Un lac glaciaire encadré par les falaises du Bugey
Le lac de Nantua occupe le cœur du paysage : plan d’eau de 141 ha formé par un ancien passage glaciaire, il s’étire sur 2,7 km entre les falaises calcaires du Bugey et les premiers contreforts du Jura. Un tour du lac aménagé permet de longer ses rives sur plusieurs kilomètres, offrant des points de vue successifs sur les crêtes boisées qui l’enserrent.
Une mémoire vivante entre art roman et histoire de la Résistance
L’abbatiale Saint-Michel, élevée au XIe siècle sur les bases d’un prieuré clunisien, domine le centre-ville avec son clocher-porche et abrite une toile attribuée à Eugène Delacroix, Le Martyre de Saint Sébastien. À quelques pas, le musée départemental d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de l’Ain et du Haut-Jura occupe une ancienne prison du XIXe siècle et conserve plus de 15 000 objets sur la Seconde Guerre mondiale.
Randonnée, escalade et parapente sur les hauteurs du Bugey
Nantua est reconnue comme l’un des sites d’envol du parapente en Haut-Bugey, avec vue plongeante sur le lac et les sommets environnants. Les falaises et versants alentour se prêtent aussi à l’escalade, à la via ferrata et au canyoning, tandis que des sentiers balisés, dont la Route des Sapins, permettent de rejoindre les crêtes du massif.
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Nantua, la ville qui a donné son nom à une sauce et gardé l’âme d’un lac glaciaire
Il y a des villes que l’on découvre par leur monument, d’autres par leur paysage : Nantua, elle, se révèle par son lac. Niché à 478 m d’altitude au creux du Haut-Bugey, ce plan d’eau de 141 hectares occupe une place à part dans le massif jurassien, un vestige glaciaire dont la profondeur moyenne, proche de 43 m, en fait l’un des lacs les plus profonds de la région. Protégé comme site naturel depuis 1935, il a pourtant connu, dès 1856, d’importants travaux de drainage qui en ont réduit le niveau de plus d’un mètre, livrant à la commune des terres gagnées sur l’eau, un épisode qui a durablement façonné le tracé actuel des rives.
Avant d’être une destination de loisirs, Nantua fut un carrefour. Sa position, sur l’axe reliant Lyon aux Alpes et à la Suisse, en a fait très tôt une étape fréquentée, et son histoire religieuse en témoigne : l’abbatiale Saint-Michel, fondée au XIe siècle par un prieuré rattaché à l’ordre clunisien, domine toujours le cœur de la ville de son clocher roman. À l’intérieur, la chapelle Sainte-Anne, de style Renaissance, et l’orgue de 1845 : 42 jeux, 2 883 tuyaux, classé monument historique témoignent de siècles de vie religieuse et musicale ininterrompue. Une toile attribuée à Eugène Delacroix, représentant le martyre de saint Sébastien, y est conservée, preuve que ce petit bourg du Bugey a su, au fil du temps, attirer bien au-delà de ses frontières.
Le XXe siècle a laissé une empreinte plus sombre, que la ville a choisi de transmettre plutôt que de taire. L’ancienne prison, construite entre 1840 et 1846 à l’emplacement d’une église détruite, abrite depuis 1985 le musée départemental d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de l’Ain et du Haut-Jura. Ses cellules, restées quasiment intactes, encadrent aujourd’hui plus de 15 000 objets retraçant l’Occupation, la propagande vichyste, la presse clandestine et l’engagement des maquis du Haut-Bugey, une des collections les plus riches de France sur la période, labellisée « musée de France » depuis 2003.
Mais Nantua, c’est peut-être avant tout un nom passé à table. La sauce qui porte son nom : béchamel, crème et beurre d’écrevisses, a traversé les frontières de la gastronomie française au point de figurer dans le Guide culinaire d’Auguste Escoffier dès 1907, aux côtés des grandes sauces classiques. Servie sur des quenelles de brochet, elle demeure la signature culinaire d’une ville où l’on cuisine encore, aujourd’hui, ce plat né des eaux du lac et des écrevisses qui y vivaient.
Car l’eau reste le fil conducteur de l’expérience nantuatienne. Dès les beaux jours, les rives se couvrent de baigneurs, de voiliers et de pagayeurs, tandis que les falaises qui encerclent le lac attirent une autre communauté : celle des parapentistes, pour qui Nantua compte parmi les sites d’envol reconnus du Haut-Bugey. Entre lac et sommets, entre mémoire et gourmandise, Nantua offre un condensé rare de ce que le massif du Jura a de plus authentique à révéler, une invitation à ralentir, le temps d’un week-end ou d’une étape, au bord d’une eau qui n’a rien perdu de sa couleur émeraude.
À retenir
- Le lac de Nantua : 141 hectares, lac glaciaire, profondeur moyenne ~43 m, site naturel protégé depuis 1935.
- L’abbatiale Saint-Michel : édifice roman du XIe siècle, orgue de 1845 classé monument historique, toile attribuée à Delacroix.
- La sauce Nantua : béchamel, crème et beurre d’écrevisses, documentée dans le Guide culinaire d’Escoffier (1907), servie sur des quenelles de brochet.
- Le musée départemental de la Résistance et de la Déportation : ouvert en 1985 dans une ancienne prison (1840-1846), plus de 15 000 objets, labellisé « musée de France » depuis 2003.
- Nantua : environ 3 600 habitants, 478 m d’altitude, site reconnu pour le parapente et les activités nautiques en Haut-Bugey.
Oui, le lac de Nantua dispose de zones de baignade surveillée en saison, en plus des activités de paddle, pédalo, voile et canoë praticables directement sur ses eaux émeraude.
La sauce Nantua associe béchamel, crème et beurre d’écrevisses ; elle est documentée comme sauce classique française dans le Guide culinaire d’Auguste Escoffier dès 1907 et accompagne traditionnellement les quenelles de brochet.
L’abbatiale Saint-Michel et le musée départemental de la Résistance et de la Déportation se visitent à l’abri, et un complexe de loisirs indoor (bowling, laser game, trampoline park) se trouve à une quinzaine de kilomètres, du côté d’Oyonnax, une option pratique aussi bien par temps de pluie qu’en cas de canicule.
Installé dans une ancienne prison du XIXe siècle, ce musée départemental présente plus de 15 000 objets sur la Seconde Guerre mondiale ; son contenu, centré sur l’Occupation et la déportation, s’adresse davantage aux enfants à partir du niveau collège.
Les falaises et versants du Haut-Bugey autour du lac se prêtent à la randonnée, à l’escalade, à la via ferrata, au canyoning et au parapente, Nantua étant l’un des sites d’envol reconnus du secteur.
Le tour du lac, la visite de l’abbatiale Saint-Michel, une halte au musée départemental de la Résistance et de la Déportation, puis une dégustation de quenelles sauce Nantua composent un parcours complet sur une journée.
