Une butte à 186 mètres, une table d'orientation posée sur un château d'eau, et par temps clair les Pyrénées à cent cinquante kilomètres.

Bardos, Bardoze en basque depuis la normalisation du nom le 30 mars 2000, occupe des collines d’argile à 22 kilomètres à l’est de Bayonne, là où le Pays basque cesse et où commence la Gascogne. Son nom vient d’ailleurs de cette terre : les linguistes y lisent la racine gasconne « bard- », le sol argileux, suivie du suffixe « -os ». La commune compte 1 905 habitants au recensement de 2023 pour 4 253 hectares, soit une densité de 44,8 habitants au kilomètre carré, et ses habitants s’appellent les bardoztar. La Joyeuse trace ses limites au sud et à l’ouest, le ruisseau du Termi la borne au nord, et la Bidouze draine le secteur avant de rejoindre l’Adour à Guiche, la commune voisine. Sept communes l’entourent, dont Hastingues dans les Landes : Bardos touche donc littéralement un autre département et une autre culture. La paroisse apparaît dès 1072 dans le cartulaire de Sorde-l’Abbaye. Elle devient baronnie en 1320, passe au duché de Gramont en 1643, puis intègre le biltzar du Labourd en 1763, cette assemblée des communautés labourdines qui décidait de l’impôt et des chemins. Le village est resté rural : 81,9 % de son territoire relève encore de l’agriculture, prairies d’élevage en tête. Ici, on ne vient pas chercher une station balnéaire mais un point haut, des chemins creux, un trinquet couvert et un carnaval qui dure trois week-ends.

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Quels sites naturels découvrir à Bardos et dans ses environs ?

La butte de Miremont, point culminant de la commune à 186 mètres, sert de belvédère à tout le nord du Pays basque. Une plateforme d’observation a été installée au sommet du château d’eau, avec des tables d’orientation qui portent, les matins dégagés, jusqu’à 150 kilomètres : la Rhune, la chaîne pyrénéenne, la plaine de l’Adour et la forêt landaise. Des tables de pique-nique et une aire de jeux complètent le site. En contrebas s’ouvre le vallon d’Urgorri, boisé et parcouru de ruisseaux, tandis que l’Aran, le Lihoury et l’Arbéroue irriguent les 70 kilomètres du réseau hydrographique communal. À quelques minutes, la confluence de la Bidouze et de l’Adour à Guiche et les barthes inondables d’Urt offrent un tout autre paysage, plat, humide et fréquenté par les oiseaux d’eau.

Que faire en plein air à Bardos ?

La boucle d’Urgorri, balisée au départ du bourg, fait 3,5 kilomètres pour 150 mètres de dénivelé et se boucle en une heure trente : elle enchaîne les crêtes, le vallon boisé et le panorama de Miremont, avec des brebis manech dans les prairies. À vélo, Bardos se trouve sur le parcours de la Scandibérique, section française de l’EuroVelo 3 : son étape 46 relie Urt à Saint-Palais sur 58 kilomètres, dont la voie verte de la Bidouze, en passant par les anciens ports fluviaux de Guiche, Bidache et Came. Les routes vallonnées entre Bidouze et Joyeuse font le reste, avec des pentes courtes mais franches. À Bidache, l’itinéraire du péd’halage suit le val de Bidouze au plus près de l’eau. Le secteur compte aussi des centres équestres et des parcours acrobatiques en forêt, à moins de vingt minutes.

Que faire à Bardos quand il pleut ou en cas de canicule ?

Bardos possède un trinquet couvert, chemin du Fronton, doublé d’un fronton mur à gauche et d’un fronton place libre : trois installations de pelote pour un village de moins de deux mille habitants, ce qui dit assez la place du jeu ici. Le centre Eihartzea, inauguré le 24 juin 2024 dans une maison de maître du XIXe siècle réhabilitée sur 1 000 mètres carrés pour 3,2 millions d’euros, abrite une ludo-médiathèque qui compte déjà 500 adhérents, un espace France Services et une crèche bilingue basque et occitan-gascon. Quand la chaleur s’installe sur les collines, la fraîcheur se cherche sous terre ou sous voûte. Les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya, à Saint-Martin-d’Arberoue, classées monument historique en 1953, forment l’un des grands gisements préhistoriques d’Europe : occupation humaine depuis le Moustérien, il y a quelque 80 000 ans, pilier gravé du Magdalénien moyen orné de biches et d’un renne, et l’une des plus anciennes séries de flûtes en os du continent. Comptez toutefois 24,6 kilomètres par la route, un peu au-delà du rayon de 20 kilomètres retenu sur cette page. Plus près, à 12,8 kilomètres, l’abbaye d’Arthous, à Hastingues, abrite un musée départemental d’histoire et d’archéologie entièrement couvert, gratuit pour les moins de 25 ans.

Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?

Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir à Bardos ?

