Quels espaces naturels découvrir à Tours ?
Le jardin botanique, créé en 1843 sur un ancien bras comblé et étendu sur 5,9 hectares, est le plus ancien jardin public de la ville : entrée gratuite, arboretum de plus de 150 genres et espèces, serres de collection et parc animalier où cohabitent wallabies, émeus et flamants du Chili. Le jardin des Prébendes d’Oé, ouvert au public au printemps 1874 sur cinq hectares dessinés par le paysagiste Eugène Bühler, aligne sept séquoias géants de cent cinquante ans qui culminent à 35 mètres, parmi les plus hauts de France ; il est labellisé Jardin remarquable depuis 2004. En plein centre, l’île Simon offre 3,9 hectares de prairie au milieu de la Loire, accessible à pied par le pont Napoléon, avec vue sur un fleuve inscrit au patrimoine mondial. Au sud, le lac de la Bergeonnerie et son vallon, refuge de la Ligue pour la protection des oiseaux depuis 2022, prolongent la promenade côté Cher.
Quels monuments et musées visiter à Tours ?
La cathédrale Saint-Gatien a demandé 377 ans de chantier, de 1170 à 1547 : elle passe du gothique primitif à la dentelle flamboyante, ses tours montent à 68 et 69 mètres, ses vitraux du XIIIe siècle comptent parmi les plus beaux ensembles conservés en Europe, et elle abrite le tombeau de marbre des enfants de Charles VIII. Le cloître de la Psalette, classé en 1889 et géré par le Centre des monuments nationaux, la prolonge au nord. Plus à l’ouest, la basilique Saint-Martin, élevée par Victor Laloux à partir de 1886-1887 dans un style romano-byzantin, coiffe d’un dôme de 51 mètres la crypte où repose saint Martin, dont le tombeau fut redécouvert en 1860 sous une maison particulière. De l’ancienne collégiale médiévale ne subsistent que deux tours isolées dans le tissu urbain : la tour Charlemagne, 48 mètres, dont la moitié sud s’est effondrée en 1928 avant d’être reconstruite de 1962 à 1964, et la tour de l’Horloge, toutes deux classées en 1840. Côté musées, le musée des Beaux-Arts occupe l’ancien palais des archevêques et conserve environ 18 000 œuvres — Mantegna, Rembrandt, Delacroix — dans un jardin planté d’un cèdre du Liban de 1804, haut de 31 mètres. Le muséum d’histoire naturelle présente depuis 2006 un vivarium de 200 mètres carrés. Le musée du Compagnonnage, installé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien, documente une pratique inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010. Le CCC OD, ouvert le 10 mars 2017 place François-Ier, consacre 1 900 mètres carrés à la création contemporaine. Le château de Tours et l’hôtel Goüin, bâti vers 1490, accueillent les expositions temporaires.
Quelles activités nautiques pratiquer à Tours ?
La Loire se navigue au départ des quais tourangeaux à bord des bateaux traditionnels de la batellerie ligérienne : toues cabanées et gabares à fond plat, conçues pour un fleuve peu profond et changeant, avec des sorties commentées sur les îles, les grèves et les oiseaux. Le Cher, au sud, offre des parcours de canoë et de paddle plus intimes, sur une rivière calme bordée de peupliers. Les plans d’eau de l’agglomération et les bases nautiques des communes voisines complètent l’offre pour la voile légère et l’aviron.
Que faire en plein air à Tours ?
La Loire à Vélo traverse la ville : cet itinéraire de 900 kilomètres, qui relie Cuffy à Saint-Brevin-les-Pins et forme une section de l’EuroVelo 6, longe ici le fleuve sur des chemins plats et séparés de la circulation. Tours dispose de 150 kilomètres d’aménagements cyclables et de 10 000 places de stationnement vélo, avec un schéma visant 1 000 kilomètres à l’horizon 2030. De la ville, on rejoint Villandry en une vingtaine de kilomètres, Montlouis-sur-Loire en douze et Vouvray en dix, presque toujours à plat. Le pont Wilson, construit de 1765 à 1778 et fermé aux voitures depuis l’été 2020, se traverse à pied ou à vélo sur ses 434 mètres et ses quinze arches. Autour, les coteaux de la Loire et les vallées du Cher et de l’Indre se prêtent aux vols en montgolfière au lever du jour, à la randonnée équestre et aux parcours acrobatiques en forêt.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Quels hébergements de charme à Tours ?
