Découvrez les villes emblématiques des Pyrénées-Orientales
Le département se lit comme une succession de pays qui ne se ressemblent pas : la plaine du Roussillon et ses stations balnéaires, la côte Vermeille et ses ports de pêche adossés aux Albères, le Conflent et le Vallespir remontés par les vallées de la Têt et du Tech, la Cerdagne et le Capcir posés en altitude. Voici quinze communes pour organiser votre séjour, du bord de mer aux stations de montagne. Perpignan : préfecture et ancienne capitale continentale du royaume de Majorque, elle conserve le Castillet, tour-porte de brique élevée vers 1368 et haute de 29,2 mètres, aujourd’hui musée des arts et traditions populaires catalans. Collioure : élue Village préféré des Français en 2024, ce port de 2 637 habitants a vu naître le fauvisme à l’été 1905, quand Henri Matisse et André Derain y peignirent côte à côte. Banyuls-sur-Mer : la première réserve marine de France y a été créée par arrêté du 26 février 1974, sur 650 hectares et 6,5 kilomètres de côte partagés avec Cerbère. Argelès-sur-Mer : sept kilomètres de sable au nord, la crique du Racou au sud, et sur les hauteurs la réserve naturelle nationale de la forêt de la Massane, hêtraie d’altitude laissée en libre évolution. Canet-en-Roussillon : station de la plaine adossée à l’étang de Canet-Saint-Nazaire, où subsiste un village de cabanes de pêcheurs en roseau tressé. Saint-Cyprien : l’un des plus vastes ports de plaisance de la Méditerranée française, doublé d’un golf en bord de mer et d’une collection d’art municipale. Le Barcarès : le paquebot Lydia y a été échoué volontairement dans le sable en 1967, à quelques centaines de mètres de l’étang de Salses-Leucate et de ses 5 400 hectares. Céret : capitale du Vallespir, elle accueillit Picasso dès l’été 1911 ; son musée d’art moderne, fondé en 1950, détient 78 œuvres du peintre, dont 57 données par lui. Prades : au pied du Canigó, la ville où Pablo Casals s’installa en exil accueille depuis 1950 un festival de musique de chambre d’une quarantaine de concerts. Villefranche-de-Conflent : cité fondée en 1092, classée Plus Beau Village de France et inscrite à l’UNESCO en 2008 avec son enceinte, son fort Libéria et la grotte fortifiée de la Cova Bastera. 205 habitants. Font-Romeu-Odeillo-Via : station cerdane où voisinent le four solaire d’Odeillo, en service depuis 1969, et le Centre national d’entraînement en altitude ouvert en février 1967 à 1 850 mètres. Les Angles : porte du Capcir et de ses lacs de barrage, la station domine un plateau réputé pour ses hivers rigoureux et son ciel sec. Amélie-les-Bains-Palalda : ville d’eaux du Vallespir dont les Romains exploitaient déjà les sources sulfureuses, comme l’attestent les vestiges de thermes antiques encore visibles. Tautavel : la Caune de l’Arago, fouillée chaque année depuis avril 1964, a livré des restes humains datés de 300 000 à 450 000 ans, présentés au musée de préhistoire du village. Elne : siège d’un évêché jusqu’en 1601, l’ancienne Illiberis garde une cathédrale consacrée en 1069 et l’un des plus beaux cloîtres de marbre du Midi.
Quels sites naturels voir dans les Pyrénées-Orientales ?
Le massif du Canigó, labellisé Grand Site de France en 2012, domine le département depuis ses 2 784 mètres et se gravit par trois itinéraires de deux à quatre heures. Plus à l’ouest, le lac des Bouillouses s’étend sur 149 hectares à 2 016 mètres, au départ des sentiers du massif du Carlit. Le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes, créé le 5 mars 2004 sur environ 137 000 hectares, protège le Capcir, la Cerdagne et le Conflent. Onze réserves naturelles catalanes couvrent quelque 17 000 hectares, de la forêt de la Massane à la vallée d’Eyne. Côté mer, l’étang de Salses-Leucate, partagé avec l’Aude, est classé site Ramsar depuis 2017.
