Quels sites naturels découvrir à Sare et autour du village ?
La Rhune domine tout, à 905 mètres, sur la ligne de crête qui sépare la France de la Navarre. C’est le premier sommet des Pyrénées quand on vient de l’Atlantique, et l’un des rares où l’on croise en liberté des pottoks, ces petits chevaux basques, et des brebis manech en estive. Les grottes de Sare s’ouvrent au sud du village par l’un des plus vastes porches d’Aquitaine, sur un réseau creusé dans le calcaire et classé Natura 2000 pour ses colonies de chauves-souris. Vers le sud-est, le col de Lizarrieta ouvre sur les crêtes boisées de l’Ibanteli et sur les palombières. À une dizaine de kilomètres, côté navarrais, les grottes de Zugarramurdi et d’Ikaburu à Urdazubi prolongent le même massif karstique.
Quels musées et monuments visiter à Sare ?
L’église Saint-Martin, inscrite au titre des monuments historiques le 14 janvier 1982, garde des éléments du XIIe siècle sous une reconstruction menée vers 1640 et un clocher surélevé en 1765. À l’intérieur, trois étages de galeries de bois réservées aux hommes courent le long de la nef ; à l’extérieur, un cadran solaire daté de 1714 porte la devise du village. Le cimetière attenant conserve des stèles discoïdales, cette forme de pierre tombale propre à l’art funéraire basque. À l’écart du bourg, la maison Ortillopitz, etxe labourdine bâtie en 1660, se visite avec son mobilier, son pressoir et son verger. Les grottes de Sare abritent un musée de site consacré à la préhistoire et à la mythologie basque telle que l’a recueillie l’ethnologue José Miguel de Barandiaran, qui séjourna dans la commune.
Où pratiquer les activités nautiques près de Sare ?
Sare n’a ni plage ni lac : l’eau se trouve à une dizaine de kilomètres, au lac de Saint-Pée-sur-Nivelle, plan d’eau de 12 hectares dont la plage est surveillée en juillet et en août et où se louent paddles, pédalos et canoës. La pêche s’y pratique à la journée, comme dans la Nivelle qui descend vers l’océan. Pour la mer, comptez un quart d’heure de route jusqu’à la baie de Saint-Jean-de-Luz, fermée par ses digues et calme pour les jeunes nageurs, ou une vingtaine de minutes jusqu’aux spots plus ouverts d’Hendaye, où se donnent la plupart des cours de surf du secteur.
Que faire en plein air à Sare ?
La montée à la Rhune depuis le parking du village demande environ 950 mètres de dénivelé et cinq heures aller-retour sur une boucle de 14 à 15 kilomètres, par le col des Trois Fontaines (541 m) ou par le GR 10, qui traverse la commune sur son parcours d’Hendaye à Banyuls. Plus accessible, le circuit du cheval bleu, ou Pottokaren bidea, relie Sare, Ainhoa, Urdazubi et Zugarramurdi : le tronçon reliant les grottes de Sare à celles de Zugarramurdi se fait en quatre heures aller-retour, balisé par un pottok bleu peint sur les pierres. Ajoutez le tour de la galtzada en une heure autour du bourg, le circuit des palombières vers l’Ibanteli, l’équitation dans les collines et le vol libre depuis les crêtes.
Que faire à Sare quand il pleut ou en cas de canicule ?
Les grottes de Sare règlent les deux problèmes d’un coup. Creusées par l’eau dans le calcaire du massif, elles s’ouvrent par l’un des plus vastes porches d’Aquitaine, qui a abrité des occupations humaines dès la préhistoire, et la température y reste à 14 degrés toute l’année, quel que soit le temps dehors. Le réseau est classé Natura 2000 pour ses colonies de chauves-souris. Le musée de site, consacré à la préhistoire et à la mythologie basque, et le parc mégalithique se visitent dans la foulée. Le fronton couvert du village accueille les parties de pelote par tous les temps, et la salle municipale sert aux expositions et aux conférences organisées pendant l’année. Quand la chaleur s’installe dans la vallée, la montée en train jusqu’au sommet de la Rhune fait gagner plusieurs degrés en 35 minutes, et les hêtraies de l’Ibanteli restent fraîches en fin de journée.
