Quels musées et monuments visiter à Biarritz ?
Le Rocher de la Vierge concentre l’histoire de la ville en un seul site. Napoléon III y fait percer en 1864 un tunnel de soixante-quinze mètres sous le plateau de l’Atalaye pour desservir un port-refuge jamais achevé, et la statue de la Vierge y est installée la même année. La passerelle métallique actuelle date de 1886-1887 et sort des ateliers Schryver et Cie : elle est régulièrement attribuée à Gustave Eiffel, à tort. Un peu plus haut, la chapelle impériale, bâtie de 1864 à 1866 par Émile Boeswillwald pour l’impératrice Eugénie et dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, mêle roman-byzantin et hispano-mauresque ; classée monument historique en 1981, elle constitue le seul vestige bâti de la villégiature impériale. Ajoutez le casino municipal de 1929, œuvre art déco d’Alfred Laulhé inscrite en 1992, la silhouette néomédiévale de la Villa Belza construite dans les années 1880, et trois collections permanentes : le Musée de la Mer dans son bâtiment art déco, la Cité de l’Océan signée Steven Holl, et une collection d’art asiatique réunie par un collectionneur privé, riche de pièces d’Inde, du Népal, du Tibet et de Chine, présentée dans un musée de la ville.
Que faire en plein air à Biarritz et alentour ?
Le golf tient une place ancienne ici : un parcours dessiné en 1888 par Tom et Willie Dunn, l’un des plus anciens du continent européen, a été remanié par Harry Colt dans les années 1920. À pied, le sentier du littoral longe les falaises vers le sud jusqu’à Bidart et Guéthary, et les boucles des lacs Marion et Mouriscot offrent huit kilomètres à plat depuis la Milady. À vélo, l’itinéraire de la Vélodyssée traverse la commune et rejoint Anglet vers le nord, Bidart et Saint-Jean-de-Luz vers le sud. Les collines d’Arcangues et d’Arbonne, à moins de dix kilomètres, ouvrent sur les premiers pâturages et les centres équestres du piémont ; les parcours acrobatiques en forêt et les bases de loisirs de plein air se trouvent dans cette même couronne rurale.
Que faire à Biarritz quand il pleut ou en cas de canicule ?
Trois musées répondent à la question sans quitter la ville. Le Musée de la Mer, ouvert au public le 10 août 1933 et inauguré officiellement le 7 juillet 1935, descend d’un premier musée de la mer créé en 1871 par le marquis Léopold de Folin ; son extension de 2011 a doublé la surface de visite, portée de 3 500 à 7 000 mètres carrés, autour d’un grand bassin à requins et d’une colonie de phoques visible aux heures de nourrissage. La Cité de l’Océan, ouverte la même année dans un bâtiment en creux de vague conçu par Steven Holl, traite de l’océanographie en salles immersives. Un troisième musée de la ville présente une collection d’art asiatique constituée par un collectionneur privé, avec des pièces d’Inde, du Népal, du Tibet et de Chine. Ajoutez les trinquets couverts, où la pelote se joue par tous les temps, et les centres de thalassothérapie du front de mer, qui pompent l’eau de mer au large avant de la tempérer pour les soins.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Où trouver l’artisanat et les produits du terroir à Biarritz ?
Les Halles, ouvertes tous les jours de 7 h à 14 h, servent de point de ralliement au terroir basque : fromages de brebis, charcuteries de montagne, poissons débarqués la veille, gâteaux basques. Dans un rayon de vingt-cinq kilomètres se concentrent quatre appellations parmi les plus anciennes du Pays basque : l’ossau-iraty, fromage de brebis au lait cru, le vin d’Irouléguy (AOC en 1970, AOP en 2013), le piment d’Espelette (AOC en 2000, AOP en 2002) et le porc Kintoa (AOC en 2016, AOP en 2017). Le jambon et le chocolat, eux, relèvent de Bayonne, à huit kilomètres en remontant l’Adour. Les ateliers de linge basque, d’espadrilles et de makhilas se répartissent entre Bayonne, Ustaritz et les villages de l’arrière-pays.
Quels hébergements de charme choisir à Biarritz ?
Deux générations de bâti se partagent l’offre, et elles racontent les deux vies de la ville. La première vient de la villégiature : à partir de l’été 1854, la cour impériale puis l’aristocratie européenne couvrent les falaises de villas à toits d’ardoise et de palaces tournés vers la Grande Plage, dont les quartiers Saint-Charles, Beaurivage et Côte des Basques gardent la trame. Ces maisons Belle Époque et les immeubles art déco des années 1920 abritent aujourd’hui des chambres avec vue sur l’océan et jardin en terrasse, dans un décor que la ville a conservé faute d’avoir jamais été rasée. La seconde génération est née du surf, soixante-dix ans après la première : une vague d’adresses au dessin contemporain s’est installée autour de la Côte des Basques et du plateau sud, calées sur les usages de la glisse, rangement à planches, douches extérieures et petits déjeuners réglés sur les marées. Le chiffre dit l’ampleur du marché : sur 26 457 logements recensés en 2023, 10 606 sont des résidences secondaires, soit 40 % du parc.
