Quels sites naturels découvrir à Hendaye ?
Le domaine d’Abbadia protège 65 hectares de landes, de prairies et de falaises entre la plage et la corniche basque. Le Conservatoire du littoral l’a racheté en 1979 à l’Institut de France, qui le tenait du legs d’Antoine d’Abbadie ; la ville d’Hendaye le gère avec le Département des Pyrénées-Atlantiques depuis 2000, et le site reçoit plus de 250 000 visiteurs par an. C’est ici que la corniche basque prend fin : après environ six kilomètres de falaises depuis le port de Socoa, le long de la D912, le relief s’abaisse et bascule vers la plage. Le sentier de crête du domaine constitue donc l’arrivée naturelle du littoral, et l’un des rares endroits où l’on embrasse d’un coup l’océan, l’estuaire et la montagne espagnole. En contrebas se dressent les Deux Jumeaux, Dunbarriak en basque, deux blocs détachés de la côte par l’érosion et devenus l’emblème visuel de la ville. Côté fleuve, la baie de Chingudy forme un estuaire vaseux où stationnent les oiseaux migrateurs entre Hendaye, Irun et Fontarrabie.
Quels monuments et musées visiter à Hendaye ?
Le château-observatoire Abbadia domine la corniche depuis 1879. Antoine d’Abbadie, né à Dublin en 1810, explorateur de l’Éthiopie pendant douze ans, astronome et président de l’Académie des sciences en 1892, en confie les plans à Eugène Viollet-le-Duc et le chantier à Edmond Duthoit : le résultat mêle une silhouette néogothique et un décor intérieur nourri de ses voyages en Afrique. Son observatoire décimal, équipé d’une lunette méridienne signée W. Eichens, a fonctionné jusqu’en 1975. D’Abbadie légua la propriété à l’Académie des sciences en 1897 ; elle en est toujours propriétaire, et la maison porte le label Maisons des Illustres depuis 2012. Plus bas, rue des Pêcheurs, la villa Bakhar Etchea rappelle que Pierre Loti arriva à Hendaye en 1891, acheta la maison en 1903 et y mourut le 10 juin 1923 ; elle est inscrite aux monuments historiques depuis 2010. À 5 kilomètres, à Urrugne, le château d’Urtubie, fondé en 1341 et classé en 1974, se visite avec son donjon du XIVe siècle.
Quelles activités nautiques pratiquer à Hendaye ?
La baie d’Hendaye passe pour l’un des plans d’eau les plus tolérants du littoral basque : la houle y arrive freinée par les digues, ce qui explique la concentration d’écoles de surf sur la Grande Plage et la présence de débutants toute l’année. Le port de plaisance de Sokoburu, troisième port de plaisance d’Aquitaine, sert de base aux sorties en mer, à la plongée et à la pêche embarquée. La Maison du Port abrite les clubs de voile, de plongée et de pêche, auxquels s’ajoutent l’aviron de mer et le sauvetage côtier. Sur la Bidassoa, le courant modéré de l’estuaire se prête au paddle et au kayak jusqu’aux abords de l’île des Faisans, avec vue sur les façades colorées de Fontarrabie. Au large d’Urrugne, la vague de Belharra, qui se lève par très grosse houle et atteint une vingtaine de mètres, se regarde depuis la corniche plutôt qu’elle ne se surfe.
Que faire en plein air autour d’Hendaye ?
Hendaye est le kilomètre zéro du GR10, l’itinéraire qui traverse les Pyrénées jusqu’à Banyuls-sur-Mer : 916 kilomètres, 52 étapes, une cinquantaine de jours de marche pour ceux qui vont au bout, et un balisage continu depuis 1975. La ville marque aussi le terminus sud de la Vélodyssée, la véloroute EuroVelo 1 qui descend de Roscoff sur 1 300 kilomètres. Pour une sortie de quelques heures, les sentiers du domaine d’Abbadia suffisent largement, mais retenez un point avant de partir : on ne rejoint pas Saint-Jean-de-Luz à pied par le bord de mer. La portion de falaise comprise entre la sortie de Ciboure et le carrefour de la RD 912 et du domaine de Haizabia est fermée aux piétons pour risque de glissement de terrain, depuis les études géotechniques engagées par le Département en 2019, et la fermeture, annoncée comme temporaire, n’a pas de date de levée. Côté hendayais, le sentier reste praticable du domaine d’Abbadia jusqu’à ce carrefour. Vers l’intérieur, les crêtes frontalières au-dessus de Biriatou montent en pente douce vers le Xoldokogaina et ses 486 mètres. À une vingtaine de kilomètres, le train à crémaillère de la Rhune part du col de Saint-Ignace, sur la commune de Sare, où son histoire et son fonctionnement sont détaillés.
Que faire à Hendaye quand il pleut ou en cas de canicule ?
Le château-observatoire Abbadia se visite à couvert toute l’année, sauf les trois dernières semaines de janvier, et la bibliothèque, la chapelle et la salle de l’observatoire occupent facilement deux heures. La ville dispose d’une salle de cinéma, d’un trinquet couvert de 100 places et d’un mur à gauche de 1 500 places où se disputent les parties de pelote par tous les temps, ainsi que de deux courts de tennis couverts et d’un dojo municipal. Quand la chaleur s’installe, le vent de mer rend la Grande Plage plus respirable que l’intérieur des terres, et la baignade surveillée y est accessible aux personnes à mobilité réduite grâce au label Handiplage. À une vingtaine de kilomètres, les grottes de Sare offrent l’autre échappatoire classique : une température intérieure stable et fraîche, quel que soit le thermomètre à l’extérieur.