Le vieux Tours et ses maisons à pans de bois concentrent les adresses de caractère, à quelques rues de la place Plumereau et de la cathédrale. Le quartier de la gare, dominé par le bâtiment que Victor Laloux a élevé de 1896 à 1898, aligne des hôtels d’époque à cinq minutes des quais TGV. Plus loin, la campagne tourangelle abrite des manoirs de tuffeau et des maisons de maître entourées de parcs, dans les villages viticoles de Vouvray et de Montlouis-sur-Loire et le long de la Loire vers Luynes et Langeais.
Que manger à Tours ?
Le répertoire tourangeau commence par les rillettes de Tours, cuites longuement à découvert jusqu’à brunir, protégées par une indication géographique protégée depuis novembre 2013, et par les rillons, ces cubes de poitrine de porc confits que l’on sert tièdes. Suivent les fouées, petits pains soufflés au four à bois que l’on ouvre encore chauds pour les garnir, et le sainte-maure-de-touraine, bûche de chèvre cendrée traversée d’une paille de seigle gravée du nom du producteur, en AOC depuis 1990. Pour le dessert, le nougat de Tours associe pâte sucrée, macaronade d’amande, fruits confits et confiture d’abricot : la recette est documentée dans un ouvrage de 1865 et a été relancée dans les années 1970 après un long oubli. Les chenins secs de Vouvray et de Montlouis ouvrent le repas, le rosé de Noble-Joué l’accompagne l’été.
Tours, seize siècles entre Loire et Cher
De Caesarodunum à la ville de saint Martin. Tours naît romaine, sous le nom de Caesarodunum, et devient capitale de la Gaule lyonnaise au début du IVe siècle. Elle s’étend alors sur quelque 80 hectares et se dote d’un amphithéâtre considérable : agrandi dans la seconde moitié du IIe siècle, il mesure 156 mètres sur 134 et peut recevoir 34 000 spectateurs. Vers 350, il est intégré au rempart défensif de la cité — et c’est ainsi qu’il a survécu. Ses vestiges dorment aujourd’hui sous les maisons du quartier de la cathédrale et ne se visitent pas, mais le tracé des rues en épouse encore la courbe : promenez-vous rue Manceau et vous suivez l’ovale de l’arène sans le savoir. La ville bascule ensuite dans une autre histoire, celle de Martin, soldat romain devenu moine, élu évêque en 371 et fondateur de l’ermitage de Marmoutier. Il meurt le 8 novembre 397 à Candes, sur la Vienne, et son corps remonte le fleuve jusqu’à Tours, où il est inhumé le 11 novembre. Le tombeau devient l’un des grands pèlerinages de la chrétienté ; en 813, le concile de Chalon le met sur le même rang que Rome. Grégoire de Tours, évêque au VIe siècle, écrit ici ses Dix Livres d’histoire, première grande chronique des Francs.
Cent ans de cour royale. Entre 1430 et 1530 environ, les rois de France vivent en Touraine plus qu’à Paris, et Tours devient de fait le centre du royaume. Jeanne d’Arc y séjourne au printemps 1429 pour préparer l’expédition d’Orléans. Louis XI accorde à la ville ses privilèges municipaux en 1461, y installe l’industrie de la soie en 1470 – Tours devance alors Lyon pendant près d’un siècle – et meurt le 30 août 1483 au château de Plessis-lèz-Tours, à La Riche, dont subsiste un corps de logis. Ronsard, un peu plus tard, est prieur de Saint-Cosme de 1565 à 1585 : il y meurt et y est enterré, et le prieuré, propriété du Département d’Indre-et-Loire, se visite aujourd’hui avec ses douze espaces-jardins et ses vitraux contemporains de Zao Wou-Ki. La cour repart définitivement pour Paris avec François Ier en 1519, mais la ville garde de ce siècle et demi ses maisons à pans de bois, ses hôtels particuliers et un tissu urbain que l’on parcourt encore à pied autour de la place Plumereau, ancien cœur du bourg de Châteauneuf.