Bardos vit d’agriculture : 81,9 % de sa surface, dont 49,6 % de prairies et 21,2 % de terres arables. Maïs, élevage bovin et ovin, volailles et canard gras se partagent les coteaux, et la commune relève de plusieurs signes de qualité, dont l’ossau-iraty AOP et le jambon de Bayonne, dont l’aire IGP couvre le bassin de l’Adour et trouve son cœur historique à Bayonne, à 22 kilomètres. Mais le produit qui signe vraiment ces terres d’alluvions, c’est le kiwi de l’Adour. La culture s’est implantée dans les années 1970 et 1980, et l’indication géographique protégée lui a été accordée par le règlement européen du 20 mai 2009 : c’est le seul kiwi français à cumuler Label Rouge et IGP. Son aire déborde largement le Pays basque, puisqu’elle englobe le sud des Landes, le nord des Pyrénées-Atlantiques et l’ouest du Gers, de part et d’autre du cours bas et moyen de l’Adour. La récolte commence fin octobre, quand la teneur en sucre atteint le seuil requis, et la commercialisation court de décembre au 15 juin : c’est donc un fruit d’hiver et de printemps, ce qui surprend les visiteurs d’été. Bardos a par ailleurs vécu de la pierre jusqu’au XIXe siècle, avec une activité lapidaire dont témoignent les stèles du cimetière. À La Bastide-Clairence, labellisée Villes et Métiers d’Art, les ateliers d’artisans se visitent toute l’année et le marché de la céramique se tient le premier week-end de septembre.

Quels hébergements de charme trouver près de Bardos ?

Le bâti local fournit l’essentiel : maisons labourdines à colombages rouges et blancs, fermes à large toit débordant, maisons de maître du XIXe siècle transformées en chambres d’hôtes. Bardos lui-même reste un village de résidences principales, à 84,6 % en 2014, et l’hébergement se trouve surtout dans les bourgs voisins. La Bastide-Clairence aligne ses façades du XIVe siècle autour de la place à arcades. Bidache profite de la présence du château de Gramont, Urt de sa position sur l’Adour et de la proximité de l’abbaye de Belloc. Compter vingt à trente minutes pour rejoindre la côte basque ou les gaves landais depuis n’importe lequel de ces points de chute.

Vos questions avant de partir à Bardos

Bardos n’est ni une station ni une ville-étape balisée, et les questions qu’on nous pose le reflètent : que voir quand on n’a qu’une demi-journée, où se baigner sans aller jusqu’à l’océan, comment occuper des enfants un jour de pluie. Voici les réponses les plus utiles avant de prendre la route.

Montez d’abord à la butte de Miremont, à 186 mètres : la plateforme installée sur le château d’eau et ses tables d’orientation donnent la clé du paysage, des Pyrénées à la forêt landaise. Enchaînez avec la boucle d’Urgorri, 3,5 kilomètres en une heure trente, puis passez au cimetière voir les stèles discoïdales et le porche roman de l’église de l’Assomption.

Au lac des Arroques, sur la commune voisine de Guiche, à moins de dix minutes de route. Il offre une plage de sable, une eau calme alimentée par des sources et un accès gratuit, ce qui convient bien aux jeunes enfants ; les modalités de surveillance estivale sont à confirmer auprès de la mairie de Guiche. Les plages de la côte basque restent à une trentaine de minutes par la route.

L’aire de jeux et les tables de pique-nique de Miremont, la baignade aménagée du lac des Arroques et la ludo-médiathèque du centre Eihartzea. L’abbaye d’Arthous, à Hastingues, à 12,8 kilomètres, dispose d’un parcours muséal couvert. Un peu plus loin, à 24,6 kilomètres, les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya, classées monument historique en 1953, montrent un pilier gravé du Magdalénien moyen.

Les deux, et c’est précisément son intérêt. Administrativement basque, la commune a été admise au biltzar du Labourd en 1763, mais elle touche les Landes à Hastingues et parle historiquement basque et gascon. On appelle ce territoire de contact le pays charnegou, du basque xarnegu, que le festival Xarnegu Eguna célèbre chaque 1er mai depuis 2005.

Le château de Gramont à Bidache, à 8,5 kilomètres, dont les ruines classées datent de l’incendie de 1796 ; La Bastide-Clairence, classée parmi les Plus Beaux Villages de France ; l’abbaye d’Arthous à Hastingues, à 12,8 kilomètres, devenue site départemental d’histoire et d’archéologie. L’abbaye Notre-Dame de Belloc, à Urt, fondée en 1875, se visite sous réserve : les bénédictins ont quitté les lieux en juillet 2022 et le site est en cours de reconversion.

De la fin avril à la fin septembre pour les chemins, le vélo et la baignade en lac. Le 1er mai concentre le Xarnegu Eguna, le 15 août les fêtes patronales, et l’été accueille l’exposition d’art contemporain qui se tient dans le village depuis plus de trente ans. Les matins d’automne dégagés donnent les meilleures vues depuis Miremont.