Quels sites naturels découvrir autour de Saint-Jean-Pied-de-Port ?
Le premier sommet est celui d’où viennent les pierres de la ville : le pic d’Arradoy culmine à 660 mètres et s’atteint en deux heures depuis Ispoure, à travers les vignes en terrasses de l’Irouléguy. Vers le sud, la route remonte le Laurhibar jusqu’aux sources de la Nive, à Estérençuby, puis vers la grotte d’Harpea, une voûte ouverte au pied des falaises frontalières qui servait d’abri aux bergers. Plus loin, à une trentaine de kilomètres par les cols de Burdincurutcheta (1 135 m) et de Bagargui (1 327 m), la forêt d’Iraty déploie la plus vaste hêtraie d’Europe occidentale, fraîche même en plein été.
Que faire en plein air à Saint-Jean-Pied-de-Port ?
Deux grands itinéraires se croisent ici : le GR 10, qui traverse les Pyrénées d’Hendaye à Banyuls, et le GR 65, la voie du Puy vers Compostelle. C’est de la rue de la Citadelle que part l’étape la plus commentée du Camino Francés, vingt-cinq kilomètres jusqu’à Roncevaux par la route Napoléon, avec un point haut à plus de 1 400 mètres au col de Lepoeder et une variante par Valcarlos quand la montagne est fermée l’hiver. À vélo, les cols d’Ispéguy, de Burdincurutcheta et de Bagargui font de la vallée un terrain de cyclisme exigeant. Ajoutez l’équitation dans les estives, le parapente depuis les crêtes et les parcours acrobatiques en forêt des environs.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Saint-Jean-Pied-de-Port ?
Le marché du lundi matin occupe le centre depuis le Moyen Âge et reste doublé d’une foire aux bestiaux : fromages d’estive, jambons, gâteaux basques et vin d’Irouléguy s’y échangent devant les remparts. Autour de la ville, le vignoble d’Irouléguy, reconnu en AOC le 29 décembre 1970, couvre environ 270 hectares sur quinze communes, en terrasses dont certaines atteignent 80 % de pente ; il descend des vignes plantées dès le XIIe siècle par les moines de Roncevaux autour des prieurés d’Irouléguy et d’Anhaux, et se visite chai après chai à Ispoure, Anhaux ou Saint-Étienne-de-Baïgorry. La vallée des Aldudes, à une vingtaine de kilomètres, élève le porc pie noir du Pays basque dont le jambon du Kintoa a obtenu l’AOP en 2019, après seize à dix-huit mois de séchage.
Quels hébergements de charme à Saint-Jean-Pied-de-Port ?
Le cœur fortifié concentre les maisons du XVIIe et du XVIIIe siècle transformées en chambres d’hôtes, avec leurs façades de grès rose, leurs linteaux gravés et leurs jardins descendant vers la Nive. Le long du chemin, l’offre reste marquée par la tradition d’accueil des pèlerins : gîtes d’étape, hôtels familiaux et maisons de bourg au confort simple, souvent complets de mai à octobre. Dans les villages voisins, les grandes etxe basques à colombages, à Ispoure, Ossès ou Saint-Étienne-de-Baïgorry, proposent des chambres plus au calme, à dix minutes de la ville.
Que manger à Saint-Jean-Pied-de-Port ?
La montagne domine l’assiette. L’ossau-iraty, fromage de brebis AOP fabriqué à partir du lait des races locales manech et basco-béarnaise, se sert en fin de repas avec de la confiture de cerise noire. Suivent le jambon du Kintoa AOP et la charcuterie de porc pie noir des Aldudes, l’axoa de veau relevé au piment d’Espelette, la truite de la Nive, l’agneau de lait des Pyrénées et la garbure des vallées. Le gâteau basque, à la crème ou à la cerise, ferme la marche, avec un verre d’irouléguy rouge ou blanc sec selon le plat.
