Biarritz

Villa Belza, Biarritz
Quatre kilomètres de falaises, un phare à 73 mètres, et une plage où le surf européen a commencé.

Biarritz, Miarritze en basque, tient sur 1 166 hectares de falaises et de sable entre Anglet et Bidart, à moins de vingt-cinq kilomètres de la frontière espagnole. La commune compte 26 206 habitants au recensement de 2023, pour quatre kilomètres de façade océanique et une altitude qui ne dépasse jamais 85 mètres. Pendant des siècles, les Biarrots ont vécu de la baleine : des guetteurs postés sur le plateau de l’Atalaye signalaient les cétacés au large et donnaient l’alerte aux barques du port. La dernière prise remonte aux 2 et 3 mars 1686. Le basculement se produit à l’été 1854, quand l’impératrice Eugénie, qui fréquentait cette côte depuis son enfance, y amène Napoléon III. Le couple fait bâtir la villa Eugénie et revient chaque saison jusqu’en 1868 ; le chemin de fer suit en 1864, les villas montent sur les falaises, une église anglicane s’élève en 1876 et une église orthodoxe russe en 1892. Un siècle plus tard, la ville change une seconde fois de métier. En 1957, le scénariste américain Peter Viertel rapporte des planches de Californie et initie trois Biarrots au surf sur la Côte des Basques : Georges Hennebutte, Jacky Rott et Joël de Rosnay, que l’on appellera les Tontons Surfeurs. Le Waikiki Surf Club naît en septembre 1959. Aujourd’hui, quatre logements sur dix sont des résidences secondaires, le phare de la pointe Saint-Martin veille toujours au-dessus des rouleaux, et l’on vient ici autant pour la houle que pour les toits d’ardoise de la Belle Époque.

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Quels musées et monuments visiter à Biarritz ?

Le Rocher de la Vierge concentre l’histoire de la ville en un seul site. Napoléon III y fait percer en 1864 un tunnel de soixante-quinze mètres sous le plateau de l’Atalaye pour desservir un port-refuge jamais achevé, et la statue de la Vierge y est installée la même année. La passerelle métallique actuelle date de 1886-1887 et sort des ateliers Schryver et Cie : elle est régulièrement attribuée à Gustave Eiffel, à tort. Un peu plus haut, la chapelle impériale, bâtie de 1864 à 1866 par Émile Boeswillwald pour l’impératrice Eugénie et dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, mêle roman-byzantin et hispano-mauresque ; classée monument historique en 1981, elle constitue le seul vestige bâti de la villégiature impériale. Ajoutez le casino municipal de 1929, œuvre art déco d’Alfred Laulhé inscrite en 1992, la silhouette néomédiévale de la Villa Belza construite dans les années 1880, et trois collections permanentes : le Musée de la Mer dans son bâtiment art déco, la Cité de l’Océan signée Steven Holl, et une collection d’art asiatique réunie par un collectionneur privé, riche de pièces d’Inde, du Népal, du Tibet et de Chine, présentée dans un musée de la ville.

Que faire en plein air à Biarritz et alentour ?

Le golf tient une place ancienne ici : un parcours dessiné en 1888 par Tom et Willie Dunn, l’un des plus anciens du continent européen, a été remanié par Harry Colt dans les années 1920. À pied, le sentier du littoral longe les falaises vers le sud jusqu’à Bidart et Guéthary, et les boucles des lacs Marion et Mouriscot offrent huit kilomètres à plat depuis la Milady. À vélo, l’itinéraire de la Vélodyssée traverse la commune et rejoint Anglet vers le nord, Bidart et Saint-Jean-de-Luz vers le sud. Les collines d’Arcangues et d’Arbonne, à moins de dix kilomètres, ouvrent sur les premiers pâturages et les centres équestres du piémont ; les parcours acrobatiques en forêt et les bases de loisirs de plein air se trouvent dans cette même couronne rurale.

Que faire à Biarritz quand il pleut ou en cas de canicule ?

Trois musées répondent à la question sans quitter la ville. Le Musée de la Mer, ouvert au public le 10 août 1933 et inauguré officiellement le 7 juillet 1935, descend d’un premier musée de la mer créé en 1871 par le marquis Léopold de Folin ; son extension de 2011 a doublé la surface de visite, portée de 3 500 à 7 000 mètres carrés, autour d’un grand bassin à requins et d’une colonie de phoques visible aux heures de nourrissage. La Cité de l’Océan, ouverte la même année dans un bâtiment en creux de vague conçu par Steven Holl, traite de l’océanographie en salles immersives. Un troisième musée de la ville présente une collection d’art asiatique constituée par un collectionneur privé, avec des pièces d’Inde, du Népal, du Tibet et de Chine. Ajoutez les trinquets couverts, où la pelote se joue par tous les temps, et les centres de thalassothérapie du front de mer, qui pompent l’eau de mer au large avant de la tempérer pour les soins.

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Où trouver l’artisanat et les produits du terroir à Biarritz ?

