Anglet

Phare d'Anglet
Onze plages alignées sur quatre kilomètres et demi, une pinède de deux cents hectares derrière la dune, et un fleuve que des ingénieurs ont forcé à sortir ici.

Anglet, Angelu en basque, occupe la bande de sable qui sépare l’embouchure de l’Adour de la pointe Saint-Martin, coincée entre Bayonne à l’est et Biarritz au sud. La commune compte 43 271 habitants au recensement de 2023, pour 26,93 km² et une altitude maximale de 76 mètres, ce qui en fait la troisième ville des Pyrénées-Atlantiques. Sa géographie ne doit rien au hasard. En 1562, Charles IX ordonne de ramener l’Adour à Bayonne, dont le fleuve s’était éloigné de trente kilomètres après une tempête médiévale ; l’ingénieur Louis de Foix perce la dune et, en octobre 1578, l’eau s’engouffre dans le nouveau chenal. C’est là, à la Barre, qu’Anglet gagne son front de mer. Longtemps, le reste du territoire n’a été que barthes marécageuses et sables mobiles, jusqu’à ce que le Second Empire fasse planter une pinède de trois cents hectares pour fixer les dunes : c’est aujourd’hui la forêt du Pignada et celle de Chiberta. Les Angloys vivent donc dans une ville jeune, sans centre médiéval, dispersée en quartiers qui ont chacun leur clocher, d’où son surnom de ville aux sept clochers. L’église Saint-Léon, au quartier Saint-Jean, remonte tout de même à 1557. Les plages, elles, s’appellent la Barre, les Cavaliers, les Dunes, l’Océan, la Madrague, la Petite Madrague, les Corsaires, Marinella, les Sables d’Or, le Club et la Chambre d’Amour, ce dernier nom venant d’une grotte et d’une histoire d’amants surpris par la marée.

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Quels sites naturels découvrir à Anglet ?

Le premier est le sable : 4,5 kilomètres de littoral découpés en onze plages, de la Barre au nord, adossée à la digue de l’Adour, jusqu’à la Chambre d’Amour au sud, sous les falaises de la pointe Saint-Martin. Derrière, la pinède couvre environ 220 hectares, soit 10 % du territoire communal, répartis entre le Pignada, Chiberta et le Lazaret ; l’incendie de l’été 2020 en a ravagé près de 75 hectares de parcelles publiques, replantés depuis 2022. Au nord, le parc écologique Izadia protège une quinzaine d’hectares de dunes, de lande à cistes et de deux lacs de salinité différente reliés à l’Adour, intégrés au réseau Natura 2000 depuis février 2012 ; le lézard ocellé y trouve l’un de ses derniers refuges du littoral basque. Ajoutez le lac de Chiberta et celui de Brindos, deux étangs dunaires enclavés dans la ville, et les barthes de l’Adour en amont, vers Bayonne.

Quels musées et monuments visiter à Anglet et alentour ?

La Villa Beatrix Enea, maison bourgeoise devenue centre d’art contemporain en 1993, expose une partie des quelque 1 300 œuvres de la collection municipale, constituée depuis une quarantaine d’années. Le patrimoine religieux raconte l’histoire éclatée de la commune : l’église Saint-Léon date de 1557, l’église Sainte-Marie de la Chambre d’Amour de 1932, et le domaine Saint-Bernard, ouvert en 1847 par le père Louis-Édouard Cestac, abrite une chapelle consacrée en 1886 et un cimetière de sable où reposent environ 300 religieuses sous des tombes anonymes signalées par une simple plante. À quatre kilomètres, Bayonne aligne sa cathédrale Sainte-Marie, inscrite à l’UNESCO en 1998 au titre des chemins de Compostelle, son Château-Vieux et le musée Basque et de l’histoire de Bayonne. Biarritz complète la journée avec son musée de la Mer et son rocher de la Vierge, à dix minutes.

Quelles activités nautiques pratiquer à Anglet ?

