Saint-Jean-Pied-de-Port

Une rue pavée qui descend vers la Nive, des murailles de grès rose, et derrière, la montagne qui mène en Espagne.

Saint-Jean-Pied-de-Port, Donibane Garazi en basque, occupe le fond de la vallée de Cize, à la confluence de la Nive et du Laurhibar, à huit kilomètres de la frontière espagnole et cinquante-trois de Bayonne. La commune compte 1 487 habitants au recensement de 2022, ce qui en fait l’un des plus petits chefs-lieux de canton du Pays basque, et l’un des plus visités. Son nom dit sa fonction : elle se tient au pied des ports, ces cols par lesquels on franchit les Pyrénées. La ville actuelle naît d’une destruction. En 1177, Richard Cœur de Lion rase la bourgade voisine de Saint-Jean-le-Vieux ; les rois de Navarre refondent aussitôt la cité un peu plus loin, sur un éperon plus facile à tenir, et l’entourent au XIIIe siècle de remparts en grès rose tiré du mont Arradoy. Quatre portes s’y ouvrent encore, dont la porte Saint-Jacques, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Compostelle. En 1329, Philippe III de Navarre accorde ses fors à la ville, qui devient capitale de la Basse-Navarre et place de commerce. Deux siècles plus tard, la frontière se fige et la ville se militarise : la citadelle est bâtie à partir de 1625 sur la butte qui domine les toits de soixante-dix mètres, puis reprise par les ingénieurs de Vauban. Classée parmi les Plus Beaux Villages de France depuis 2016, elle reste avant tout une ville de passage, de marché du lundi et de départ vers Roncevaux.

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Quels sites naturels découvrir autour de Saint-Jean-Pied-de-Port ?

Le premier sommet est celui d’où viennent les pierres de la ville : le pic d’Arradoy culmine à 660 mètres et s’atteint en deux heures depuis Ispoure, à travers les vignes en terrasses de l’Irouléguy. Vers le sud, la route remonte le Laurhibar jusqu’aux sources de la Nive, à Estérençuby, puis vers la grotte d’Harpea, une voûte ouverte au pied des falaises frontalières qui servait d’abri aux bergers. Plus loin, à une trentaine de kilomètres par les cols de Burdincurutcheta (1 135 m) et de Bagargui (1 327 m), la forêt d’Iraty déploie la plus vaste hêtraie d’Europe occidentale, fraîche même en plein été.

Que faire en plein air à Saint-Jean-Pied-de-Port ?

Deux grands itinéraires se croisent ici : le GR 10, qui traverse les Pyrénées d’Hendaye à Banyuls, et le GR 65, la voie du Puy vers Compostelle. C’est de la rue de la Citadelle que part l’étape la plus commentée du Camino Francés, vingt-cinq kilomètres jusqu’à Roncevaux par la route Napoléon, avec un point haut à plus de 1 400 mètres au col de Lepoeder et une variante par Valcarlos quand la montagne est fermée l’hiver. À vélo, les cols d’Ispéguy, de Burdincurutcheta et de Bagargui font de la vallée un terrain de cyclisme exigeant. Ajoutez l’équitation dans les estives, le parapente depuis les crêtes et les parcours acrobatiques en forêt des environs.

Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?

Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Saint-Jean-Pied-de-Port ?

Le marché du lundi matin occupe le centre depuis le Moyen Âge et reste doublé d’une foire aux bestiaux : fromages d’estive, jambons, gâteaux basques et vin d’Irouléguy s’y échangent devant les remparts. Autour de la ville, le vignoble d’Irouléguy, reconnu en AOC le 29 décembre 1970, couvre environ 270 hectares sur quinze communes, en terrasses dont certaines atteignent 80 % de pente ; il descend des vignes plantées dès le XIIe siècle par les moines de Roncevaux autour des prieurés d’Irouléguy et d’Anhaux, et se visite chai après chai à Ispoure, Anhaux ou Saint-Étienne-de-Baïgorry. La vallée des Aldudes, à une vingtaine de kilomètres, élève le porc pie noir du Pays basque dont le jambon du Kintoa a obtenu l’AOP en 2019, après seize à dix-huit mois de séchage.