Les Halles, ouvertes tous les jours de 7 h à 14 h, servent de point de ralliement au terroir basque : fromages de brebis, charcuteries de montagne, poissons débarqués la veille, gâteaux basques. Dans un rayon de vingt-cinq kilomètres se concentrent quatre appellations parmi les plus anciennes du Pays basque : l’ossau-iraty, fromage de brebis au lait cru, le vin d’Irouléguy (AOC en 1970, AOP en 2013), le piment d’Espelette (AOC en 2000, AOP en 2002) et le porc Kintoa (AOC en 2016, AOP en 2017). Le jambon et le chocolat, eux, relèvent de Bayonne, à huit kilomètres en remontant l’Adour. Les ateliers de linge basque, d’espadrilles et de makhilas se répartissent entre Bayonne, Ustaritz et les villages de l’arrière-pays.

Quels hébergements de charme choisir à Biarritz ?

Deux générations de bâti se partagent l’offre, et elles racontent les deux vies de la ville. La première vient de la villégiature : à partir de l’été 1854, la cour impériale puis l’aristocratie européenne couvrent les falaises de villas à toits d’ardoise et de palaces tournés vers la Grande Plage, dont les quartiers Saint-Charles, Beaurivage et Côte des Basques gardent la trame. Ces maisons Belle Époque et les immeubles art déco des années 1920 abritent aujourd’hui des chambres avec vue sur l’océan et jardin en terrasse, dans un décor que la ville a conservé faute d’avoir jamais été rasée. La seconde génération est née du surf, soixante-dix ans après la première : une vague d’adresses au dessin contemporain s’est installée autour de la Côte des Basques et du plateau sud, calées sur les usages de la glisse, rangement à planches, douches extérieures et petits déjeuners réglés sur les marées. Le chiffre dit l’ampleur du marché : sur 26 457 logements recensés en 2023, 10 606 sont des résidences secondaires, soit 40 % du parc.

Que manger à Biarritz ?

Ici, la carte commence au port des Pêcheurs. Les chipirons, ces petits calmars saisis à la plancha, sont le marqueur de la ville : pêchés au large en saison, ils se servent le jour même, entiers, à peine relevés d’ail et de persil. Le reste de l’assiette suit ce que rapportent les barques dans cette anse coincée entre le Rocher de la Vierge et la Grande Plage, où les cabanons de pêcheurs, les crampottes, tiennent toujours le quai : merlu de ligne, poissons de roche, thon de saison. La seconde influence tient à l’histoire de la station. Un siècle et demi de villégiature, ouvert par la saison impériale de 1854 et prolongé par les palaces de la Belle Époque, a installé sur ces falaises une table balnéaire tournée vers le produit de la côte plutôt que vers la montagne, avec des cuissons brèves et des sauces courtes. Deux douceurs suffisent à refermer le repas : le gâteau basque, garni de crème pâtissière ou de cerise noire, et un verre d’irouléguy, l’appellation du vignoble basque reconnue en AOC dès 1970.

Vos questions avant de partir à Biarritz

Les mêmes interrogations reviennent avant un séjour ici : combien de temps rester, quelle plage choisir selon son niveau, que faire les jours de pluie ou de forte chaleur, et jusqu’où pousser à la journée. Voici de quoi arbitrer avant de réserver.

Commencez par le port des Pêcheurs et le Rocher de la Vierge par la passerelle de 1886, montez au phare de la pointe Saint-Martin et ses 248 marches, redescendez par la Grande Plage jusqu’aux Halles pour le déjeuner, puis passez l’après-midi sur la Côte des Basques. Comptez une heure de plus pour la chapelle impériale.

Parce que la pratique y a été introduite en 1956-1957, quand une équipe de cinéma américaine fait venir des planches de Californie et que le scénariste Peter Viertel initie Georges Hennebutte, Jacky Rott et Joël de Rosnay sur la Côte des Basques. Le premier club français, le Waikiki Surf Club, y naît en septembre 1959.

La Côte des Basques pour apprendre à surfer et pour le coucher de soleil, avec un long estran découvert à marée basse. Le Port Vieux, petite crique abritée entre deux pointes, pour la baignade familiale et les jours de forte houle. La Grande Plage et la Milady pour les vagues plus formées et l’espace.

Le Musée de la Mer et ses phoques, la Cité de l’Océan et ses salles immersives, la baignade abritée du Port Vieux, l’aire de jeux du lac Marion et sa boucle ombragée. Une première leçon de surf se donne dès six ou sept ans sur la Côte des Basques, encadrée par des moniteurs diplômés.

De mai à début juillet et de septembre à octobre : l’eau reste tempérée, la houle d’automne fait les meilleures sessions de surf, et les festivals de septembre animent la ville sans l’affluence d’août. Le climat océanique rend l’hiver doux mais pluvieux, avec une partie des sites ouverts en horaires réduits.

Bayonne à huit kilomètres pour sa cathédrale gothique, ses remparts et ses chocolatiers, Anglet et la forêt de pins du Chiberta au nord, Bidart et son château d’Ilbarritz à cinq kilomètres, Guéthary et son port de pêche, puis Saint-Jean-de-Luz et sa baie fermée par trois digues, à un quart d’heure de route vers le sud.