Le surf domine tout le reste, et la digue de la Barre y est pour beaucoup : en canalisant l’Adour, elle façonne des bancs de sable qui produisent des vagues creuses, notamment sur le spot des Cavaliers, réputé pour les séries d’automne. Les onze plages offrent des conditions très différentes selon la houle et la marée, des rouleaux de la Barre aux vagues plus abordables des Sables d’Or, avec baignade surveillée l’été sur les plages aménagées. Autour, on pratique le bodyboard, le longboard, le stand-up paddle et le kayak de mer, tandis que l’Adour et ses berges se prêtent aux sorties en aviron, en canoë et aux promenades en bateau vers le port de Bayonne. Le lac de Chiberta accueille de la voile légère, et la houle du golfe de Gascogne attire les amateurs de pêche en mer au départ des ports voisins.

Que faire en plein air à Anglet ?

Deux promenades structurent la ville : celle du littoral, longue de 4,5 kilomètres, qui suit la dune d’une plage à l’autre, et la promenade des falaises, trois kilomètres de sentier entre la Chambre d’Amour et la pointe Saint-Martin, avec vue sur la côte jusqu’aux premiers sommets basques. Le skatepark de la Barre déploie 1 700 m² de courbes en bord de plage, l’un des plus fréquentés de la côte. La forêt du Pignada offre des boucles de course à pied, des parcours de santé et des allées cavalières à l’ombre des pins maritimes, et le sentier patrimonial du Parme relie sur deux kilomètres les quartiers de l’intérieur. Anglet compte aussi deux parcours de golf, dont un tracé de 1927 dessiné par l’architecte britannique Tom Simpson entre pinède et lac. La véloroute du littoral rejoint Bayonne en une vingtaine de minutes de pédalage.

Que faire à Anglet quand il pleut ou en cas de canicule ?

La patinoire de la Barre est l’argument le plus solide : équipement municipal de l’avenue de l’Adour, ouvert au public en séances quotidiennes pendant les vacances scolaires, avec location de patins sur place et une fermeture technique du printemps au début de l’été. C’est aussi le terrain de l’équipe locale de hockey, dont les matchs remplissent les gradins. Côté nature, le parc écologique Izadia se parcourt en accès libre sur ses caillebotis, mais sachez que la maison de l’environnement qui l’accompagnait a été détruite dans l’incendie du Pignada : le parc reste une sortie de plein air, pas un abri de repli. La Villa Beatrix Enea et le théâtre Quintaou couvrent le versant culturel, et la commune dispose d’une dizaine d’installations de pelote basque, frontons couverts et trinquets, où assister à une partie par tous les temps. Quand la chaleur s’installe, deux réflexes fonctionnent : la pinède du Pignada, nettement plus fraîche que le front de mer en milieu de journée, et les salles obscures de Bayonne, à quatre kilomètres, du musée Basque à la cathédrale.

Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?

Où trouver l’artisanat et les produits du terroir autour d’Anglet ?

Le kiwi de l’Adour, Label Rouge depuis 1992 et IGP depuis 2002, pousse dans les terres alluviales voisines et représente environ un quart de la production française, sur près de 600 hectares ; il se récolte début novembre et se vend jusqu’au printemps. Les marchés de quartier, dont celui des Cinq-Cantons, réunissent maraîchers, fromagers de brebis et charcutiers de la vallée. Anglet possède aussi un artisanat qu’on ne trouve nulle part ailleurs en France à cette densité : une dizaine d’ateliers de shapers y façonnent des planches de surf à la main, prolongés par une cinquantaine d’entreprises de la filière glisse installées sur la commune. À vingt minutes, Bayonne perpétue le travail du chocolat et le séchage du jambon de Bayonne IGP, et Larressore fabrique encore le makhila, bâton de marche basque en néflier.

Quels hébergements de charme à Anglet ?

Anglet n’a pas de vieille ville à louer : ses adresses de caractère datent presque toutes de l’entre-deux-guerres, quand la dune de Chiberta a été lotie autour d’un parcours de golf tracé en 1927 par l’architecte britannique Tom Simpson. Les villas balnéaires bâties le long de ses allées, signées notamment William Marcel et Raymond Larrebat-Tudor, croisent le vocabulaire néo-basque et les lignes Art déco sous les pins ; plusieurs reçoivent aujourd’hui des hôtes, entre le lac et les fairways. Le second gisement est le front de mer de la Chambre d’Amour, dont l’urbanisation se lit dans l’église Sainte-Marie, bâtie en 1932 : villas et immeubles en balcon sur l’océan, vue frontale sur la pointe Saint-Martin, et le sable en contrebas sans reprendre la voiture. Autour du lac de Brindos, quelques grandes demeures du début du XXe siècle proposent des chambres dans un parc arboré, à cinq minutes de l’aéroport. Pour de la pierre plus ancienne, il faut aller la chercher à Bayonne, à quatre kilomètres, dans les rues du Petit Bayonne.

