Quels sites naturels découvrir à Espelette et autour du village ?
Le Mondarrain ferme l’horizon au sud, à 749 mètres, avec ses éboulis et sa crête rocheuse visibles depuis la place du village. Le sommet est classé Natura 2000 : on y trouve des tourbières où poussent des plantes carnivores rares, droséras et grassettes, un cromlech protohistorique et les vestiges d’une redoute, et l’on y croise en liberté des pottoks, des betizu et des vautours fauves. À 3,6 kilomètres, la commune d’Itxassou donne accès au Pas de Roland, brèche ouverte dans la roche au-dessus de la Nive, et à l’Artzamendi. Vers l’ouest, les crêtes se prolongent jusqu’à la Rhune et aux grottes de Sare, à une vingtaine de minutes de route.
Quels musées et monuments visiter à Espelette ?
Le château des barons d’Ezpeleta est le monument le plus surprenant du village, parce qu’on y entre pour poster un courrier ou emprunter un livre. Bâti vers l’an mil par une famille noble de Navarre, légué aux villageois en 1694 par la baronne Juliana Henriquez, inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1993, il a livré lors de sa restauration de 1998 les traces d’une enceinte polygonale et de cinq tours. Il accueille la mairie, la bibliothèque, l’office de tourisme et une exposition permanente sur le piment. L’église Saint-Étienne, commencée en 1593, inscrite en 1953 puis classée en 2015, aligne trois étages de galeries de bois sous des plafonds peints du XVIIe siècle et un retable baroque doré à colonnes torses. Dans son cimetière, les stèles discoïdales voisinent avec le mausolée Art déco en marbre rose d’Agnès Souret, classé en 2006. Une plaque ornée d’un panda signale, dans le bourg, la maison natale d’Armand David.
Que faire en plein air à Espelette ?
La montée au Mondarrain est la sortie de référence. Depuis le col des Veaux, à 540 mètres, la boucle par le col de Gorospil (662 m) et la crête de Bizkayluze mesure 11,5 kilomètres pour environ 500 mètres de dénivelé et trois heures et demie de marche, avec un dernier ressaut où les mains servent. Le GR 10, qui relie Hendaye à Banyuls, passe sur ces crêtes. Depuis le bourg, plusieurs boucles familiales suivent les chemins ruraux entre les champs de piment, les fermes et les collines de Souraïde, à 2,2 kilomètres. Le vélo à assistance électrique règle la question des pentes, et l’équitation se pratique sur les mêmes chemins que les pottoks. En juillet, la Course des crêtes emmène les coureurs sur les hauteurs de la commune.
Que faire à Espelette quand il pleut ou en cas de canicule ?
Le bourg se visite très bien sous la pluie, parce que l’essentiel tient dans deux bâtiments et deux cents mètres. Le château des barons abrite la bibliothèque, les salles d’exposition et l’exposition permanente consacrée au piment ; l’église Saint-Étienne se découvre à l’abri, entre ses galeries de bois, ses plafonds peints du XVIIe siècle et son retable doré. Le marché couvert se tient le mercredi matin toute l’année, sec par définition. Quand la chaleur s’installe dans la vallée, la solution est verticale : 300 mètres de dénivelé suffisent à changer de température, et les hêtraies du versant nord du Mondarrain restent fraîches en fin de journée. Les grottes de Sare, à une vingtaine de minutes, tiennent 14 degrés toute l’année. Les centres aquatiques et les cinémas du secteur se trouvent à Cambo-les-Bains et vers la côte.
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Où trouver l’artisanat et les produits du terroir à Espelette ?
Le mercredi matin de 8 heures à 12 h 30, toute l’année, le marché couvert réunit les producteurs et leurs spécialités, tandis que Merkatu Plaza accueille le non-alimentaire, linge basque et artisanat. En juillet et en août, un second marché de petits producteurs s’installe le samedi matin place du Jeu de Paume. Le piment se vend en corde, en poudre et frais en saison, à côté de l’ossau-iraty AOP, du jambon de Bayonne IGP, du gâteau basque et, en juin, des cerises noires d’Itxassou. À Larressore, à 3,4 kilomètres, se perpétue la fabrication du makhila, ce bâton de marche et d’honneur en néflier dont le bois est incisé sur pied plusieurs années avant la coupe.
Quels hébergements de charme choisir à Espelette ?
Ici, la façade change de couleur selon la saison. Les maisons labourdines d’Espelette, chaulées de blanc et bordées de rouge ou de vert, se couvrent de septembre à novembre de cordes de piment de 20 à 100 fruits, accrochées à même le mur pour finir le séchage au soleil et à l’air. Ce n’est pas une décoration installée pour les visiteurs : c’est l’étape de séchage prévue par le cahier des charges de l’appellation, et les mêmes murs sont nus en avril. Le bourg est compact, groupé autour du château et de l’église, ce qui distingue Espelette des villages voisins à quartiers dispersés comme Sare. Loger dans le centre signifie donc tout faire à pied, marché compris. Les maisons d’hôtes des coteaux, elles, offrent la vue sur le Mondarrain et le silence, à cinq minutes de voiture. Comptez vingt minutes pour descendre à Bayonne ou remonter vers Ainhoa.