Que manger à Biarritz ?
Ici, la carte commence au port des Pêcheurs. Les chipirons, ces petits calmars saisis à la plancha, sont le marqueur de la ville : pêchés au large en saison, ils se servent le jour même, entiers, à peine relevés d’ail et de persil. Le reste de l’assiette suit ce que rapportent les barques dans cette anse coincée entre le Rocher de la Vierge et la Grande Plage, où les cabanons de pêcheurs, les crampottes, tiennent toujours le quai : merlu de ligne, poissons de roche, thon de saison. La seconde influence tient à l’histoire de la station. Un siècle et demi de villégiature, ouvert par la saison impériale de 1854 et prolongé par les palaces de la Belle Époque, a installé sur ces falaises une table balnéaire tournée vers le produit de la côte plutôt que vers la montagne, avec des cuissons brèves et des sauces courtes. Deux douceurs suffisent à refermer le repas : le gâteau basque, garni de crème pâtissière ou de cerise noire, et un verre d’irouléguy, l’appellation du vignoble basque reconnue en AOC dès 1970.
Biarritz, de la baleine à la vague
Une avancée rocheuse entre l’Adour et la Nivelle. La commune tient sur 1 166 hectares, coincée entre Anglet au nord, Bidart au sud, Arbonne et Arcangues à l’est. Rien n’y dépasse 85 mètres, mais la côte s’y redresse brutalement : le plateau de l’Atalaye, la pointe Saint-Martin et les falaises de la Côte des Basques forment une avancée rocheuse qui interrompt le long cordon sableux des Landes. C’est cette rupture géologique qui explique tout le reste. Elle crée les criques abritées où l’on a pu mouiller des barques, les fonds sous-marins qui font lever la houle atlantique en vagues régulières, et les points hauts d’où l’on voit venir la mer. Le phare planté sur la pointe Saint-Martin, construit de 1830 à 1832, résume la géographie : sa tour de 47 mètres porte un feu à 73 mètres au-dessus du niveau de la mer, visible à 26 milles nautiques, soit 48 kilomètres. Il faut gravir 248 marches pour atteindre la galerie, d’où l’on distingue par temps clair la chaîne des Pyrénées et les côtes espagnoles.
Trois siècles de chasse à la baleine. Avant les villas et les surfeurs, Biarritz était un village de pêcheurs organisé autour d’une seule proie. Les baleines franches remontaient le golfe de Gascogne en hiver ; des guetteurs se relayaient sur le plateau de l’Atalaye, dont le nom vient précisément du mot désignant la tour de guet, et allumaient un feu ou sonnaient la cloche dès qu’un souffle apparaissait au large. Les équipages partaient alors à la rame. Cette économie a nourri la commune du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, avant de s’éteindre avec la raréfaction des cétacés : la dernière prise biarrote est datée des 2 et 3 mars 1686. Le village, longtemps rattaché à Bayonne, s’en émancipe à la charnière des XVIe et XVIIe siècles. Il faudra attendre la fin du XVIIIe pour qu’une autre raison de venir apparaisse, les bains de mer, que la médecine de l’époque prescrit pour leurs vertus toniques.
La saison impériale et ce qu’elle a laissé. L’été 1854 change la trajectoire de la commune. Eugénie de Montijo, qui passait ses étés sur cette côte enfant, convainc Napoléon III de venir. Le couple impérial fait construire la villa Eugénie face à la Grande Plage et y revient chaque saison jusqu’en 1868. La cour suit, puis l’aristocratie européenne. En dix ans, le village devient une station : le chemin de fer arrive en 1864, une seconde gare plus proche du rivage ouvre en 1911, et les quartiers de villas gagnent les falaises. La communauté britannique fait bâtir son église anglicane en 1876, les Russes leur église orthodoxe en 1892. De la résidence impériale elle-même, il ne reste presque rien : la chapelle impériale, achevée en 1866 et classée en 1981, en est l’unique vestige bâti. La Belle Époque prend le relais avec ses casinos et ses palaces, puis les années 1920 imposent l’art déco, dont le casino municipal d’Alfred Laulhé, ouvert en 1929 sur la Grande Plage, reste la pièce majeure.
1957, l’année où tout a rebasculé. L’histoire du surf français commence par un tournage. En 1956, le producteur californien Dick Zanuck vient filmer une adaptation de Hemingway sur la côte et fait expédier une planche depuis les États-Unis. L’année suivante, le scénariste Peter Viertel revient avec plusieurs planches et transmet la pratique à Georges Hennebutte, Jacky Rott et Joël de Rosnay. Le Waikiki Surf Club se crée en septembre 1959, le Surf Club de France en 1964. Hennebutte, bricoleur obstiné, met au point le fil qui relie la planche au surfeur, ancêtre du leash utilisé partout aujourd’hui. La Côte des Basques devient le spot de référence, statut qu’elle n’a jamais perdu : c’est là que se donnent rendez-vous les longboarders, là que la ville organise ses rassemblements de vagues, et là que la plupart des visiteurs prennent leur première leçon.