Saint-Jean-Pied-de-Port, la ville que l’on traverse depuis huit siècles
Une capitale née d’un incendie. L’histoire commence par une disparition. En 1177, Richard Cœur de Lion, alors duc d’Aquitaine, rase Saint-Jean-le-Vieux, le bourg installé à quelques kilomètres de là dans la plaine. Les rois de Navarre choisissent de reconstruire ailleurs, sur un promontoire au bord de la Nive, plus facile à défendre et mieux placé sur la route des cols. Au XIIIe siècle, Sanche VII le Fort fait ceinturer la nouvelle ville de murailles en grès rose extrait de l’Arradoy, la montagne qui la surplombe, et y perce quatre portes. En 1329, Philippe III de Navarre lui accorde ses fors, ces chartes qui garantissent les libertés communales et les droits de marché. Saint-Jean-Pied-de-Port devient alors la capitale de la Basse-Navarre et le péage obligé du commerce entre les deux versants. La conquête de la Haute-Navarre par la Castille, entre 1512 et 1528, coupe le royaume en deux et déplace les institutions vers Saint-Palais, mais la ville garde sa fonction de verrou.
Un siècle de chantiers militaires. Quand la frontière se stabilise, les rois de France transforment le verrou en forteresse. Pierre de Conty d’Argencourt élève la citadelle de 1625 à 1627 sur la butte nord, à soixante-dix mètres au-dessus des toits ; les travaux reprennent dans les années 1640 sous la direction de l’ingénieur Desjardins. Vauban inspecte la place en 1680 puis en 1685 et laisse un projet complet : reconstruction des dehors, ajout de deux demi-lunes, démolition du château médiéval et enceinte urbaine bastionnée. Son ingénieur François Ferry mène les travaux à partir de 1686, et le chantier ne s’achève qu’en 1728. L’enceinte dite d’Espagne, commencée vers 1690, sera terminée entre 1842 et 1848. Classée monument historique en 1963, la citadelle a perdu sa garnison mais gardé sa silhouette de quadrilatère bastionné ; un escalier couvert relie toujours ses fossés au bourg, et depuis ses bastions le regard porte sur toute la vallée de Cize.
Le dernier village avant les cols. C’est ici que des dizaines de milliers de marcheurs commencent chaque année leur chemin vers Compostelle. Trois voies venues de France, dont la voie du Puy, convergent sur la vallée de Cize avant de franchir les Pyrénées, et Saint-Jean-Pied-de-Port constitue le deuxième point de départ du Camino Francés : en 2024, plus de 32 000 pèlerins arrivés à Santiago déclaraient être partis d’ici, dont 91 % à pied et 7 % à vélo. Le bureau d’accueil de la rue de la Citadelle, tenu par des bénévoles depuis 1995, délivre les crédenciales et remplit son registre du printemps à l’automne, avec des pointes en mai, juin et octobre. L’étape qui suit fait la réputation du chemin : vingt-cinq kilomètres jusqu’à Roncevaux par la route Napoléon, un franchissement à plus de 1 400 mètres au col de Lepoeder, et une variante par le fond de vallée à Valcarlos lorsque la neige ou le brouillard ferment la haute route. Les pèlerins traversent la ville par la porte Saint-Jacques, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998, descendent la rue pavée et repartent par la porte d’Espagne.
Vignes en terrasses, brebis en estive. Autour de la ville, l’agriculture épouse la pente. Le vignoble d’Irouléguy occupe des terrasses orientées au sud sur les contreforts de l’Arradoy et de Jara, avec des parcelles inclinées jusqu’à 80 %, travaillées à la main. Reconnue en AOC le 29 décembre 1970, l’appellation couvre environ 270 hectares sur quinze communes, plantés de tannat et de cabernet franc pour les rouges, de gros manseng, de petit manseng et de courbu pour les blancs. Les moines de Roncevaux avaient lancé ces vignes au XIIe siècle pour réconforter les pèlerins ; l’usage s’est maintenu. Plus haut commencent les estives, où montent en été les troupeaux de brebis manech dont le lait devient l’ossau-iraty, et où se pratique encore la transhumance. Dans la vallée des Aldudes voisine, l’élevage du porc pie noir du Pays basque, sauvé de la disparition dans les années 1980, alimente la filière du Kintoa, dont le jambon a décroché l’AOP en 2019.
