Une ville posée entre deux rivières, un tombeau qui attire des pèlerins depuis seize siècles, et des maisons à pans de bois qui n'ont pas bougé depuis le XVe.

Tours occupe la langue de terre comprise entre la Loire et le Cher, à l’endroit où les deux cours d’eau se rapprochent à moins de trois kilomètres l’un de l’autre. Préfecture d’Indre-et-Loire, la ville comptait 139 259 habitants en 2023 et rassemble 526 370 personnes dans son aire d’attraction, la quinzième de France. Ses habitants se disent tourangeaux, du nom de la Touraine que Rabelais appelait déjà « le jardin de la France » – une formule attestée dès 1477 sous la plume de l’humaniste italien Francesco Florio, et que l’écrivain a seulement popularisée en français. La ville s’appelait Caesarodunum sous les Romains et s’étendait alors sur environ 80 hectares ; son amphithéâtre, agrandi au IIe siècle, mesurait 156 mètres sur 134 et pouvait accueillir 34 000 spectateurs, ce qui en faisait l’un des plus vastes de l’Empire. Mais c’est un homme qui a fait la ville : Martin, élu évêque de Tours en 371, mort le 8 novembre 397 à Candes et inhumé ici le 11 novembre – une date devenue sa fête. Son tombeau attire les pèlerins depuis le Ve siècle, et le concile de Chalon plaçait en 813 le sanctuaire tourangeau au même rang que Rome. Ville d’art et d’histoire depuis 1988, site patrimonial remarquable depuis 2016, Tours est inscrite au périmètre du Val de Loire classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000, et porte depuis juin 2013 le label de Cité internationale de la gastronomie.

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Quels espaces naturels découvrir à Tours ?

Le jardin botanique, créé en 1843 sur un ancien bras comblé et étendu sur 5,9 hectares, est le plus ancien jardin public de la ville : entrée gratuite, arboretum de plus de 150 genres et espèces, serres de collection et parc animalier où cohabitent wallabies, émeus et flamants du Chili. Le jardin des Prébendes d’Oé, ouvert au public au printemps 1874 sur cinq hectares dessinés par le paysagiste Eugène Bühler, aligne sept séquoias géants de cent cinquante ans qui culminent à 35 mètres, parmi les plus hauts de France ; il est labellisé Jardin remarquable depuis 2004. En plein centre, l’île Simon offre 3,9 hectares de prairie au milieu de la Loire, accessible à pied par le pont Napoléon, avec vue sur un fleuve inscrit au patrimoine mondial. Au sud, le lac de la Bergeonnerie et son vallon, refuge de la Ligue pour la protection des oiseaux depuis 2022, prolongent la promenade côté Cher.

Quels monuments et musées visiter à Tours ?

La cathédrale Saint-Gatien a demandé 377 ans de chantier, de 1170 à 1547 : elle passe du gothique primitif à la dentelle flamboyante, ses tours montent à 68 et 69 mètres, ses vitraux du XIIIe siècle comptent parmi les plus beaux ensembles conservés en Europe, et elle abrite le tombeau de marbre des enfants de Charles VIII. Le cloître de la Psalette, classé en 1889 et géré par le Centre des monuments nationaux, la prolonge au nord. Plus à l’ouest, la basilique Saint-Martin, élevée par Victor Laloux à partir de 1886-1887 dans un style romano-byzantin, coiffe d’un dôme de 51 mètres la crypte où repose saint Martin, dont le tombeau fut redécouvert en 1860 sous une maison particulière. De l’ancienne collégiale médiévale ne subsistent que deux tours isolées dans le tissu urbain : la tour Charlemagne, 48 mètres, dont la moitié sud s’est effondrée en 1928 avant d’être reconstruite de 1962 à 1964, et la tour de l’Horloge, toutes deux classées en 1840. Côté musées, le musée des Beaux-Arts occupe l’ancien palais des archevêques et conserve environ 18 000 œuvres — Mantegna, Rembrandt, Delacroix — dans un jardin planté d’un cèdre du Liban de 1804, haut de 31 mètres. Le muséum d’histoire naturelle présente depuis 2006 un vivarium de 200 mètres carrés. Le musée du Compagnonnage, installé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien, documente une pratique inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010. Le CCC OD, ouvert le 10 mars 2017 place François-Ier, consacre 1 900 mètres carrés à la création contemporaine. Le château de Tours et l’hôtel Goüin, bâti vers 1490, accueillent les expositions temporaires.

Quelles activités nautiques pratiquer à Tours ?

La Loire se navigue au départ des quais tourangeaux à bord des bateaux traditionnels de la batellerie ligérienne : toues cabanées et gabares à fond plat, conçues pour un fleuve peu profond et changeant, avec des sorties commentées sur les îles, les grèves et les oiseaux. Le Cher, au sud, offre des parcours de canoë et de paddle plus intimes, sur une rivière calme bordée de peupliers. Les plans d’eau de l’agglomération et les bases nautiques des communes voisines complètent l’offre pour la voile légère et l’aviron.

Que faire en plein air à Tours ?