Une saison qui ne s’arrête plus en septembre. Le calendrier biarrot s’est étalé sur toute l’année. Le FIPADOC, festival international du documentaire, occupe la ville en janvier. Le Temps d’Aimer la Danse, créé en 1990 et porté par la compagnie chorégraphique installée à Biarritz, investit théâtres, plages et places publiques en septembre, avec une part de spectacles gratuits. Le Festival Biarritz Amérique latine prolonge le mois de septembre côté cinéma, et le Biarritz Piano Festival occupe la fin juillet et le début août. Entre ces rendez-vous, la vie locale tient aux Halles ouvertes chaque matin, aux parties de pelote dans les trinquets, aux compétitions de surf qui s’enchaînent d’avril à octobre et à la lumière rasante de fin de journée sur la Côte des Basques, quand la plage se remplit de gens venus simplement regarder. En 2019, le sommet du G7 s’est tenu ici du 24 au 26 août. Pour organiser votre séjour, du phare de la pointe Saint-Martin aux lacs de l’arrière-plage, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Biarritz et de la côte basque nord.
À retenir
- Miarritze en basque, 26 206 habitants au recensement 2023, 1 166 hectares et 4 km de façade océanique entre Anglet et Bidart.
- Six plages accessibles par escaliers depuis la falaise : Grande Plage, Miramar, Port Vieux, Côte des Basques, Marbella et Milady.
- Berceau du surf européen : planches introduites en 1956-1957 par Peter Viertel, premiers surfeurs français formés sur la Côte des Basques, Waikiki Surf Club fondé en septembre 1959.
- Phare de la pointe Saint-Martin construit de 1830 à 1832 : tour de 47 mètres, feu à 73 mètres, 248 marches, portée de 26 milles nautiques (48 km).
- Villégiature impériale ouverte à l’été 1854 par Eugénie et Napoléon III ; la chapelle impériale (1864-1866, classée en 1981) en est le seul vestige bâti.
- Rocher de la Vierge : tunnel de 75 mètres percé en 1864 sous le plateau de l’Atalaye, passerelle métallique de 1886-1887 des ateliers Schryver, souvent attribuée à tort à Eiffel.
- Musée de la Mer ouvert le 10 août 1933 et agrandi en 2011 de 3 500 à 7 000 m² de visite ; Cité de l’Océan inaugurée la même année, bâtiment de Steven Holl.
- Terroir à moins de 25 km : ossau-iraty, Irouléguy (AOC 1970), piment d’Espelette (AOP 2002), Kintoa (AOP 2017) ; le jambon et le chocolat relèvent de Bayonne, à 8 km.
Vos questions avant de partir à Biarritz
Les mêmes interrogations reviennent avant un séjour ici : combien de temps rester, quelle plage choisir selon son niveau, que faire les jours de pluie ou de forte chaleur, et jusqu’où pousser à la journée. Voici de quoi arbitrer avant de réserver.
Commencez par le port des Pêcheurs et le Rocher de la Vierge par la passerelle de 1886, montez au phare de la pointe Saint-Martin et ses 248 marches, redescendez par la Grande Plage jusqu’aux Halles pour le déjeuner, puis passez l’après-midi sur la Côte des Basques. Comptez une heure de plus pour la chapelle impériale.
Parce que la pratique y a été introduite en 1956-1957, quand une équipe de cinéma américaine fait venir des planches de Californie et que le scénariste Peter Viertel initie Georges Hennebutte, Jacky Rott et Joël de Rosnay sur la Côte des Basques. Le premier club français, le Waikiki Surf Club, y naît en septembre 1959.
La Côte des Basques pour apprendre à surfer et pour le coucher de soleil, avec un long estran découvert à marée basse. Le Port Vieux, petite crique abritée entre deux pointes, pour la baignade familiale et les jours de forte houle. La Grande Plage et la Milady pour les vagues plus formées et l’espace.
Le Musée de la Mer et ses phoques, la Cité de l’Océan et ses salles immersives, la baignade abritée du Port Vieux, l’aire de jeux du lac Marion et sa boucle ombragée. Une première leçon de surf se donne dès six ou sept ans sur la Côte des Basques, encadrée par des moniteurs diplômés.
De mai à début juillet et de septembre à octobre : l’eau reste tempérée, la houle d’automne fait les meilleures sessions de surf, et les festivals de septembre animent la ville sans l’affluence d’août. Le climat océanique rend l’hiver doux mais pluvieux, avec une partie des sites ouverts en horaires réduits.
Bayonne à huit kilomètres pour sa cathédrale gothique, ses remparts et ses chocolatiers, Anglet et la forêt de pins du Chiberta au nord, Bidart et son château d’Ilbarritz à cinq kilomètres, Guéthary et son port de pêche, puis Saint-Jean-de-Luz et sa baie fermée par trois digues, à un quart d’heure de route vers le sud.