Que manger à Espelette ?
Le plat d’Espelette est l’axoa de veau, prononcé « achoa ». C’est un ragoût d’épaule de veau hachée au couteau, mijotée avec de l’oignon, du poivron vert et du piment d’Espelette, servi avec des pommes de terre. Il a sa confrérie, la confrérie de l’Axoa de veau et du Piment d’Espelette, et il figure sur la quasi-totalité des ardoises de la vallée.
Le piment, lui, ne se mange pas seul : il assaisonne. Sur l’échelle simplifiée de Scoville qui va de 1 à 10, le Gorria se situe à 4, autour de la force du poivre noir, ce qui explique qu’il ait remplacé ce dernier dans la cuisine basque quand le poivre coûtait cher. On le retrouve dans la piperade, dans le jambon de Bayonne qui en est frotté, dans la ttoro, dans le chocolat et jusque dans les glaces. La récolte se fait à la main, fruit par fruit, de fin août à fin octobre, avec plusieurs passages sur le même pied.
Le reste de la carte suit le calendrier du Labourd : l’ossau-iraty de brebis manech avec sa confiture de cerise noire d’Itxassou, l’agneau de lait au printemps, la palombe en automne, et l’irouléguy, le vin des coteaux voisins, dans le verre.
Espelette, le village qui a fait d’une épice une appellation
Une baronnie devenue mairie. L’histoire d’Espelette commence par une forteresse. Vers l’an mil, une famille noble venue de Navarre bâtit sur ce versant un château dont les fouilles de 1998 ont retrouvé l’enceinte polygonale et les cinq tours. La baronnie relevait du royaume de Navarre, et les barons d’Ezpeleta ont tenu le lieu jusqu’à ce que la dernière d’entre eux, Juliana Henriquez, en fasse donation aux habitants en 1694. Le geste explique la physionomie actuelle du bourg : le monument le plus ancien du village est aussi son bâtiment le plus ordinaire, celui où l’on règle ses affaires municipales. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1993, restauré cinq ans plus tard avec restitution des ouvertures d’origine, il accueille la mairie, la bibliothèque, l’office de tourisme, des salles d’exposition et une exposition permanente sur le piment. L’église Saint-Étienne, dont la construction démarre en 1593, complète l’ensemble avec son clocher massif, ses trois étages de galeries réservées aux hommes et son retable baroque à colonnes torses. Elle a été inscrite en 1953, puis classée en 2015.
Le Gorria, du Mexique au cahier des charges. Le piment arrive au Pays basque au XVIe siècle, rapporté d’Amérique par les navigateurs espagnols. Il sert d’abord de remède, puis de conservateur pour les viandes, avant de devenir l’assaisonnement quotidien d’une région où le poivre restait une denrée coûteuse. La variété locale, Gorria, s’est fixée par sélection paysanne sur ce terroir de coteaux argilo-calcaires, arrosé par plus de 1 600 millimètres de pluie par an et ventilé par le foehn du sud qui sèche les fruits en automne. Les producteurs sèment sous abri en janvier, plantent en mai, récoltent à la main de fin août à fin octobre, puis suspendent les fruits en cordes ou les passent au séchoir avant mouture. Le décret du 1er juin 2000 a fait du piment d’Espelette la première épice française reconnue en AOC ; l’AOP européenne a suivi le 22 août 2002. L’aire compte dix communes du Labourd : Ainhoa, Cambo-les-Bains, Espelette, Halsou, Itxassou, Jatxou, Larressore, Saint-Pée-sur-Nivelle, Souraïde et Ustaritz. En 2022, la filière réunissait environ 200 producteurs sur 296 hectares, soit près de 5 millions de pieds plantés.
Une fête née en 1967, un patrimoine reconnu en 2014. La fête du piment a été créée en 1967 par le syndicat d’initiative du village, à une époque où la production cherchait des débouchés. La confrérie du piment d’Espelette suit deux ans plus tard, en 1969, parrainée par celle du jambon de Bayonne. Le rendez-vous se tient le dernier week-end d’octobre. Le samedi va aux ventes de piment et de produits du terroir, aux danses et aux chants. Le dimanche suit un ordre immuable : messe solennelle chantée par le chœur du village, bénédiction des piments par le curé, procession de la confrérie en robe rouge jusqu’au château des barons, intronisations de nouveaux chevaliers, repas et bandas dans les rues. Dès 1999, la fête dépassait 30 000 visiteurs sur deux jours, pour un village de deux mille habitants. Elle est inscrite à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel depuis le 24 janvier 2014.
