Quelles activités nautiques pratiquer à Collioure ?
Ici, la baignade se fait sur galets et l’eau devient profonde vite, ce qui change tout par rapport aux plages de sable de la plaine. Les fonds rocheux du Boutigué, de la Balette et de l’îlot Saint-Vincent se prêtent au masque et tuba dès les premiers mètres, et des centres de plongée installés sur la commune encadrent les sorties vers les tombants et les épaves de la côte Vermeille. En saison, les loueurs proposent kayak de mer, paddle et petits bateaux sans permis pour longer les criques inaccessibles à pied jusqu’au cap Béar. Les sorties en mer au départ du port permettent de voir le village comme les peintres l’ont vu, depuis l’eau. Pour la voile légère et le catamaran sur plan d’eau abrité, il faut remonter vers les plages de sable d’Argelès-sur-Mer, à 7 kilomètres, et de Saint-Cyprien, à 17 kilomètres.
Que faire en plein air autour de Collioure ?
Le sentier du littoral traverse la commune. Vers le sud, l’étape de Collioure à Port-Vendres compte 5,4 kilomètres pour une heure quarante de marche. Vers le nord, l’étape qui rejoint Argelès-sur-Mer fait 11,6 kilomètres et environ quatre heures depuis le nord de la commune voisine, dont 4,6 kilomètres et deux heures depuis le hameau du Racou ; l’itinéraire complet de la côte Vermeille et son état d’ouverture, régulièrement perturbé entre les criques de Porteils et la plage de l’Ouille, sont détaillés sur la page d’Argelès-sur-Mer. Vérifiez-le avant de partir. Vers l’intérieur, les chemins montent dans les vignes jusqu’à l’ermitage Notre-Dame-de-Consolation, à trois kilomètres au sud-ouest du village et 147 mètres au-dessus de la mer, puis rejoignent le fort Saint-Elme et la tour Madeloc en enfilade. Les murettes de schiste et les canaux d’écoulement dessinent tout ce versant, et plusieurs boucles permettent de descendre par une combe pour remonter par une autre. La côte se parcourt aussi à vélo, en acceptant les côtes sèches de la départementale littorale, et les crêtes des Albères accueillent randonnée équestre et VTT. Le GR 10 passe à portée de l’ermitage.
Que faire à Collioure comme activités indoor ?
Deux abris répondent aux deux situations. Contre la pluie, le circuit intérieur du village fonctionne bien : l’église Notre-Dame-des-Anges et ses retables de Sunyer, les salles d’exposition du château royal, et les ateliers de salaison d’anchois du centre, où l’on suit l’étêtage et la mise en fût à couvert. Contre la canicule, mieux vaut prendre de l’altitude ou entrer dans la pierre : la montée vers l’ermitage de Consolation et la tour Madeloc gagne quelques degrés dès que la tramontane se lève, et les caves de dégustation creusées dans le schiste gardent une fraîcheur constante. Dans un rayon de vingt kilomètres, le cloître de marbre de la cathédrale d’Elne et l’aquarium du laboratoire océanologique de Banyuls-sur-Mer offrent des visites entièrement à l’ombre, complétées par les centres aquatiques couverts et les salles de jeux de la plaine, jusqu’à Perpignan, à une trentaine de kilomètres.
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Collioure, le port qui a donné sa couleur à la peinture moderne
Huit siècles à verrouiller une anse. Collioure doit son existence à sa géographie : une rade abritée là où les Albères empêchent tout autre mouillage. Les rois de Majorque, qui en font un port de leur royaume continental, reconstruisent le château entre 1242 et 1280 sur un site déjà fortifié, où Templiers et Hospitaliers possédaient des biens. Les rois d’Aragon le reprennent en 1344 sous Pierre IV. Au XVIe siècle, Charles Quint épaissit les défenses et fait bâtir, de 1538 à 1552, le fort Saint-Elme sur la crête, après l’inspection de l’ingénieur italien Benedetto de Ravenne en 1537. Le traité des Pyrénées de 1659 fait basculer le Roussillon dans le royaume de France, et Vauban applique sa logique habituelle : il rase en 1673 l’église paroissiale médiévale et le quartier qui gênaient le champ de tir, achève les travaux du château en 1690, et privilégie la rade profonde de Port-Vendres pour la marine de guerre. Ce déclassement a une conséquence heureuse : le phare de Collioure, devenu inutile, est offert aux habitants qui en font le clocher de leur nouvelle église. Le château, classé monument historique en 1922 et devenu propriété du Département en 1952, aura encore servi de camp d’internement pour les réfugiés espagnols en 1939.