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Où trouver l’artisanat et les produits du terroir à Sare ?
Le marché de producteurs se tient le jeudi matin de mai à septembre, et un marché d’artisans et de créateurs occupe le fronton le lundi de juillet à septembre, avec du linge basque, de la vannerie et des pelotes cousues à la main. Autour du village, les fermes travaillent le lait de brebis manech pour l’ossau-iraty AOP et élèvent le porc basque à tête noire dont le jambon Kintoa a obtenu l’AOP en 2019. Le gâteau basque se décline ici dans ses deux versions, à la crème et à la cerise noire, et se prépare en atelier. À un quart d’heure de route, Espelette sèche ses cordes de piment AOP sur les façades de septembre à novembre.
Quels hébergements de charme choisir à Sare ?
Ici, le charme se lit sur la façade avant d’ouvrir la porte. Les etxe labourdines de Sare, aux colombages rouges ou verts, portent presque toutes un linteau gravé au-dessus de l’entrée : le nom de la maison, parfois celui du bâtisseur, et l’année de construction ou de reconstruction, le plus souvent aux XVIIe et XVIIIe siècles. C’est la signature du bâti labourdin, et Sare en offre la plus forte concentration de la vallée, avec près de 283 maisons recensées sur le territoire communal, certaines conservant des maçonneries du XVe siècle sous des façades remaniées. La grande façade est systématiquement tournée à l’est, dos aux vents d’ouest et à la pluie : ce n’est pas un choix esthétique, c’est une règle de survie que quatre siècles n’ont pas démentie. Beaucoup de ces maisons, dans les quartiers de San Inazio, de Helbarrun ou d’Ihalarre, reçoivent aujourd’hui des hôtes sans avoir touché à leur linteau. Comptez vingt minutes pour descendre au littoral par Ascain, Urrugne et Saint-Jean-de-Luz.
Sare, le village qui a fait de la frontière un métier
Onze quartiers et une place. Sare ne ressemble pas à un village-rue. Autour de la Plaza, où se tiennent la mairie, l’église et le fronton, la commune se déploie sur 51,34 km² en onze quartiers, que la mairie appelle aussi des hameaux et dont les noms disent le relief ou l’usage : Lehenbizkai, Basaburu, Istilarte, Helbarrun, Ihalarre, Hegimehar, Santa Katalina-Olhaldea, Bordak, San Inazio, Lezea, la Plaza faisant le onzième. Chacun a gardé sa chapelle ou son oratoire, son lavoir, parfois son école ancienne, et l’on comptait autrefois autant de vies de quartier que de clochers secondaires. Les inventaires ont recensé près de 283 maisons sur le territoire communal, certaines conservant des maçonneries du XVe siècle sous des façades remaniées aux XVIIe et XVIIIe. Cette dispersion s’explique par l’économie ancienne du village : chaque etxe tenait ses terres, ses châtaigniers et ses bêtes, et la maison, pas la famille, constituait l’unité de base de la société labourdine. Elle explique aussi la longueur des chemins, dont la galtzada, cette voie pavée qui fait le tour du bourg en une heure de marche.