Les pottoks, le panda et Miss France. Deux autres rendez-vous ponctuent l’année. Les derniers mardi et mercredi de janvier, la foire au pottok rassemble éleveurs et acheteurs autour de ce petit cheval de montagne basque, présent à l’état semi-sauvage sur les pentes du Mondarrain. En juillet, la Course des crêtes fait passer les coureurs par les hauteurs. Quant aux deux figures qui font la fierté du village, elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Armand David, né ici en 1826, missionnaire lazariste et naturaliste, a rapporté de Chine la première description scientifique occidentale du grand panda en 1869 et récolté près de 3 000 spécimens de plantes ; plus de soixante-dix espèces végétales portent son nom, et une plaque au panda marque sa maison natale. Agnès Souret, née à Espelette en 1902, a remporté en 1920 le concours de la plus belle femme de France devant 2 062 candidates, mené une carrière de danseuse et de comédienne, et est morte à 26 ans à Buenos Aires. Son mausolée Art déco en marbre rose est classé depuis 2006, dans le cimetière de l’église.
Pour préparer votre séjour dans le Labourd intérieur, des cordes de piment aux crêtes du Mondarrain, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires d’Espelette et des communes voisines. Vous pouvez aussi remonter à la page du département des Pyrénées-Atlantiques pour élargir la recherche.
À retenir
- Espelette, Ezpeleta en basque, village du Labourd, 2 155 habitants au recensement de 2023, à 22 km de Bayonne et 6 km de Cambo-les-Bains. Le nom vient de ezpel, le buis.
- Piment d’Espelette AOC par décret du 1er juin 2000, AOP européenne le 22 août 2002 : première et seule épice française sous appellation d’origine.
- Aire de dix communes (Ainhoa, Cambo-les-Bains, Espelette, Halsou, Itxassou, Jatxou, Larressore, Saint-Pée-sur-Nivelle, Souraïde, Ustaritz), environ 296 hectares et 200 producteurs en 2022.
- Variété Gorria, niveau 4 sur l’échelle simplifiée de Scoville (1 à 10), séchée en cordes de 20 à 100 fruits sur les façades de septembre à novembre.
- Château des barons d’Ezpeleta : origines vers l’an mil, légué aux habitants en 1694 par la baronne Juliana Henriquez, inscrit MH en 1993, aujourd’hui mairie, bibliothèque et office de tourisme.
- Église Saint-Étienne commencée en 1593, inscrite en 1953 et classée en 2015 : trois étages de galeries de bois, plafonds peints du XVIIe siècle, retable baroque doré, cimetière à stèles discoïdales.
- Fête du piment le dernier week-end d’octobre, créée en 1967, plus de 30 000 visiteurs dès 1999, inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel le 24 janvier 2014.
- Mondarrain, 749 m, site Natura 2000 avec tourbières à droséras, cromlech, pottoks et vautours fauves ; boucle de 11,5 km et 500 m de dénivelé depuis le col des Veaux.
- Foire au pottok les derniers mardi et mercredi de janvier ; marché le mercredi matin toute l’année.
Vos questions avant de partir à Espelette
Espelette se visite en une matinée, et c’est précisément ce qui pose problème : reste à savoir quand venir pour voir les façades rouges, si la fête d’octobre vaut la foule qu’elle attire, et ce qu’on fait du reste de la journée une fois l’église et le château vus. Voici les réponses les plus utiles avant de réserver.
De septembre à novembre. La récolte se fait à la main de fin août à fin octobre, et les fruits sont ensuite suspendus en cordes de 20 à 100 pièces sur les murs pour terminer leur séchage à l’air. En avril, les mêmes façades sont nues : le séchage est une étape du cahier des charges de l’appellation, pas un décor permanent.
Le dernier week-end d’octobre, sauf quand celui-ci tombe le 31. Créée en 1967, la fête dépassait déjà 30 000 visiteurs sur deux jours en 1999. Le dimanche suit un déroulé fixe : messe, bénédiction des piments, procession de la confrérie jusqu’au château, intronisations. Prévoyez de vous garer loin et de réserver votre hébergement plusieurs mois avant.
Commencez par le château des barons, qui abrite la mairie et l’exposition permanente sur le piment, puis l’église Saint-Étienne et son cimetière à stèles discoïdales. Le mercredi matin, enchaînez avec le marché couvert. L’après-midi, montez au Mondarrain, ou poussez jusqu’au Pas de Roland à Itxassou et à Cambo-les-Bains.
Non. Le Gorria se situe à 4 sur l’échelle simplifiée de Scoville, qui va de 1 à 10, soit à peu près la force du poivre noir. C’est ce qui explique son usage quotidien dans la cuisine basque, où il a longtemps remplacé un poivre trop cher. Il apporte surtout un parfum fruité et une chaleur progressive.
Environ trois heures et demie pour la boucle classique depuis le col des Veaux, à 540 mètres : 11,5 kilomètres et à peu près 500 mètres de dénivelé, par le col de Gorospil à 662 mètres et la crête de Bizkayluze. Le dernier ressaut vers le sommet, à 749 mètres, demande de poser les mains. Le GR 10 passe sur ces crêtes.
Cambo-les-Bains et sa villa Arnaga, la maison d’Edmond Rostand, à 6 km ; Itxassou, ses cerisiers et le Pas de Roland à 3,6 km ; Ainhoa, membre des Plus Beaux Villages de France ; Sare et ses grottes préhistoriques ; le lac de Saint-Pée-sur-Nivelle ; Bayonne à 22 km. La côte est à une trentaine de minutes.
