Chinon

Vue de Chinon avec la Forteresse royale dominant la Vienne et un bateau traditionnel au premier plan.
Chinon et sa Forteresse royale dominant la Vienne, au cœur de la Touraine.
Une forteresse de quatre cents mètres de long sur son éperon, la Vienne au pied des toits d'ardoise, et du cabernet franc partout autour.

Chinon s’étage sur la rive droite de la Vienne, à 47 kilomètres au sud-ouest de Tours et 30 kilomètres à l’est de Saumur, et comptait 8 121 habitants au recensement de 2022. Sous-préfecture d’Indre-et-Loire, la ville est labellisée Ville d’art et d’histoire depuis 1999, une convention renouvelée le 13 juin 2025 pour dix ans, et sa vieille ville est protégée depuis 1968 : plus d’une vingtaine d’édifices y sont classés ou inscrits au titre des monuments historiques. Le site est habité depuis au moins le VIIe siècle avant notre ère, et l’éperon rocheux qui domine la rivière n’a jamais cessé d’être fortifié – une enceinte gallo-romaine occupait déjà l’emplacement de l’actuelle forteresse. Cette dernière, longue de quelque quatre cents mètres et divisée en trois ensembles, a vu mourir Henri II Plantagenêt en juillet 1189, enfermer Aliénor d’Aquitaine dès 1173, interroger Jacques de Molay et quatre dignitaires templiers durant l’été 1308, et arriver Jeanne d’Arc, reçue par le futur Charles VII le 6 mars 1429. Classée dès 1840, propriété du Conseil départemental d’Indre-et-Loire, elle accueillait 130 000 visiteurs en 2017. En contrebas, les rues médiévales convergent vers le Grand Carroi et ses maisons à pans de bois. Autour, 2 300 hectares de vignes composent l’AOC Chinon, reconnue le 31 juillet 1937 sur 26 communes. La ville appartient au Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine et au périmètre du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000.

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Quels sites naturels découvrir à Chinon et autour ?

La Vienne fait le paysage : large, lente, bordée de quais et de grèves, elle rejoint la Loire quatorze kilomètres en aval, à Candes-Saint-Martin. Sur les hauteurs, les Puys du Chinonais alignent une dizaine de buttes-témoins de tuffeau siliceux partagées avec Beaumont-en-Véron et Huismes : 127 hectares classés site Natura 2000 depuis 2007, où poussent une douzaine d’espèces d’orchidées sauvages, l’anémone pulsatille et la globulaire commune, et où l’on entend la cigale rouge en été. Au sud-est s’étend la forêt domaniale de Chinon, massif de chênes et de pins gérés par l’Office national des forêts, sillonné de routes forestières et de sentiers. À une quinzaine de kilomètres, la confluence Loire-Vienne se contemple depuis la table d’orientation qui couronne Candes-Saint-Martin, classé parmi les Plus Beaux Villages de France.

Quels monuments et musées visiter à Chinon ?

La forteresse royale, classée monument historique en 1840 et propriété du Département d’Indre-et-Loire, se visite en trois temps : le fort Saint-Georges à l’est, le château du Milieu et ses logis royaux, le fort du Coudray dont le donjon de 25 mètres conserve les graffiti gravés par les Templiers détenus en 1308. La tour de l’Horloge abrite « Marie Javelle », cloche de bronze fondue en 1399 et toujours en place. Dans la ville basse, la chapelle Sainte-Radegonde s’enfonce dans le coteau : sa nef est creusée dans le rocher au XIe ou au début du XIIe siècle, et sa peinture murale de la Chasse royale, 2,15 mètres sur 1,15, découverte en 1964 sous plusieurs couches d’enduit, a été datée au carbone 14 en 2019 du milieu du XIIe siècle – cinq cavaliers y chevauchent, dans lesquels on reconnaît probablement des Plantagenêts. La collégiale Saint-Mexme est protégée depuis 1840, en même temps que le château. Le musée le Carroi occupe la maison des États généraux, des XIVe, XVe et XVIe siècles, et conserve une hache d’apparat de l’âge du Bronze et la chape de saint Mexme, soierie islamique du XIIe siècle. À six kilomètres, à Seuilly, le musée Rabelais installé dans la maison de La Devinière est propriété du Département depuis 1948.

Que faire en plein air à Chinon ?

La voie verte Chinon – Richelieu suit une ancienne ligne de chemin de fer sur une vingtaine de kilomètres entièrement revêtus, en passant par Champigny-sur-Veude : c’est un itinéraire sans voiture, classé trois étoiles par l’AF3V, praticable en famille. Au nord, La Loire à Vélo déroule ses 900 kilomètres entre Cuffy et Saint-Brevin-les-Pins, et se rejoint par la boucle balisée n° 38, 24,3 kilomètres entre Chinon et Candes-Saint-Martin par le Véron. La forêt domaniale de Chinon et les coteaux viticoles se parcourent à pied comme à cheval, et le relief tendre du Chinonais se prête aux vols en montgolfière au lever du jour, comme aux parcours acrobatiques installés en sous-bois.

Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?

Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Chinon ?

L’AOC Chinon, reconnue par décret du 31 juillet 1937, s’étend sur 26 communes d’Indre-et-Loire et quelque 2 300 hectares, pour une production d’environ 110 000 hectolitres par an : 85 % de rouges, 13 % de rosés, 2 % de blancs. Le cépage principal est le cabernet franc, appelé ici « breton » parce qu’il est remonté la Loire depuis le port de Nantes — Rabelais évoquait déjà ce « bon vin breton » en 1534 en précisant qu’il venait du Véron. Les blancs sont issus du chenin. Trois familles de sols se partagent l’aire : terrasses de graviers le long de la Vienne et de la Loire, coteaux de tuffeau, plateaux d’argile à silex, et cette géologie s’entend dans les verres. Le marché hebdomadaire se tient le jeudi, place Jeanne-d’Arc, et le marché médiéval investit le centre historique le premier samedi d’août, en accès libre.

Quels hébergements de charme à Chinon ?

La ville basse aligne des maisons de tuffeau blanc, des hôtels particuliers et des logis médiévaux reconvertis en chambres d’hôtes, souvent à quelques centaines de mètres de la montée du château, ce qui permet de retrouver les ruelles éclairées après la fermeture de la forteresse. Les quais de la Vienne offrent des adresses avec vue sur l’eau et sur les remparts. Autour, les propriétés viticoles du Chinonais et les villages de Candes-Saint-Martin et de Fontevraud-l’Abbaye abritent des demeures anciennes, à un quart d’heure de route.

Que manger à Chinon ?

Le répertoire chinonais est charcutier, boulanger et fromager. Les rillons, cubes de poitrine de porc confits, et les rillettes de Tours, cuites jusqu’à brunir et protégées par une IGP depuis 2013, ouvrent la plupart des repas. Vient ensuite la fouace, ce pain rond cuit au four à bois dont le vol par les bergers de Seuilly déclenche la guerre picrocholine dans Gargantua : on la retrouve aujourd’hui sous forme de fouées, que l’on ouvre chaudes pour les garnir de rillettes ou de fromage de chèvre frais. Le sainte-maure-de-touraine, bûche cendrée traversée d’une paille de seigle, est en AOC depuis 1990. Les rouges de cabernet franc de l’appellation, souples sur graviers et taillés pour la garde sur tuffeau, accompagnent l’ensemble.

Vos questions avant de partir à Chinon

Avant de réserver, les visiteurs butent presque tous sur les mêmes arbitrages : combien de temps consacrer à la forteresse, comment venir depuis Tours, que faire avec des enfants, et où goûter les vins de l’appellation. Voici de quoi organiser votre journée.

Comptez deux à trois heures. Le site s’étire sur quelque quatre cents mètres et se parcourt en trois séquences : le fort Saint-Georges et son accueil, le château du Milieu avec les logis royaux et la tour de l’Horloge, puis le fort du Coudray et son donjon de 25 mètres, où se voient les graffiti des Templiers détenus en 1308. Les chemins de ronde offrent la vue sur la Vienne.

Chinon se trouve à 47 kilomètres au sud-ouest de Tours. La ligne TER Tours – Chinon dessert la gare, en centre-ville, en une cinquantaine de minutes ; en voiture, l’accès se fait par la D751 puis la D751E, ou par l’A85 en venant de l’est.

La forteresse royale et ses dispositifs de visite, la chapelle troglodytique Sainte-Radegonde creusée dans le coteau, la descente de la Vienne en canoë, une navigation en bateau traditionnel à fond plat au pied du château, et la voie verte vers Richelieu, sans voiture sur une vingtaine de kilomètres. Le marché médiéval du premier samedi d’août est conçu pour les familles.

L’appellation couvre 26 communes et environ 2 300 hectares autour de la ville, de Beaumont-en-Véron à Cravant-les-Côteaux. Les caves de dégustation sont majoritairement creusées dans le tuffeau des coteaux, ce qui explique la fraîcheur constante des lieux. Le cabernet franc y donne des rouges souples sur les terrasses de graviers, plus structurés sur les sols de tuffeau.

Le musée Rabelais de La Devinière à Seuilly, les Puys du Chinonais et leurs pelouses à orchidées, le village de Candes-Saint-Martin à la confluence de la Loire et de la Vienne, le Musée du Véron à Savigny-en-Véron, l’abbaye royale de Fontevraud et ses quatre gisants Plantagenêt, et le château du Rivau à Lémeré avec ses jardins.

Mai et juin pour le vélo, les Puys en fleurs et les terrasses de la ville basse. Début août pour le marché médiéval, début juin pour Chinon en Jazz. Septembre reste la meilleure fenêtre pour visiter sans affluence, au moment des vendanges.