La Loire à Vélo traverse la ville : cet itinéraire de 900 kilomètres, qui relie Cuffy à Saint-Brevin-les-Pins et forme une section de l’EuroVelo 6, longe ici le fleuve sur des chemins plats et séparés de la circulation. Tours dispose de 150 kilomètres d’aménagements cyclables et de 10 000 places de stationnement vélo, avec un schéma visant 1 000 kilomètres à l’horizon 2030. De la ville, on rejoint Villandry en une vingtaine de kilomètres, Montlouis-sur-Loire en douze et Vouvray en dix, presque toujours à plat. Le pont Wilson, construit de 1765 à 1778 et fermé aux voitures depuis l’été 2020, se traverse à pied ou à vélo sur ses 434 mètres et ses quinze arches. Autour, les coteaux de la Loire et les vallées du Cher et de l’Indre se prêtent aux vols en montgolfière au lever du jour, à la randonnée équestre et aux parcours acrobatiques en forêt.

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Quels hébergements de charme à Tours ?

Le vieux Tours et ses maisons à pans de bois concentrent les adresses de caractère, à quelques rues de la place Plumereau et de la cathédrale. Le quartier de la gare, dominé par le bâtiment que Victor Laloux a élevé de 1896 à 1898, aligne des hôtels d’époque à cinq minutes des quais TGV. Plus loin, la campagne tourangelle abrite des manoirs de tuffeau et des maisons de maître entourées de parcs, dans les villages viticoles de Vouvray et de Montlouis-sur-Loire et le long de la Loire vers Luynes et Langeais.

Que manger à Tours ?

Le répertoire tourangeau commence par les rillettes de Tours, cuites longuement à découvert jusqu’à brunir, protégées par une indication géographique protégée depuis novembre 2013, et par les rillons, ces cubes de poitrine de porc confits que l’on sert tièdes. Suivent les fouées, petits pains soufflés au four à bois que l’on ouvre encore chauds pour les garnir, et le sainte-maure-de-touraine, bûche de chèvre cendrée traversée d’une paille de seigle gravée du nom du producteur, en AOC depuis 1990. Pour le dessert, le nougat de Tours associe pâte sucrée, macaronade d’amande, fruits confits et confiture d’abricot : la recette est documentée dans un ouvrage de 1865 et a été relancée dans les années 1970 après un long oubli. Les chenins secs de Vouvray et de Montlouis ouvrent le repas, le rosé de Noble-Joué l’accompagne l’été.

Vos questions avant de partir à Tours

Ceux qui préparent une escale tourangelle posent presque toujours les mêmes questions : combien de jours prévoir, que voir en une journée, où sortir le soir, comment rejoindre les châteaux sans voiture. Voici de quoi construire votre programme.

Commencez par la cathédrale Saint-Gatien, ses vitraux du XIIIe siècle et le cloître de la Psalette, puis traversez le vieux Tours jusqu’à la place Plumereau et ses maisons à pans de bois. Poursuivez par la tour Charlemagne et la basilique Saint-Martin, dont la crypte abrite le tombeau du saint. Terminez au musée des Beaux-Arts, dans l’ancien palais des archevêques, ou sur les bords de Loire au coucher du soleil.

Deux jours pour la ville seule : une journée pour le centre historique et les monuments, une seconde pour les musées, les jardins et les quais. Comptez trois à quatre jours si vous en faites votre base pour rayonner vers les châteaux, ce que la position de la ville et ses liaisons ferroviaires permettent facilement.

Le jardin botanique et son parc animalier, en accès gratuit, avec ses wallabies, ses émeus et ses flamants du Chili ; le vivarium du muséum d’histoire naturelle, 200 mètres carrés de reptiles et d’amphibiens ; l’île Simon, au milieu de la Loire, et ses aires de jeux ; une descente du Cher en canoë ; et une navigation en bateau traditionnel à fond plat sur la Loire.

Oui. La Loire à Vélo et ses boucles relient Tours à Villandry, à Langeais et à Savonnières par des itinéraires plats et séparés de la circulation, sur des étapes de 15 à 20 kilomètres. Le TER dessert Amboise, Langeais, Azay-le-Rideau et Chinon depuis la gare de Tours, ce qui permet d’associer train et vélo sur la même journée.

Les jardins Renaissance de Villandry à 16 kilomètres, les caves troglodytiques de Vouvray à 10 kilomètres et de Montlouis-sur-Loire à 12, les grottes creusées dans le tuffeau à Savonnières à 15 kilomètres, le donjon de Montbazon élevé vers l’an mille par Foulques Nerra, le prieuré Saint-Cosme où Ronsard est enterré, à La Riche, et le château de Langeais à une vingtaine de kilomètres en aval.

Vitiloire fin mai, organisé par la Ville avec environ 140 vignerons ligériens en entrée libre ; Aucard de Tours mi-juin sous chapiteau à la Gloriette ; Terres du Son en juillet au domaine de Candé, à Monts ; Rayons Frais dans l’espace public l’été ; et la Foire de Tours au début du mois de mai, qui attire 390 000 visiteurs.