Quels hébergements de charme à Saint-Jean-Pied-de-Port ?

Le cœur fortifié concentre les maisons du XVIIe et du XVIIIe siècle transformées en chambres d’hôtes, avec leurs façades de grès rose, leurs linteaux gravés et leurs jardins descendant vers la Nive. Le long du chemin, l’offre reste marquée par la tradition d’accueil des pèlerins : gîtes d’étape, hôtels familiaux et maisons de bourg au confort simple, souvent complets de mai à octobre. Dans les villages voisins, les grandes etxe basques à colombages, à Ispoure, Ossès ou Saint-Étienne-de-Baïgorry, proposent des chambres plus au calme, à dix minutes de la ville.

Que manger à Saint-Jean-Pied-de-Port ?

La montagne domine l’assiette. L’ossau-iraty, fromage de brebis AOP fabriqué à partir du lait des races locales manech et basco-béarnaise, se sert en fin de repas avec de la confiture de cerise noire. Suivent le jambon du Kintoa AOP et la charcuterie de porc pie noir des Aldudes, l’axoa de veau relevé au piment d’Espelette, la truite de la Nive, l’agneau de lait des Pyrénées et la garbure des vallées. Le gâteau basque, à la crème ou à la cerise, ferme la marche, avec un verre d’irouléguy rouge ou blanc sec selon le plat.

Vos questions avant de partir à Saint-Jean-Pied-de-Port

La plupart des visiteurs arrivent avec les mêmes interrogations : combien de temps rester, faut-il être pèlerin pour trouver un intérêt à la ville, que voir sans marcher trente kilomètres, et à quelle saison venir. Voici de quoi préparer votre passage.

Commencez par la rue de la Citadelle et ses linteaux datés, montez à la citadelle par l’escalier couvert pour la vue sur la vallée de Cize, redescendez par le chemin de ronde jusqu’à la porte Saint-Jacques, puis visitez l’église Notre-Dame-du-Bout-du-Pont et la prison des Évêques. Comptez trois heures pour le centre fortifié, et une demi-journée de plus pour les chais d’Irouléguy à Ispoure ou Anhaux.

Non. La ville se visite pour ses remparts du XIIIe siècle, sa citadelle du XVIIe et son classement parmi les Plus Beaux Villages de France. Le chemin de Compostelle donne simplement son animation au centre, surtout au printemps et à l’automne, quand le bureau d’accueil enregistre le plus de départs.

L’étape mesure 25 kilomètres et demande en général de huit à onze heures de marche selon le rythme et les pauses. La route Napoléon franchit un point haut à plus de 1 400 mètres au col de Lepoeder ; en hiver et par mauvais temps, on lui substitue la variante par Valcarlos, plus basse et plus abritée.

La montée à la citadelle et le tour des remparts, le marché du lundi, la découverte des sources de la Nive à Estérençuby, une baignade en rivière l’été, et les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya à une trentaine de kilomètres. La forêt d’Iraty offre des sentiers courts et ombragés, praticables avec de jeunes marcheurs.

Le lundi matin, dans le centre. C’est un marché hérité des chartes médiévales, encore accompagné d’une foire aux bestiaux, où l’on trouve les fromages d’estive, les jambons de la vallée, le gâteau basque et les vins d’Irouléguy.

Mai, juin et septembre offrent les meilleures conditions pour la montagne et le chemin, avec des journées longues et une chaleur supportable. Août concentre les fêtes patronales et l’affluence. L’hiver reste calme, mais la route Napoléon vers Roncevaux est déconseillée voire fermée, et une partie des hébergements du chemin ferme aussi.