Que manger à Anglet ?

Ici, la carte commence à l’embouchure. L’Adour reste l’un des rares fleuves européens à conserver des frayères à saumon atlantique, et son estuaire livre aussi l’alose et la lamproie. La pibale, civelle d’anguille remontée au tamis dans les eaux troubles de l’hiver, en est le produit signature, mais ne comptez pas la trouver partout : sa pêche est réservée à des licenciés, limitée à une campagne d’environ cinq mois de novembre à mars et à des embarcations de dix mètres au plus, depuis que la population d’anguille européenne a chuté de près de trois quarts en trente ans. Le reste de l’année, la table vit du poisson de la Barre, débarqué au port aménagé sur le fleuve : merlu pêché à la ligne, maigre, poissons de roche, passés à la plancha plutôt qu’en sauce, avec du sel et de l’huile pour tout artifice. C’est la cuisine de plage qui prend ensuite le relais, de juin à septembre, sur les terrasses installées le long des onze plages : poisson entier, planches à partager, le sable pour salle à manger et le coucher de soleil pour horaire. Deux classiques bayonnais complètent la carte, à quatre kilomètres de là : le ttoro, soupe de poisson au merlu, au congre et aux langoustines, et le jambon de Bayonne IGP, séché dans l’arrière-pays de l’Adour.

Vos questions avant de partir à Anglet

Les visiteurs arrivent presque tous avec les mêmes interrogations : quelle plage choisir selon son niveau, que faire des enfants un jour de pluie, comment se garer en août, et si la ville mérite mieux qu’une escale entre Bayonne et Biarritz. Voici de quoi trancher avant de réserver.

Les Cavaliers et la Barre, exposées plein ouest près de la digue, reçoivent les vagues les plus puissantes et conviennent aux surfeurs confirmés. Les Sables d’Or, Marinella et la Chambre d’Amour, plus au sud et abritées par la pointe Saint-Martin, se prêtent mieux à la baignade familiale et aux premières leçons. Toutes sont surveillées en saison sur les zones aménagées.

Les parkings du front de mer, échelonnés sur les 4,5 kilomètres qui séparent la Barre de la Chambre d’Amour, saturent en milieu de journée en juillet et en août. Le réflexe qui fonctionne est de se garer en retrait, côté Chiberta ou Pignada, puis de rejoindre le sable par la promenade du littoral, continue d’une plage à l’autre. À vélo, la véloroute du littoral dessert les onze plages et relie Bayonne en une vingtaine de minutes ; le réseau de bus de l’agglomération basque complète l’accès depuis Bayonne et Biarritz.

La patinoire de la Barre, avec location de patins sur place, le skatepark de 1 700 m² en bord de plage, les sentiers sur caillebotis du parc écologique Izadia, parcourus en une heure en accès libre, et les allées ombragées de la forêt du Pignada. À dix minutes, le musée de la Mer de Biarritz complète la journée si le temps tourne.

Une journée suffit pour parcourir la promenade du littoral, faire un détour par Izadia et finir sur la promenade des falaises. Comptez deux à trois jours si vous voulez y ajouter une session de surf, une visite de Bayonne à quatre kilomètres et une sortie sur la côte jusqu’à Bidart ou Saint-Jean-de-Luz.

En août, sur la plage des Sables d’Or, dans le quartier de la Chambre d’Amour. Les surfeurs s’affrontent par équipes sur des planches lumineuses, sous des projecteurs braqués sur les séries. L’épreuve existe depuis plus de vingt ans et s’inscrit désormais dans l’Anglet Summer Fest, dix jours de programmation gratuite en fin de mois.

Juin et septembre offrent le meilleur compromis : eau encore ou déjà tempérée, plages accessibles, stationnement possible. L’automne apporte les plus belles houles pour le surf et une lumière rasante sur les falaises. Juillet et août concentrent les événements et l’affluence, avec des accès de plage saturés en milieu de journée.