Une ville reconstruite deux fois. Le XXe siècle a failli tout emporter. Du 18 au 20 juin 1940, un incendie déclenché par les bombardements ravage le centre-ville ; les bombardements alliés de 1944 achèvent le travail. Dans ce même mois de juin 1940, Tours devient pour quatre jours le siège provisoire du gouvernement français : le président Albert Lebrun s’installe au château de Cangé, à Saint-Avertin, où se tiennent les conseils des ministres des 12 et 13 juin, et Churchill rencontre Paul Reynaud à la préfecture le 13. Le 14, Paris tombe et le gouvernement part pour Bordeaux. La reconstruction des années 1950 redessine la rue Nationale en damier, en tuffeau blanc et ardoise, dans un dialogue assumé avec la ville ancienne. Le résultat se lit encore : d’un côté les ruelles médiévales du vieux Tours, site patrimonial remarquable depuis 2016 ; de l’autre les perspectives ordonnées de la Reconstruction. Aujourd’hui, plus de 140 édifices sont protégés au titre des monuments historiques sur la commune, et la ligne A du tramway, mise en service le 31 août 2013 sur 14,8 kilomètres et 29 stations, avec son habillage conçu par Daniel Buren, transporte plus de 18 millions de voyageurs par an.
Une ville qui se goûte et qui sort. Tours vit dehors dès que la saison le permet. Vitiloire, organisé par la Ville fin mai sur le boulevard Heurteloup et dans les jardins de la Préfecture, réunit environ 140 vignerons ligériens en entrée libre. Mi-juin, Aucard de Tours plante son chapiteau à la Gloriette, sous la houlette de la radio associative Radio Béton. En juillet, le festival Terres du Son investit le domaine de Candé, à Monts, où il a accueilli jusqu’à 62 000 festivaliers en 2023, et Rayons Frais porte la création dans l’espace public. La Foire de Tours occupe dix jours du début mai au parc des expositions, avec 390 000 entrées. En septembre, Jazz en Touraine s’installe à Montlouis-sur-Loire depuis 1987. Le reste de l’année, la ville se raconte par ses tables : le label de Cité internationale de la gastronomie, obtenu en juin 2013, y est adossé à un centre de recherche sur l’alimentation, et les guinguettes qui s’installent sur les quais l’été rappellent que la Loire fut d’abord une voie de commerce et de fête. Pour composer votre séjour, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Tours et de son agglomération.
À retenir
- Préfecture d’Indre-et-Loire, 139 259 habitants (2023), 526 370 dans l’aire d’attraction, quinzième de France. Gentilé : les Tourangeaux.
- Ville d’art et d’histoire depuis 1988, site patrimonial remarquable depuis 2016, dans le Val de Loire inscrit à l’UNESCO en 2000. Cité internationale de la gastronomie depuis juin 2013. Plus de 140 édifices protégés au titre des monuments historiques.
- Caesarodunum : ville gallo-romaine d’environ 80 hectares ; amphithéâtre de 156 × 134 m, 34 000 spectateurs au IIe siècle, aujourd’hui enfoui et non visitable.
- Saint Martin, évêque en 371, mort le 8 novembre 397 à Candes, inhumé à Tours le 11 novembre ; tombeau visible dans la crypte de la basilique élevée par Victor Laloux à partir de 1886-1887, dôme à 51 mètres.