L’été 1905, quand la couleur a pris le pouvoir. Henri Matisse arrive en mai 1905, poussé par Paul Signac. André Derain le rejoint en juillet. En moins de trois mois, Matisse peint plus de quinze toiles, quarante aquarelles et une centaine de dessins ; Derain produit une trentaine de tableaux, vingt dessins et une cinquantaine de croquis. Ce qu’ils cherchent ici, c’est une lumière qui écrase le modelé et permet de poser la couleur pure. « Il n’y a pas de ciel plus bleu que celui de Collioure », dira Matisse, qui n’avait qu’à ouvrir ses volets. À l’automne, leurs toiles font scandale au Salon d’automne de Paris, où le critique Louis Vauxcelles lâche le mot qui restera. Le village a gardé la trace de ce moment : dix-sept reproductions de tableaux de Matisse et de Derain sont installées en boucle dans les rues, à l’emplacement exact où les toiles ont été peintes, en accès libre. On y retrouve la Fenêtre ouverte de Matisse et le Séchage des voiles de Derain. Dufy, Marquet, Picasso et Chagall passeront ensuite, et une trentaine de galeries occupent aujourd’hui le village.
Cent vingt barques et sept cents personnes. Derrière le décor, il y avait une industrie. Vers 1900, environ cent vingt barques catalanes travaillaient depuis Collioure et faisaient vivre quelque sept cents personnes, entre la pêche et la salaison. Ces bateaux de moins de dix mètres, à poupe pointue et mât incliné vers l’avant, portaient une voile latine qui pouvait atteindre 90 m² : c’est cette silhouette que Derain a peinte en train de sécher. L’anchois pêché la nuit à la lampe partait directement en fût. Le privilège fiscal accordé à la ville après le traité des Pyrénées, qui l’exemptait de la gabelle, avait rendu le sel abordable et fixé le savoir-faire sur place. La flottille a disparu, la salaison est restée : elle a obtenu son indication géographique protégée le 24 juin 2004, la seule qui porte en France sur un poisson.
Le schiste, la main et la tramontane. Le vignoble est l’autre héritage visible. Sur ces pentes, la terre ne tient que grâce aux murettes de pierre sèche et aux canaux d’écoulement, un système de drainage dont l’organisation remonte à l’époque des Templiers. Rien n’y est mécanisable : le cahier des charges de l’AOP Collioure impose la vendange manuelle et l’entretien des terrasses, pour un rendement plafonné et une densité minimale de 4 000 pieds à l’hectare. La tramontane souffle environ un jour sur quatre et assainit les grappes. Les 330 hectares de l’appellation produisent rouges, rosés et blancs, quand les mêmes coteaux donnent aussi les vins doux naturels de Banyuls.
Une tombe espagnole au bord de la Méditerranée. Fin janvier 1939, dans le flot des réfugiés de la Retirada, le poète espagnol Antonio Machado arrive à Collioure avec sa mère. Il meurt le 22 février 1939 à quinze heures trente, dans une chambre du village. Ses obsèques civiles ont lieu le lendemain à seize heures, présidées par le maire Marceau Banyuls ; sa mère, Ana Ruiz, s’éteint trois jours plus tard. Une famille du village prête d’abord un caveau. La tombe définitive, dessinée par l’architecte Cyprien Lloansi et financée par souscription, est inaugurée le 16 juillet 1958. Dans la poche de son manteau, on avait trouvé un dernier vers : « Estos días azules y este sol de la infancia ». La Fondation Antonio Machado, créée en 1977, entretient sa mémoire, et le cimetière reçoit chaque 22 février un hommage.
Le calendrier colliourenc. L’année culmine à la mi-août avec les fêtes de la Saint-Vincent, cinq jours de sardanes, de joutes en llaguts et de processions organisés autour du 16 août. Elles commémorent le retour des reliques du saint patron, le 16 août 1701, perdues lors de la guerre franco-espagnole de 1642. Le 16 au soir, les reliques traversent la baie en barque catalane, et le feu d’artifice est tiré vers vingt-deux heures depuis l’îlot Saint-Vincent, face au clocher. L’ermitage de Consolation, lui, reçoit ses pèlerinages le 18 août et le 8 septembre. Du chemin du fauvisme aux terrasses de schiste, Totem Adventure réunit les activités, les sites et les prestataires de Collioure et de la côte Vermeille.
À retenir
- Cotlliure en catalan, 2 756 habitants au titre de la population municipale 2023, sur la côte Vermeille, entre le massif des Albères et la Méditerranée. Argelès-sur-Mer est à 7 km, Saint-Cyprien à 17 km, Perpignan à une trentaine de kilomètres.
- Village préféré des Français 2024, titre annoncé le 11 juillet 2024 dans l’émission de France 3 présentée par Stéphane Bern.