Quelles activités nautiques pratiquer dans les Pyrénées-Orientales ?
Le littoral offre deux terrains distincts. Sur la côte Vermeille, entre Argelès-sur-Mer et Cerbère, les fonds rocheux se prêtent à la plongée : la réserve marine de Cerbère-Banyuls, première du genre en France, a aménagé un sentier sous-marin balisé qui s’explore à la palme et au tuba. Au nord, les plages de Sainte-Marie-la-Mer, Torreilles, Le Barcarès et Canet-en-Roussillon conviennent mieux à la voile légère, au paddle et au catamaran. L’étang de Salses-Leucate, vaste et peu profond, compte parmi les plans d’eau les plus courus du Sud pour la planche à voile et le kitesurf, grâce à la tramontane.
Que faire en plein air dans les Pyrénées-Orientales ?
Le Train jaune constitue à lui seul une sortie : ses 62,5 kilomètres relient Villefranche-Vernet-les-Bains, à 427 mètres, à Latour-de-Carol-Enveitg, en franchissant le pont Gisclard, dernier pont suspendu ferroviaire encore exploité en France. La gare de Bolquère-Eyne, à 1 592 mètres, est la plus haute du réseau SNCF. Les GR 10 et GR 36 traversent le massif du Canigó, tandis que sept domaines réunis sous la bannière des Neiges Catalanes couvrent l’hiver entre 1 500 et 2 700 mètres. En saison douce, comptez sur les via ferrata du Conflent, les parcours acrobatiques en forêt et les randonnées équestres du Capcir.
Que faire dans les Pyrénées-Orientales quand il pleut ?
Quand l’averse tombe sur la plaine, ou quand la canicule vide les plages à la mi-journée, l’eau thermale reste la meilleure réponse : cinq stations, Amélie-les-Bains, Le Boulou, Molitg-les-Bains, La Preste et Vernet-les-Bains, ouvrent leurs bassins et leurs espaces bien-être aux visiteurs de passage. Les grottes du Conflent et de Fontrabiouse gardent une température constante toute l’année. À Perpignan, le Palais des rois de Majorque, le musée Hyacinthe-Rigaud et le Campo Santo, unique cloître-cimetière médiéval de France, se visitent à couvert, comme le musée de préhistoire de Tautavel. S’y ajoutent un grand aquarium à Canet-en-Roussillon, des centres aquatiques, des salles d’escalade et des escape games.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Où découvrir l’artisanat et les produits du terroir dans les Pyrénées-Orientales ?
Le Roussillon est le vignoble le plus méridional de France et le premier producteur français de vins doux naturels, avec les appellations Banyuls, Banyuls Grand Cru, Maury, Rivesaltes et Muscat de Rivesaltes, complétées par les vins secs des AOP Collioure et Côtes du Roussillon. Les terrasses de schiste de la côte Vermeille, entretenues à la main, comptent parmi les vignobles les plus escarpés du pays et se parcourent à pied. Ailleurs, on visite des moulins à huile, des ateliers de poterie et d’espadrilles, des salaisons d’anchois à Collioure et des ruchers de montagne. Les marchés de Céret, Prades et Perpignan alignent abricots rouges, artichauts et fromages fermiers.
Le Pays catalan, de la Méditerranée au Canigó
Deux littoraux qui ne se ressemblent pas. Le rivage change de nature au sud d’Argelès-sur-Mer. Au nord, la Salanque déroule des plages de sable large, bordées d’étangs saumâtres : celui de Salses-Leucate, 5 400 hectares pour deux mètres de profondeur moyenne, accueille des parcs à huîtres depuis 1963 et 280 espèces d’oiseaux recensées sur ses zones humides périphériques, ce qui lui a valu le label Ramsar en 2017. C’est là que se pratiquent la planche à voile et le kitesurf, poussés par une tramontane régulière. Au sud commence la côte Vermeille, où le massif des Albères plonge dans la mer et fragmente le trait de côte en criques de schiste. Collioure y a fixé son image : le clocher rond de l’église Notre-Dame-des-Anges, bâtie de 1684 à 1691, était un phare avant d’être un clocher, et c’est dans ce décor que Matisse et Derain inventèrent le fauvisme à l’été 1905. Un chemin balisé retrace aujourd’hui les emplacements de leurs toiles. Trois kilomètres plus loin, Port-Vendres reste un port de pêche en activité, et Banyuls-sur-Mer abrite depuis 1974 la première réserve naturelle marine de France, dont le sentier sous-marin balisé permet d’observer herbiers et mérous sans matériel de plongée. La ligne s’achève à Cerbère, dernière gare avant l’Espagne.
