Espelette

Rue typique du village d'Espelette
Un village où l'on sait, rien qu'en regardant les murs, quel mois de l'année on est.

Espelette, Ezpeleta en basque, occupe le versant nord du Mondarrain, dans la province du Labourd, à 22 kilomètres de Bayonne et à 6 kilomètres de Cambo-les-Bains. Le nom vient du basque ezpel, le buis, suivi du suffixe -eta : le lieu planté de buis. La commune compte 2 155 habitants au recensement de 2023 pour environ 27 km², sur un relief qui monte de la vallée des ruisseaux Latsa et Urotxe, affluents de la Nive, jusqu’aux 749 mètres du sommet. Elle doit sa réputation mondiale à une plante venue du Mexique par l’Espagne au XVIe siècle : le piment Gorria, séché en cordes sur les façades de septembre à novembre, est devenu le 1er juin 2000 le premier et le seul piment français reconnu en appellation d’origine contrôlée, avant d’obtenir l’AOP européenne le 22 août 2002. L’aire couvre dix communes du Labourd, environ 296 hectares et près de 200 producteurs. Mais Espelette n’est pas qu’un condiment. Au centre du bourg, le château des barons d’Ezpeleta, forteresse dont les origines remontent aux alentours de l’an mil, appartient aux habitants depuis 1694, année où la dernière baronne le leur légua : il abrite aujourd’hui la mairie, la bibliothèque et l’office de tourisme. À cent mètres de là, l’église Saint-Étienne, commencée en 1593, dresse un clocher de forteresse au-dessus d’un cimetière à stèles discoïdales. Et c’est ici qu’est né en 1826 Armand David, le naturaliste qui fit connaître le grand panda à l’Europe.

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Quels sites naturels découvrir à Espelette et autour du village ?

Le Mondarrain ferme l’horizon au sud, à 749 mètres, avec ses éboulis et sa crête rocheuse visibles depuis la place du village. Le sommet est classé Natura 2000 : on y trouve des tourbières où poussent des plantes carnivores rares, droséras et grassettes, un cromlech protohistorique et les vestiges d’une redoute, et l’on y croise en liberté des pottoks, des betizu et des vautours fauves. À 3,6 kilomètres, la commune d’Itxassou donne accès au Pas de Roland, brèche ouverte dans la roche au-dessus de la Nive, et à l’Artzamendi. Vers l’ouest, les crêtes se prolongent jusqu’à la Rhune et aux grottes de Sare, à une vingtaine de minutes de route.

Quels musées et monuments visiter à Espelette ?

Le château des barons d’Ezpeleta est le monument le plus surprenant du village, parce qu’on y entre pour poster un courrier ou emprunter un livre. Bâti vers l’an mil par une famille noble de Navarre, légué aux villageois en 1694 par la baronne Juliana Henriquez, inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1993, il a livré lors de sa restauration de 1998 les traces d’une enceinte polygonale et de cinq tours. Il accueille la mairie, la bibliothèque, l’office de tourisme et une exposition permanente sur le piment. L’église Saint-Étienne, commencée en 1593, inscrite en 1953 puis classée en 2015, aligne trois étages de galeries de bois sous des plafonds peints du XVIIe siècle et un retable baroque doré à colonnes torses. Dans son cimetière, les stèles discoïdales voisinent avec le mausolée Art déco en marbre rose d’Agnès Souret, classé en 2006. Une plaque ornée d’un panda signale, dans le bourg, la maison natale d’Armand David.

Que faire en plein air à Espelette ?

La montée au Mondarrain est la sortie de référence. Depuis le col des Veaux, à 540 mètres, la boucle par le col de Gorospil (662 m) et la crête de Bizkayluze mesure 11,5 kilomètres pour environ 500 mètres de dénivelé et trois heures et demie de marche, avec un dernier ressaut où les mains servent. Le GR 10, qui relie Hendaye à Banyuls, passe sur ces crêtes. Depuis le bourg, plusieurs boucles familiales suivent les chemins ruraux entre les champs de piment, les fermes et les collines de Souraïde, à 2,2 kilomètres. Le vélo à assistance électrique règle la question des pentes, et l’équitation se pratique sur les mêmes chemins que les pottoks. En juillet, la Course des crêtes emmène les coureurs sur les hauteurs de la commune.

Que faire à Espelette quand il pleut ou en cas de canicule ?

Le bourg se visite très bien sous la pluie, parce que l’essentiel tient dans deux bâtiments et deux cents mètres. Le château des barons abrite la bibliothèque, les salles d’exposition et l’exposition permanente consacrée au piment ; l’église Saint-Étienne se découvre à l’abri, entre ses galeries de bois, ses plafonds peints du XVIIe siècle et son retable doré. Le marché couvert se tient le mercredi matin toute l’année, sec par définition. Quand la chaleur s’installe dans la vallée, la solution est verticale : 300 mètres de dénivelé suffisent à changer de température, et les hêtraies du versant nord du Mondarrain restent fraîches en fin de journée. Les grottes de Sare, à une vingtaine de minutes, tiennent 14 degrés toute l’année. Les centres aquatiques et les cinémas du secteur se trouvent à Cambo-les-Bains et vers la côte.

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Où trouver l’artisanat et les produits du terroir à Espelette ?