- Château royal reconstruit entre 1242 et 1280 par les rois de Majorque, repris par l’Aragon en 1344, renforcé par Charles
- Quint puis par Vauban jusqu’en 1690 ; classé monument historique en 1922, propriété du Département des Pyrénées-Orientales depuis 1952.
- Église Notre-Dame-des-Anges bâtie de 1684 à 1691, après la démolition en 1673 de l’église médiévale par Vauban ; son clocher rond est l’ancienne tour-fanal du port, achevée comme clocher en 1693 et coiffée d’un dôme vers 1809. Classée en 1923, avec les retables de Joseph Sunyer (1698, 1700, 1708).
- Fort Saint-Elme construit de 1538 à 1552 pour Charles Quint sur les plans de Benedetto de Ravenne, classé monument historique le 2 avril 1927. Le fort Miradou, lui, abrite le centre national d’entraînement commando depuis les années 1960.
- Le fauvisme est né ici à l’été 1905 : Matisse arrive en mai, Derain en juillet ; plus de quinze toiles et quarante aquarelles pour l’un, une trentaine de tableaux pour l’autre. Le chemin du fauvisme installe 17 reproductions en accès libre à l’emplacement des œuvres.
- Anchois de Collioure, indication géographique protégée enregistrée le 24 juin 2004, seule IGP française portant sur un poisson : salaison en fût et maturation de trois à douze mois à 15 °C.
- AOP Collioure : 330 hectares sur Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère, vendange manuelle obligatoire et entretien imposé des terrasses de schiste.
- Antonio Machado est mort à Collioure le 22 février 1939 ; sa tombe définitive, financée par souscription, date du 16 juillet 1958.
- Fêtes de la Saint-Vincent à la mi-août, autour du 16, en mémoire du retour des reliques le 16 août 1701, avec procession en mer et feu d’artifice le 16 au soir.
- Sentier du littoral balisé : 5,4 km et 1 h 40 jusqu’à Port-Vendres au sud ; 11,6 km et environ 4 h jusqu’à Argelès-sur-Mer au nord, dont 4,6 km depuis le Racou. État de l’itinéraire à vérifier avant le départ.
- Musée d’art moderne fermé pour travaux, réouverture annoncée pour 2028, avec une programmation hors les murs entre-temps.
Vos questions avant de partir à Collioure
Un village de moins de trois mille habitants qui reçoit des visiteurs toute l’année pose des questions très concrètes : où laisser la voiture, quelle plage viser quand on vient avec des enfants, que voir si l’on n’a qu’une journée. Les six réponses ci-dessous s’appuient sur les sources de l’office de tourisme et du Département.
Parce que le mouvement y a pris forme à l’été 1905. Henri Matisse s’y installe en mai sur les conseils de Paul Signac, André Derain le rejoint en juillet, et les toiles qu’ils y peignent font scandale au Salon d’automne de Paris. C’est là que le critique Louis Vauxcelles emploie le mot « fauves ».
Commencez par l’église Notre-Dame-des-Anges et son clocher rond, ancienne tour-fanal du port, puis le château royal des rois de Majorque, propriété du Département. Suivez ensuite le chemin du fauvisme et ses 17 reproductions, montez sur la crête du fort Saint-Elme pour la vue sur la baie, et terminez par le cimetière et la tombe d’Antonio Machado.
Le village est très contraint. Le parking du Cap Dourats, sur la route de Madeloc, est desservi en juillet et en août par une navette gratuite vers le centre, à raison d’un passage toutes les trente minutes. Les parkings du Glacis, du Château d’eau et du stade complètent l’offre en accès perma
Le Boramar, au pied du clocher, et Port d’Avall, de l’autre côté du château, sont les deux grandes anses du village, surveillées en saison. La plage Saint-Vincent accueille le club nautique. Pour le masque et tuba, visez le Boutigué et la Balette. Attention, il s’agit ici de galets, avec une eau profonde rapidement.
Un anchois salé selon une méthode protégée par une indication géographique enregistrée le 24 juin 2004, la seule qui porte en France sur un poisson. Les poissons reposent au sel en fût, sont étêtés et vidés à la main, puis remis en fût sous presse pour une maturation de trois à douze mois à 15 °C.
Le village se visite toute l’année, mais le sentier du littoral et la montée à la tour Madeloc se marchent mieux d’avril à juin et en octobre, quand la roche ne renvoie pas la chaleur. La mi-août concentre les fêtes de la Saint-Vincent et le feu d’artifice du 16 tiré dans la baie. Les vendanges de l’AOP Collioure animent septembre, et l’hommage à Antonio Machado ramène du monde au cimetière chaque 22 février.