La montagne catalane, du Canigó au plateau cerdan. Le Canigó ne dépasse pas 2 784 mètres, mais sa position en avant-poste oriental des Pyrénées le rend visible depuis toute la Catalogne, et parfois, par réfraction, depuis la Provence à plus de 250 kilomètres. Les Catalans en ont fait une montagne fondatrice : chaque 22 juin, un feu allumé au sommet redescend en torches vers les villages pour embraser les bûchers de la Saint-Jean, tradition inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2015. Le label Grand Site de France, obtenu en 2012, encadre la fréquentation de ses trois voies d’ascension. Plus à l’ouest, la haute Cerdagne et le Capcir composent un tout autre paysage, celui d’un plateau ensoleillé et sec où l’on skie sur sept domaines réunis sous la marque des Neiges Catalanes, entre 1 500 et 2 700 mètres. La qualité de l’air y a une conséquence inattendue : le four solaire d’Odeillo, construit de 1962 à 1968 et mis en service en 1969 à Font-Romeu, concentre le rayonnement de 63 héliostats et atteint 3 300 °C, tandis que la centrale Thémis, à Targasonne, prolonge cette recherche solaire. Même logique pour le sport : le Centre national d’entraînement en altitude, ouvert en février 1967 à 1 850 mètres pour préparer les Jeux de Mexico, a depuis vu passer plus de deux cents médaillés olympiques.
Mille ans de pierre, du roman catalan aux citadelles de Vauban. Peu de départements concentrent autant d’architecture religieuse romane. L’abbaye Saint-Michel de Cuxa, à Codalet, descend d’un monastère fondé vers 840 sur la Têt et déplacé après la crue de 878 ; son cloître, taillé entre 1130 et 1140 dans le marbre rose de Villefranche, comptait 63 colonnes, dont une trentaine de chapiteaux acquis en 1907 par le sculpteur américain George Grey Barnard et devenus le cœur du musée des Cloisters à New York. Au-dessus de Casteil, l’abbaye Saint-Martin du Canigou, entreprise vers 997 par Guifred II de Cerdagne, ne s’atteint qu’à pied depuis le village, au prix de 250 mètres de dénivelé. À Elne, la cathédrale consacrée en 1069 conserve un cloître de marbre édifié sur quatre siècles. L’histoire militaire prend ensuite le relais. La forteresse de Salses, bâtie de 1497 à 1503 par les Rois catholiques pour verrouiller la frontière, inaugure en France l’architecture semi-enterrée conçue contre l’artillerie, avec des murailles de six à dix mètres d’épaisseur. Cent quatre-vingts ans plus tard, après le traité des Pyrénées, Vauban fortifie Villefranche-de-Conflent et fonde Mont-Louis en 1679 : les deux sites sont entrés au patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet 2008.
Une culture qui se mange, se danse et se boit. L’identité catalane du département se vérifie au calendrier autant qu’à table. La sardane se danse en rond sur les places de village, les colles de castellers dressent leurs tours humaines lors des fêtes, et la Semaine sainte de Perpignan garde sa procession de la Sanch, encapuchonnée de rouge. Le reste de l’année, les rendez-vous ne manquent pas : Visa pour l’Image, créé en 1989, transforme chaque fin d’été treize lieux patrimoniaux de Perpignan, dont le couvent des Minimes, en salles d’exposition de photojournalisme ; le Festival Pablo Casals donne depuis 1950 une quarantaine de concerts de musique de chambre à Prades et à l’abbaye de Cuxa ; Céret fête ses cerises, dont les premières récoltes de France partent traditionnellement pour l’Élysée. Le vignoble, lui, occupe les schistes de Maury, les galets de Rivesaltes et les terrasses vertigineuses de Banyuls, où chaque parcelle se travaille encore à la main. Aux vins doux naturels répondent les AOP Collioure et Côtes du Roussillon, les IGP Côtes Catalanes et Côte Vermeille. Randonneur pressé d’attaquer le Canigó, famille installée dix jours au Barcarès, amateur de vins doux ou curiste du Vallespir : chacun repart d’ici avec un séjour différent. Totem Adventure réunit les activités et les adresses des Pyrénées-Orientales et les classe par profil, du bord de mer aux vallées d’altitude.