Une vie de bourg qui ne s’est pas éteinte. Malgré ses 1 487 habitants, la ville garde un rythme de chef-lieu. Le marché du lundi matin, hérité des fors médiévaux, remplit les rues et double encore d’une foire aux bestiaux. Les fêtes patronales de la mi-août rassemblent la vallée autour des danses, des chants, des parties de pelote, des épreuves de force basque et des courses de vaches. En septembre, les Journées européennes du patrimoine ouvrent la citadelle et les remparts au public ; début octobre, la course solidaire Garazi en Rose fait courir la vallée sur 4,5, 6,8 ou 10 kilomètres. Le reste de l’année, la ville vit au passage des marcheurs, à l’ouverture des chais et au calendrier des estives. Pour composer votre séjour, du pic d’Arradoy aux hêtraies d’Iraty, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Saint-Jean-Pied-de-Port et de la vallée de Cize.
À retenir
- Donibane Garazi, ancienne capitale de la Basse-Navarre, 1 487 habitants (2022), à la confluence de la Nive et du Laurhibar, à 8 km de la frontière espagnole.
- Refondée après 1177 par les rois de Navarre, ceinturée au XIIIe siècle de remparts en grès rose de l’Arradoy percés de quatre portes ; fors accordés en 1329.
- Porte Saint-Jacques inscrite à l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
- Citadelle bâtie de 1625 à 1627, reprise après les visites de Vauban en 1680 et 1685, achevée en 1728, classée monument historique en 1963 ; elle domine la ville de 70 mètres.
- Deuxième point de départ du Camino Francés : plus de 32 000 pèlerins arrivés à Santiago en 2024 étaient partis d’ici ; l’étape vers Roncevaux fait 25 km avec un point haut à plus de 1 400 mètres.
- Plus Beaux Villages de France depuis 2016, avec marché du lundi et foire aux bestiaux.
- Terroir : vignoble d’Irouléguy (AOC le 29 décembre 1970, environ 270 ha sur 15 communes), ossau-iraty AOP, jambon du Kintoa AOP depuis 2019.
Vos questions avant de partir à Saint-Jean-Pied-de-Port
La plupart des visiteurs arrivent avec les mêmes interrogations : combien de temps rester, faut-il être pèlerin pour trouver un intérêt à la ville, que voir sans marcher trente kilomètres, et à quelle saison venir. Voici de quoi préparer votre passage.
Commencez par la rue de la Citadelle et ses linteaux datés, montez à la citadelle par l’escalier couvert pour la vue sur la vallée de Cize, redescendez par le chemin de ronde jusqu’à la porte Saint-Jacques, puis visitez l’église Notre-Dame-du-Bout-du-Pont et la prison des Évêques. Comptez trois heures pour le centre fortifié, et une demi-journée de plus pour les chais d’Irouléguy à Ispoure ou Anhaux.
Non. La ville se visite pour ses remparts du XIIIe siècle, sa citadelle du XVIIe et son classement parmi les Plus Beaux Villages de France. Le chemin de Compostelle donne simplement son animation au centre, surtout au printemps et à l’automne, quand le bureau d’accueil enregistre le plus de départs.
L’étape mesure 25 kilomètres et demande en général de huit à onze heures de marche selon le rythme et les pauses. La route Napoléon franchit un point haut à plus de 1 400 mètres au col de Lepoeder ; en hiver et par mauvais temps, on lui substitue la variante par Valcarlos, plus basse et plus abritée.
La montée à la citadelle et le tour des remparts, le marché du lundi, la découverte des sources de la Nive à Estérençuby, une baignade en rivière l’été, et les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya à une trentaine de kilomètres. La forêt d’Iraty offre des sentiers courts et ombragés, praticables avec de jeunes marcheurs.
Le lundi matin, dans le centre. C’est un marché hérité des chartes médiévales, encore accompagné d’une foire aux bestiaux, où l’on trouve les fromages d’estive, les jambons de la vallée, le gâteau basque et les vins d’Irouléguy.
Mai, juin et septembre offrent les meilleures conditions pour la montagne et le chemin, avec des journées longues et une chaleur supportable. Août concentre les fêtes patronales et l’affluence. L’hiver reste calme, mais la route Napoléon vers Roncevaux est déconseillée voire fermée, et une partie des hébergements du chemin ferme aussi.
