de la Nive et dans le Petit Bayonne, les maisons à colombages des XVIIe et XVIIIe siècles alignent leurs pans de bois et leurs volets peints en rouge basque ou en vert, face à l’eau et à deux pas des Halles du quai Roquebert : beaucoup ont été converties en chambres d’hôtes, dans des parcelles étroites où l’on gagne en hauteur ce que l’on perd en largeur. Franchissez un pont et le décor change d’échelle. Le Grand Bayonne tient tout entier dans le périmètre du castrum romain de Lapurdum, huit hectares que les rues suivent encore : arcades de la rue Port-Neuf, hôtels particuliers et demeures de négociants hérités des trois siècles où la ville armait pour la couronne d’Angleterre, le tout à quelques pas du cloître du XIVe siècle et sous les flèches de 85 mètres de la cathédrale Sainte-Marie. Bayonne protège trente monuments historiques et porte le label Ville d’art et d’histoire depuis 2011, ce qui donne la mesure du décor. Le quartier Saint-Esprit, rive droite de l’Adour, offre l’option pratique : la gare y dessert Paris, Bordeaux et Hendaye, et le pont Saint-Esprit, reconstruit en maçonnerie en 1845 avec ses sept arches et son tablier de 230 mètres, ramène au centre en cinq minutes à pied.

Que manger à Bayonne ?

Deux produits portent le nom de la ville, et c’est par eux que tout commence. Le jambon d’abord. Protégé depuis 1998 par une IGP qui couvre le bassin de l’Adour sur quatre départements, il est frotté au sel des salines de Salies-de-Béarn, puis séché plus de sept mois dans un air humide et tempéré que le fleuve entretient toute l’année. On le sert en tranches fines, à température ambiante pour que le gras fonde en bouche, ou poêlé avec des œufs et de la piperade, ce mélange de poivrons, de tomates et de piment d’Espelette AOP lié à l’œuf. Sa foire, organisée par la Ville depuis 1462, se tient chaque printemps sur le carreau des Halles, avec le concours du meilleur jambon fermier le jeudi matin ; l’édition 2026 était la 563e.

Le chocolat ensuite, arrivé ici avant partout ailleurs en France. Introduit au tout début du XVIe siècle par les familles juives portugaises et espagnoles réfugiées dans le quartier Saint-Esprit, il a fait des Bayonnais les premiers artisans du royaume à travailler la fève de cacao, réputation actée en 1809 quand la ville figure sur la première carte gastronomique de France. Le style local ne s’est pas adouci : noir, corsé, peu sucré. Il se prend en tablette, en bouchée, en chocolat chaud mousseux battu à l’ancienne, ou en « café bayonnais », un café escorté d’un carré sorti de l’atelier le matin même. Chaque début d’automne, trois jours lui sont consacrés, avec un passeport de dégustation valable chez six chocolatiers de la ville.

Reste la part du fleuve, celle qui ne se trouve nulle part ailleurs. La pibale, civelle de l’Adour, est le plat d’hiver le plus recherché des tables bayonnaises et le plus rare : la pêche en est aujourd’hui strictement contingentée, et les quantités servies restent confidentielles. L’estuaire fournit aussi le merlu de ligne débarqué à six kilomètres de là, et les charcuteries de porc du Sud-Ouest complètent l’assiette, dont le txistorra grillé. La cuisine des quais de la Nive travaille cette même matière première depuis que le port existe : c’est elle, plus que le répertoire de la côte, qui donne à Bayonne son goût propre.

Vos questions avant de partir à Bayonne

Avant de réserver, la plupart des visiteurs se posent les mêmes questions : combien de temps consacrer à la ville, si l’on peut s’y baigner, quand tombent les fêtes et comment occuper des enfants entre deux musées. Voici de quoi arbitrer, avec les distances et les périodes réelles.

Commencez par la cathédrale Sainte-Marie et son cloître du XIVe siècle, descendez la rue Port-Neuf jusqu’aux Halles du quai Roquebert, traversez la Nive vers le Petit Bayonne et le Musée Basque, puis faites le tour des remparts. Comptez quatre heures pour le centre, une demi-journée de plus avec le musée Bonnat-Helleu.

Non, Bayonne se trouve à six kilomètres de l’océan, sur le fleuve. Les plages les plus proches sont celles d’Anglet, à moins de dix kilomètres du centre, accessibles en bus urbain ou par la piste cyclable qui longe l’Adour. Celles de Biarritz suivent deux kilomètres plus loin.

Elles durent cinq jours et se tiennent désormais à la mi-juillet : du 15 au 19 juillet en 2026, du 14 au 18 juillet en 2027. La ville accueille alors plus d’un million de visiteurs cumulés. Prévoyez un hébergement plusieurs mois à l’avance et une tenue blanche avec foulard rouge.

La plaine d’Ansot et son Muséum d’histoire naturelle, gratuit, avec des passerelles au-dessus des barthes et des animaux en semi-liberté. Ajoutez le tour des remparts, le jardin botanique sur son bastion, une promenade en bateau sur l’Adour, et la patinoire ou les plages d’Anglet à dix minutes de voiture.

Parce que les familles juives portugaises et espagnoles réfugiées dans le quartier Saint-Esprit au XVIe siècle y ont introduit la fabrication du cacao, devenant les premiers chocolatiers du royaume. La réputation était établie en 1809, quand la ville figure sur la première carte gastronomique de France. Le chocolat local reste noir et peu sucré.

Mai, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre météo et affluence, avec la foire au jambon au printemps et la fête du chocolat au début de l’automne. La mi-juillet est réservée aux fêtes et à leur foule. L’hiver reste doux et permet de visiter les musées sans attente.