Langeais

Vue aérienne de Langeais en Indre-et-Loire, avec le château au centre, l’église et les toits de la ville entourés de verdure.
Langeais, dominée par son château médiéval
Un pont-levis que l'on abaisse encore chaque matin, et derrière lui les ruines du plus vieux donjon de pierre de France.

Langeais s’étire sur la rive droite de la Loire, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Tours, et comptait 4 370 habitants au recensement de 2022 sur un territoire de 64,55 kilomètres carrés depuis la fusion avec Les Essards, au 1er janvier 2017. Ses habitants sont les Langeaisiens. Grégoire de Tours mentionne le lieu sous le nom d’Alingavia, et la paroisse figure parmi les premières fondées en Touraine par Martin de Tours, dans le dernier quart du IVe siècle. L’histoire s’accélère en 994, quand Foulques Nerra, comte d’Anjou, s’empare du promontoire et y bâtit un donjon de pierre dont les vestiges se dressent toujours dans le parc du château : c’est l’un des tout premiers de ce type en France, et le plus ancien encore debout. Cinq siècles plus tard, en 1465, Louis XI ordonne la reconstruction de la forteresse, confiée à Jean Bourré et Jean Briçonnet ; le chantier s’achève en 1469. Le 6 décembre 1491, dans la plus grande discrétion, Charles VIII y épouse Anne de Bretagne, âgée de quatorze ans : ce mariage met fin à l’indépendance du duché de Bretagne. Racheté en 1886 par le banquier Jacques Siegfried, qui le restaure pendant vingt ans et le meuble, le château est légué à l’Institut de France en 1904. Il conserve quinze salles meublées et, dans la salle des Preux, sept des neuf tapisseries subsistantes de la tenture du même nom, l’ensemble le plus complet au monde. La commune est classée deux fleurs au label Villes et villages fleuris.

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Quels sites naturels découvrir à Langeais et autour ?

La Loire borde la commune sur près de trois kilomètres, avec ses bancs de sable mobiles, ses saulaies et ses îles que l’on observe depuis la levée ou depuis le tablier du pont suspendu. Le Val de Loire est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, et Langeais appartient au Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, ce qui explique la densité des haies, des vergers et des coteaux de tuffeau qui dominent le fleuve. Au nord, le bois de Crémille et les forêts de Gâtine offrent des sentiers ombragés à l’écart du fleuve. À une vingtaine de kilomètres au nord-ouest, le lac de Rillé, retenue de 200 hectares créée en 1977 sur le Lathan, constitue l’un des sites ornithologiques majeurs du département et un espace naturel sensible d’Indre-et-Loire.

Quels châteaux et monuments visiter à Langeais ?

Le château de Langeais se visite pour trois choses que l’on ne trouve pas ailleurs : son pont-levis, l’un des derniers encore en fonctionnement en France, abaissé chaque matin à l’ouverture ; ses quinze salles meublées d’un mobilier médiéval et de tapisseries des XVe et XVIe siècles, dont sept pièces de la tenture des Preux ; et, dans le parc, les vestiges du donjon élevé par Foulques Nerra en 994. L’église Saint-Jean-Baptiste, dont les parties les plus anciennes remontent aux XIe et XIIe siècles, complète la visite du bourg, où subsistent des maisons anciennes en pan de bois. À l’est, sur la commune de Cinq-Mars-la-Pile, la pile gallo-romaine de 29,60 mètres, soit cent pieds romains, se dresse depuis la fin du IIe siècle : classée monument historique dès 1840, elle appartient au département d’Indre-et-Loire et sa face sud porte douze panneaux décoratifs uniques en France. Ajoutez, dans le rayon des vingt kilomètres, les jardins Renaissance de Villandry à 9,8 km, le château d’Azay-le-Rideau à 10 km, celui d’Ussé à Rigny-Ussé à 13,7 km, l’église Saint-Étienne du Vieux Bourg à Saint-Étienne-de-Chigny, rebâtie entre 1542 et 1543 pour Jean Binet, seigneur d’Andigny, et le château de Champchevrier à Cléré-les-Pins, habité par la même famille depuis trois siècles.

Que faire en plein air à Langeais ?

La Loire à Vélo traverse la commune, et le pont suspendu de Langeais est l’un des rares points de franchissement du fleuve entre Tours et Saumur : de quoi composer des boucles d’une rive à l’autre, vers Villandry en amont ou vers Bourgueil en aval. Les circuits balisés du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine relient les villages de la levée, Saint-Étienne-de-Chigny, Cinq-Mars-la-Pile et Bréhémont, sur un relief presque plat qui convient aux familles. À pied, les sentiers montent sur les coteaux de tuffeau pour redescendre vers le fleuve par les anciens chemins de vignes. Le parc du château, planté de cèdres et de séquoias, propose une cabane perchée dans un cèdre centenaire, un échafaudage médiéval reconstitué et un belvédère sur la vallée : c’est l’aire de jeu la plus originale du secteur.