Le mercredi matin de 8 heures à 12 h 30, toute l’année, le marché couvert réunit les producteurs et leurs spécialités, tandis que Merkatu Plaza accueille le non-alimentaire, linge basque et artisanat. En juillet et en août, un second marché de petits producteurs s’installe le samedi matin place du Jeu de Paume. Le piment se vend en corde, en poudre et frais en saison, à côté de l’ossau-iraty AOP, du jambon de Bayonne IGP, du gâteau basque et, en juin, des cerises noires d’Itxassou. À Larressore, à 3,4 kilomètres, se perpétue la fabrication du makhila, ce bâton de marche et d’honneur en néflier dont le bois est incisé sur pied plusieurs années avant la coupe.

Quels hébergements de charme choisir à Espelette ?

Ici, la façade change de couleur selon la saison. Les maisons labourdines d’Espelette, chaulées de blanc et bordées de rouge ou de vert, se couvrent de septembre à novembre de cordes de piment de 20 à 100 fruits, accrochées à même le mur pour finir le séchage au soleil et à l’air. Ce n’est pas une décoration installée pour les visiteurs : c’est l’étape de séchage prévue par le cahier des charges de l’appellation, et les mêmes murs sont nus en avril. Le bourg est compact, groupé autour du château et de l’église, ce qui distingue Espelette des villages voisins à quartiers dispersés comme Sare. Loger dans le centre signifie donc tout faire à pied, marché compris. Les maisons d’hôtes des coteaux, elles, offrent la vue sur le Mondarrain et le silence, à cinq minutes de voiture. Comptez vingt minutes pour descendre à Bayonne ou remonter vers Ainhoa.

Que manger à Espelette ?

Le plat d’Espelette est l’axoa de veau, prononcé « achoa ». C’est un ragoût d’épaule de veau hachée au couteau, mijotée avec de l’oignon, du poivron vert et du piment d’Espelette, servi avec des pommes de terre. Il a sa confrérie, la confrérie de l’Axoa de veau et du Piment d’Espelette, et il figure sur la quasi-totalité des ardoises de la vallée.

Le piment, lui, ne se mange pas seul : il assaisonne. Sur l’échelle simplifiée de Scoville qui va de 1 à 10, le Gorria se situe à 4, autour de la force du poivre noir, ce qui explique qu’il ait remplacé ce dernier dans la cuisine basque quand le poivre coûtait cher. On le retrouve dans la piperade, dans le jambon de Bayonne qui en est frotté, dans la ttoro, dans le chocolat et jusque dans les glaces. La récolte se fait à la main, fruit par fruit, de fin août à fin octobre, avec plusieurs passages sur le même pied.

Le reste de la carte suit le calendrier du Labourd : l’ossau-iraty de brebis manech avec sa confiture de cerise noire d’Itxassou, l’agneau de lait au printemps, la palombe en automne, et l’irouléguy, le vin des coteaux voisins, dans le verre.

Vos questions avant de partir à Espelette

Espelette se visite en une matinée, et c’est précisément ce qui pose problème : reste à savoir quand venir pour voir les façades rouges, si la fête d’octobre vaut la foule qu’elle attire, et ce qu’on fait du reste de la journée une fois l’église et le château vus. Voici les réponses les plus utiles avant de réserver.

De septembre à novembre. La récolte se fait à la main de fin août à fin octobre, et les fruits sont ensuite suspendus en cordes de 20 à 100 pièces sur les murs pour terminer leur séchage à l’air. En avril, les mêmes façades sont nues : le séchage est une étape du cahier des charges de l’appellation, pas un décor permanent.

Le dernier week-end d’octobre, sauf quand celui-ci tombe le 31. Créée en 1967, la fête dépassait déjà 30 000 visiteurs sur deux jours en 1999. Le dimanche suit un déroulé fixe : messe, bénédiction des piments, procession de la confrérie jusqu’au château, intronisations. Prévoyez de vous garer loin et de réserver votre hébergement plusieurs mois avant.

Commencez par le château des barons, qui abrite la mairie et l’exposition permanente sur le piment, puis l’église Saint-Étienne et son cimetière à stèles discoïdales. Le mercredi matin, enchaînez avec le marché couvert. L’après-midi, montez au Mondarrain, ou poussez jusqu’au Pas de Roland à Itxassou et à Cambo-les-Bains.

Non. Le Gorria se situe à 4 sur l’échelle simplifiée de Scoville, qui va de 1 à 10, soit à peu près la force du poivre noir. C’est ce qui explique son usage quotidien dans la cuisine basque, où il a longtemps remplacé un poivre trop cher. Il apporte surtout un parfum fruité et une chaleur progressive.

Environ trois heures et demie pour la boucle classique depuis le col des Veaux, à 540 mètres : 11,5 kilomètres et à peu près 500 mètres de dénivelé, par le col de Gorospil à 662 mètres et la crête de Bizkayluze. Le dernier ressaut vers le sommet, à 749 mètres, demande de poser les mains. Le GR 10 passe sur ces crêtes.

Cambo-les-Bains et sa villa Arnaga, la maison d’Edmond Rostand, à 6 km ; Itxassou, ses cerisiers et le Pas de Roland à 3,6 km ; Ainhoa, membre des Plus Beaux Villages de France ; Sare et ses grottes préhistoriques ; le lac de Saint-Pée-sur-Nivelle ; Bayonne à 22 km. La côte est à une trentaine de minutes.