Axular, la chaire et la langue basque. En 1600, un prêtre né à Urdazubi, en Navarre, prend la cure de Sare. Pedro de Agerre, que la postérité connaît sous le nom d’Axular, y restera jusqu’à sa mort en 1644, et y conduit la reconstruction de l’église vers 1640. C’est de ce presbytère que sort Gero, publié en 1643, un traité de soixante chapitres sur l’art de ne pas remettre au lendemain, écrit dans un basque labourdin d’une netteté qui en fait, quatre siècles plus tard, la référence de la prose en euskara. Sare a continué d’attirer ceux que la langue intéresse. L’Anglais Wentworth Webster s’y installa au XIXe siècle et y collecta des contes populaires basques ; l’ethnologue José Miguel de Barandiaran, auteur d’une encyclopédie basque en vingt-trois volumes, y a séjourné et son travail sur les mythes sert aujourd’hui de fil au musée des grottes. Le village entretient cet héritage chaque lundi de Pâques avec le Biltzar des écrivains basques, qui réunit plus de cent cinquante auteurs autour du fronton.
La contrebande comme économie. La commune partage une trentaine de kilomètres de frontière avec la Navarre, et pendant deux siècles cette ligne a nourri Sare autant que ses prés. On passait le tabac, l’alcool, le café, le bétail, plus tard les produits manufacturés, par les cols et les sentiers de nuit, chaussé d’espadrilles à semelle de corde qui ne font aucun bruit sur la pierre. Le métier a laissé des traces partout : les chemins de crête vers Zugarramurdi, les auberges de col, les histoires de famille et le vocabulaire. Il a laissé aussi une course, la Croix des contrebandiers, disputée le dernier dimanche d’août, qui invite des coureurs venus de dix-huit communes basques des deux côtés de la frontière. Sare a connu d’autres usages plus rudes de sa position : en 1693, les habitants repoussèrent une bande de pillards, ce qui leur valut la reconnaissance de Louis XIV, et le 10 novembre 1813, les troupes anglo-portugaises de Wellington enfoncèrent ici les lignes du maréchal Soult lors de la bataille de la Nivelle, dont les redoutes marquent encore les pentes de la Rhune.
Un train de 1924 pour un sommet de 905 mètres. Au col de Saint-Ignace, à 169 mètres d’altitude, un train à crémaillère à voie métrique attend depuis 1924. Il grimpe 4,2 kilomètres et 736 mètres de dénivelé jusqu’au sommet de la Rhune, à 905 mètres, en 35 minutes, à environ 8 kilomètres-heure, avec des rampes qui atteignent 25 %. Les voitures à caisse de bois et toiture en sapin des Pyrénées ont été dessinées en 1924 par les établissements Soulé de Bagnères-de-Bigorre et restaurées depuis à l’identique. La ligne a fêté son centenaire en 2024 et transporte environ 350 000 voyageurs par an, ce qui en fait l’un des sites les plus fréquentés du Pays basque. En haut, la vue couvre la côte landaise, la baie de Saint-Jean-de-Luz et les premières crêtes navarraises, et l’on partage le plateau avec les pottoks et les troupeaux d’estive. Les marcheurs, eux, montent depuis le village par le col des Trois Fontaines ou par le GR 10.
L’automne, la palombe et le calendrier du village. En octobre, la migration des palombes traverse les cols et Sare renoue avec sa tradition de chasse au filet depuis les palombières installées sur les crêtes de l’Ibanteli et vers le col de Lizarrieta. Le reste de l’année suit un calendrier serré : le Biltzar des écrivains basques au lundi de Pâques, le marché de producteurs du jeudi matin de mai à septembre, le marché des créateurs du lundi au fronton en été, la Croix des contrebandiers fin août, les fêtes patronales sur cinq jours au début du mois de septembre, avec messe en basque, parties de pelote et foire agricole, puis l’Olentzero à Noël et les tournées de maison en maison du carnaval. Pour préparer votre séjour dans la vallée de la Nivelle, des galeries de Lezea au sommet de la Rhune, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires de Sare et des communes voisines. Vous pouvez aussi remonter à la page du département des Pyrénées-Atlantiques pour élargir la recherche.
À retenir
- Sare, Sara en basque, village du Labourd dans la vallée de la Nivelle, 2 763 habitants au recensement de 2023, 51,34 km², à environ 15 km de Saint-Jean-de-Luz.