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Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Langeais ?

Le marché du dimanche matin reste le meilleur point d’entrée dans le terroir local : fromages de chèvre de Touraine, volailles fermières, fruits des vergers de la levée, pain cuit au bois. Les coteaux qui font face à Langeais, sur l’autre rive, portent les vignobles de Bourgueil et de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, à une quinzaine de kilomètres, où le cabernet franc donne des rouges de garde souvent élevés en cave de tuffeau. Langeais a longtemps vécu d’autre chose : au début du XXe siècle, la ville produisait des briques réfractaires, de la faïence, des cordages, des boutons et travaillait le cuir dans ses tanneries. Les ateliers d’artisans installés dans le bourg et les villages voisins perpétuent, sur un autre registre, cette tradition de la main.

Quels hébergements de charme à Langeais ?

Le bourg conserve des maisons de tuffeau et des demeures anciennes converties en hôtels et chambres d’hôtes, à quelques pas du pont-levis, ce qui permet d’être devant la grille du château à l’ouverture et de retrouver le soir une petite ville rendue au calme. Autour, la levée de la Loire et les coteaux abritent des logis, des manoirs et des fermes restaurées entourés de parcs, souvent avec vue sur le fleuve. Vers Villandry, Cinq-Mars-la-Pile et Bourgueil, les hébergements de caractère s’installent dans le bâti ancien des villages, à une quinzaine de kilomètres du centre.

Que manger à Langeais ?

La table tourangelle donne le ton : rillons et rillettes de Tours en entrée, fouées sorties du four à bois que l’on ouvre encore chaudes pour les garnir, et sainte-maure-de-touraine, bûche de chèvre cendrée traversée d’une paille de seigle, en AOC depuis 1990. Le sandre et l’anguille de Loire figurent encore sur les cartes des bords de fleuve, souvent servis au beurre blanc. Pour accompagner, les rouges de cabernet franc de Bourgueil et de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, produits sur l’autre rive à une quinzaine de kilomètres, et les blancs de chenin de Touraine. En dessert, la tarte Tatin et le poirat tourangeau font consensus.

Vos questions avant de partir à Langeais

Avant de réserver, les visiteurs veulent surtout savoir combien de temps prévoir pour le château, ce qui distingue Langeais des autres châteaux de la Loire, comment venir depuis Tours et ce que l’on peut voir alentour sans faire de route. Voici de quoi organiser votre journée.

Comptez deux heures pour l’ensemble. Une heure à une heure et demie pour les quinze salles meublées, la salle des Preux et ses tapisseries et la scène de cire du mariage de 1491, puis une trentaine de minutes dans le parc, entre les vestiges du donjon de 994, la cabane perchée dans le cèdre et le belvédère sur la Loire.

Trois éléments : les vestiges du donjon élevé par Foulques Nerra en 994, l’un des plus anciens donjons de pierre conservés en France ; un pont-levis toujours en fonctionnement, abaissé chaque matin ; et la salle des Preux, qui réunit sept des neuf tapisseries subsistantes de cette tenture du XVIe siècle, le plus grand ensemble connu.

Langeais se trouve à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Tours. La ville dispose d’une gare desservie par le TER sur la ligne Tours – Saumur, à quelques minutes à pied du château. En voiture, l’accès se fait par l’A85 ou par la route de la levée qui longe la Loire. À vélo, l’itinéraire La Loire à Vélo relie Tours à Langeais le long du fleuve.

Le parc du château et sa cabane perchée dans un cèdre centenaire, l’échafaudage médiéval reconstitué qui montre comment on bâtissait au Moyen Âge, les animations estivales du château, la navigation en bateau traditionnel sur la Loire et les boucles à vélo sans dénivelé entre les villages de la levée.

La pile gallo-romaine de Cinq-Mars, haute de 29,60 mètres, les jardins de Villandry à 9,8 km, le château d’Azay-le-Rideau à 10 km, celui d’Ussé à 13,7 km, le vieux bourg et l’église de Saint-Étienne-de-Chigny, le port marinier de Bréhémont et le lac de Rillé, plan d’eau de 200 hectares réputé pour ses oiseaux.

Oui. Le pont suspendu de Langeais, achevé en 1849 et reconstruit en 1949, est l’un des rares points de franchissement de la Loire entre Tours et Saumur. Il permet de basculer d’une rive à l’autre depuis l’itinéraire La Loire à Vélo, vers Villandry en amont ou vers le vignoble de Bourgueil en aval.