- Cathédrale Saint-Gatien : chantier de 1170 à 1547, tours de 68 et 69 mètres, vitraux du XIIIe siècle, tombeau des enfants de Charles VIII. Classée en 1862.
- Tour Charlemagne (48 m) et tour de l’Horloge, vestiges de l’ancienne collégiale Saint-Martin, classées en 1840.
- Musée des Beaux-Arts : environ 18 000 œuvres, cèdre du Liban planté en 1804 et haut de 31 mètres. CCC OD ouvert le 10 mars 2017, 1 900 m² d’exposition. Musée du Compagnonnage : pratique inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2010.
- Pont Wilson : 434 mètres, 15 arches, construit de 1765 à 1778, sans voitures depuis 2020.
- Jardin botanique créé en 1843, 5,9 hectares, entrée gratuite. Prébendes d’Oé : cinq hectares, ouverts en 1874, sept séquoias de 35 mètres.
- Terroir : rillettes de Tours IGP (2013), sainte-maure-de-touraine AOC (1990), nougat de Tours, AOC Vouvray (1936, 2 200 ha), Montlouis-sur-Loire (450 ha), Touraine Noble-Joué (2001, 28 ha, 5 vignerons).
- La Loire à Vélo (900 km) traverse la ville ; 150 km d’aménagements cyclables et 10 000 stationnements vélo. Tramway ligne A depuis le 31 août 2013, 14,8 km, 29 stations.
Vos questions avant de partir à Tours
Ceux qui préparent une escale tourangelle posent presque toujours les mêmes questions : combien de jours prévoir, que voir en une journée, où sortir le soir, comment rejoindre les châteaux sans voiture. Voici de quoi construire votre programme.
Commencez par la cathédrale Saint-Gatien, ses vitraux du XIIIe siècle et le cloître de la Psalette, puis traversez le vieux Tours jusqu’à la place Plumereau et ses maisons à pans de bois. Poursuivez par la tour Charlemagne et la basilique Saint-Martin, dont la crypte abrite le tombeau du saint. Terminez au musée des Beaux-Arts, dans l’ancien palais des archevêques, ou sur les bords de Loire au coucher du soleil.
Deux jours pour la ville seule : une journée pour le centre historique et les monuments, une seconde pour les musées, les jardins et les quais. Comptez trois à quatre jours si vous en faites votre base pour rayonner vers les châteaux, ce que la position de la ville et ses liaisons ferroviaires permettent facilement.
Le jardin botanique et son parc animalier, en accès gratuit, avec ses wallabies, ses émeus et ses flamants du Chili ; le vivarium du muséum d’histoire naturelle, 200 mètres carrés de reptiles et d’amphibiens ; l’île Simon, au milieu de la Loire, et ses aires de jeux ; une descente du Cher en canoë ; et une navigation en bateau traditionnel à fond plat sur la Loire.
Oui. La Loire à Vélo et ses boucles relient Tours à Villandry, à Langeais et à Savonnières par des itinéraires plats et séparés de la circulation, sur des étapes de 15 à 20 kilomètres. Le TER dessert Amboise, Langeais, Azay-le-Rideau et Chinon depuis la gare de Tours, ce qui permet d’associer train et vélo sur la même journée.
Les jardins Renaissance de Villandry à 16 kilomètres, les caves troglodytiques de Vouvray à 10 kilomètres et de Montlouis-sur-Loire à 12, les grottes creusées dans le tuffeau à Savonnières à 15 kilomètres, le donjon de Montbazon élevé vers l’an mille par Foulques Nerra, le prieuré Saint-Cosme où Ronsard est enterré, à La Riche, et le château de Langeais à une vingtaine de kilomètres en aval.
Vitiloire fin mai, organisé par la Ville avec environ 140 vignerons ligériens en entrée libre ; Aucard de Tours mi-juin sous chapiteau à la Gloriette ; Terres du Son en juillet au domaine de Candé, à Monts ; Rayons Frais dans l’espace public l’été ; et la Foire de Tours au début du mois de mai, qui attire 390 000 visiteurs.