À retenir
- Un département de 4 116 km² pour 492 964 habitants recensés en 2022, répartis dans 224 communes et trois arrondissements (Perpignan, Céret, Prades).
- Deux sites UNESCO depuis juillet 2008 au titre des fortifications de Vauban : Villefranche-de-Conflent et Mont-Louis, plus haute ville fortifiée de France à 1 600 mètres.
- Cinq Plus Beaux Villages de France : Castelnou, Eus, Évol, Villefranche-de-Conflent et Prats-de-Mollo-la-Preste.
- La première réserve naturelle marine de France, créée à Cerbère-Banyuls par arrêté du 26 février 1974 sur 650 hectares et 6,5 kilomètres de côte.
- Le Train jaune et ses 62,5 kilomètres, avec la gare de Bolquère-Eyne à 1 592 mètres, la plus haute du réseau SNCF.
29,1 millions de nuitées touristiques en 2024, sous un climat qui offre près de 300 jours de soleil par an.
Vos questions sur les activités et loisirs dans les Pyrénées-Orientales
Mer et montagne se touchent presque dans ce département, et la question qui revient le plus souvent porte justement sur la façon d’articuler les deux en un seul séjour. Voici les réponses aux interrogations les plus fréquentes, sur les sites à voir, les saisons, le budget et les spécialités à goûter. Chaque réponse s’appuie sur des données vérifiées.
Le massif du Canigó, Grand Site de France depuis 2012, la cité fortifiée de Villefranche-de-Conflent et la citadelle de Mont-Louis, toutes deux inscrites à l’UNESCO en 2008, le port de Collioure élu Village préféré des Français en 2024, la forteresse de Salses bâtie de 1497 à 1503, et le musée de préhistoire de Tautavel constituent la première liste à cocher.
Oui, en pratique. Les stations des Neiges Catalanes, situées entre 1 500 et 2 700 mètres, se trouvent à environ une heure trente de route des plages du Roussillon. Font-Romeu, Les Angles ou Porté-Puymorens se rejoignent facilement dans la matinée depuis Perpignan, et la mer reste accessible l’après-midi au printemps.
Le Train jaune, ses wagons découverts et ses 19 tunnels séduisent tous les âges, tout comme le musée de préhistoire de Tautavel, les grottes aménagées du Conflent et de Fontrabiouse, le sentier sous-marin de la réserve de Cerbère-Banyuls et les plages de sable peu profondes de Sainte-Marie-la-Mer, Canet-en-Roussillon et Torreilles.
Mai, juin et septembre réunissent le plus d’atouts : mer déjà ou encore baignable, sentiers du Canigó dégagés, cerises de Céret en juin, vendanges en septembre et affluence modérée. L’hiver reste intéressant pour le ski et le thermalisme, avec près de 300 jours de soleil annuels sur le département.
La cargolade d’escargots grillés au sarment, les boles de picolat, l’ollada et l’escalivade côté salé ; la rousquille, les bunyetes et la crème catalane côté sucré. Ajoutez les anchois de Collioure IGP, les abricots rouges du Roussillon AOP depuis 2016, et les vins doux naturels de Banyuls, Maury et Rivesaltes.
Dix stations balnéaires se partagent le littoral. Le sable large et les fonds progressifs dominent au nord, du Barcarès à Canet-en-Roussillon et Saint-Cyprien. Au sud d’Argelès-sur-Mer commence la côte Vermeille, avec ses criques de schiste à Collioure, Port-Vendres, Banyuls-sur-Mer et Cerbère, plus adaptées au snorkeling.