- Membre des Plus Beaux Villages de France, avec près de 283 maisons recensées dont certaines conservent des parties du XVe siècle.
- Onze quartiers dispersés, tels que les énumère la mairie, autour de la Plaza, reliés par la galtzada, voie pavée qui fait le tour du bourg en une heure.
- Axular, recteur de Sare jusqu’à sa mort en 1644, y a écrit Gero (1643), soixante chapitres qui font référence dans la prose basque.
- Église Saint-Martin inscrite aux monuments historiques le 14 janvier 1982 : parties du XIIe siècle, reconstruction vers 1640, clocher surélevé en 1765, cadran solaire de 1714.
- Grottes de Sare : l’un des plus vastes porches d’Aquitaine, réseau karstique occupé dès la préhistoire, 14 °C toute l’année, site Natura 2000 pour ses colonies de chauves-souris, avec musée de préhistoire et de mythologie basque et parc mégalithique.
- Train de la Rhune depuis 1924 : 4,2 km, 736 m de dénivelé, du col de Saint-Ignace (169 m) au sommet à 905 m en 35 minutes, environ 350 000 voyageurs par an, centenaire en 2024.
- Une trentaine de kilomètres de frontière avec la Navarre, à l’origine de la contrebande et de la Croix des contrebandiers, course disputée le dernier dimanche d’août.
Vos questions avant de partir à Sare
Sare se visite vite en apparence : une place, une église, un fronton. Les questions arrivent ensuite, quand il faut choisir entre monter la Rhune à pied ou en train, décider si les grottes valent le détour avec des enfants, et savoir à quelle saison venir. Voici les réponses les plus utiles avant de réserver.
Commencez par la Plaza, l’église Saint-Martin et ses trois étages de galeries, puis le cimetière et ses stèles discoïdales. Enchaînez avec les grottes de Sare, leur porche monumental et leur musée de préhistoire. L’après-midi, montez à la Rhune en train depuis le col de Saint-Ignace, ou faites le tour de la galtzada en une heure de marche.
Le train à crémaillère met 35 minutes pour parcourir les 4,2 kilomètres qui séparent le col de Saint-Ignace, à 169 mètres, du sommet à 905 mètres, soit 736 mètres de dénivelé à environ 8 kilomètres-heure. La ligne fonctionne depuis 1924 et transporte près de 350 000 voyageurs par an. Réservation vivement conseillée en juillet et en août.
Oui. Depuis le parking du village, la boucle mesure 14 à 15 kilomètres pour environ 950 mètres de dénivelé et demande cinq heures ou un peu plus. On passe par le col des Trois Fontaines, à 541 mètres, ou par le GR 10 qui traverse la commune. Prévoyez de l’eau : le parcours offre peu d’ombre au-dessus des premières pentes.
Oui. Le fil de la visite n’est pas la géologie seule : la mythologie basque recueillie par l’ethnologue José Miguel de Barandiaran, qui séjourna dans la commune, sert de trame au parcours souterrain et au musée de site, et le parc mégalithique prolonge l’ensemble en extérieur. La température reste à 14 °C toute l’année : prévoyez une veste, même en plein été, et des chaussures fermées.
Le marché de producteurs a lieu le jeudi matin, de mai à septembre. En été, un second rendez-vous s’ajoute le lundi au fronton, avec des artisans et des créateurs : linge basque, vannerie, pelotes cousues à la main. On y trouve l’ossau-iraty, la charcuterie de porc basque et le gâteau basque.
Mai, juin et septembre offrent les meilleures conditions pour la montagne, avec des journées longues et une fréquentation raisonnable. Début septembre, les fêtes patronales durent cinq jours. En octobre, la migration des palombes anime les cols. L’hiver reste calme et humide : la commune reçoit environ 1 600 mm de pluie par an.