Envie d’une expérience inoubliable proche de vous ?
Où trouver l’artisanat et les produits du terroir à Hendaye ?
Deux marchés se tiennent toute l’année : le mercredi matin place de la République, au centre, et le samedi matin place Sokoburu, près du port. L’été, la ville en ajoute trois, un marché artisanal le lundi soir boulevard de la Mer, une foire gastronomique le mardi au rond-point du Palmier et un marché nocturne le jeudi soir à Sokoburu, auxquels s’ajoute une brocante le quatrième dimanche du mois. Le domaine d’Abbadia conserve un verger de variétés de pommes locales dont le jus devient le sagarno, le cidre basque, et l’estran du domaine fournit encore des algues rouges récoltées à la saison. Dans l’arrière-pays proche, du côté d’Urrugne, d’Ascain et de Sare, les fermes vendent en direct leurs fromages de brebis, et les ateliers de tissage perpétuent le linge basque à rayures.
Quels hébergements de charme choisir à Hendaye ?
Tout tient au lotissement balnéaire lancé en 1881. Hendaye-Plage a été dessinée d’un seul geste, avec un cahier des charges qui imposait le style, la hauteur des constructions et le retrait sur la rue, et cette contrainte a produit un front de mer d’une unité rare sur la côte : pans de bois apparents, larges avancées de toit, encadrements peints, balcons de bois tournés vers le couchant. Ces villas néo-basques de la fin du XIXe siècle sont l’hébergement de caractère de la ville, et plusieurs d’entre elles reçoivent aujourd’hui des hôtes à quelques mètres du sable. Autour du port de Sokoburu et de la pointe qui ferme la baie, les adresses jouent plutôt la vue sur la Bidassoa et sur les remparts de Fontarrabie. Dans la ville haute, côté gare et rue des Pêcheurs, les maisons de bourg sont plus discrètes, à quelques minutes du quartier où vécut Pierre Loti.
Que manger à Hendaye ?
La table hendayaise regarde vers l’estuaire, et son marqueur est le chipiron. Ce petit encornet, pêché au large et servi à la plancha avec ail et persil ou mijoté dans sa propre encre, est assez identitaire ici pour être fêté chaque été au bord de l’eau. Autour de lui viennent les produits de la Bidassoa et de la baie de Chingudy : le poisson d’estuaire et la pêche côtière débarquée à Sokoburu, et jusqu’aux algues rouges récoltées à la main sur l’estran du domaine d’Abbadia à marée basse. Deux autres assiettes complètent la carte, le marmitako, ragoût de thon et de pommes de terre né à bord des chaloupes, et le ttoro, soupe de poissons de roche servie avec ses croûtons frottés d’ail. Le verre qui va avec est souvent le sagarno, le cidre basque pressé notamment des pommiers du verger conservatoire d’Abbadia. Pour le chocolat et le jambon, il faut remonter à Bayonne.
Hendaye, la dernière plage avant l’Espagne
Une ville reconstruite après sa disparition. L’histoire d’Hendaye tient en grande partie à sa position sur la Bidassoa, à cheval sur une frontière que les traités ont beaucoup déplacée. Le fleuve a servi de table de négociation pendant des siècles : c’est sur l’île des Faisans, un banc d’environ 210 mètres de long sur 40 mètres dans sa plus grande largeur, soit 6 820 mètres carrés, que Mazarin et Luis de Haro signent le traité des Pyrénées en 1659, et que la France reçoit l’infante Marie-Thérèse avant son mariage avec Louis XIV. L’îlot a gardé son statut : depuis le traité de Bayonne de 1856, il appartient indivisément aux deux pays, et l’administration passe de la France à l’Espagne tous les six mois. On ne le visite pas, on l’observe depuis la rive de Béhobie. Cette proximité a coûté cher à la ville. En 1793, pendant la guerre contre l’Espagne, le fort, l’église et une grande partie du bourg sont rasés. Hendaye se relève lentement, puis change de destin dans les dernières décennies du XIXe siècle, quand le chemin de fer amène les baigneurs. Le lotissement d’Hendaye-Plage est lancé en 1881, avec un cahier des charges qui impose un style et une hauteur, d’où l’unité architecturale que l’on voit encore le long du boulevard de la Mer.
Soixante-cinq hectares que l’on a failli lotir. À l’est de la ville, la falaise a échappé aux promoteurs. Antoine d’Abbadie avait légué son domaine à l’Académie des sciences en 1897 ; en 1979, le Conservatoire du littoral en rachète la partie naturelle, soit 65 hectares de landes atlantiques, de prairies pâturées, de bois et de falaises. Le site est aujourd’hui cogéré par la ville et le Département des Pyrénées-Atlantiques, avec le CPIE Littoral basque pour l’animation depuis 2011, et il reçoit plus de 250 000 visiteurs par an. Quatre anciennes fermes ont été restaurées et réaffectées, dont Asporotsttipi, devenue maison de la corniche basque, et Nekatoenea, qui accueille des résidences d’artistes. Le pâturage a été maintenu, tout comme un verger conservatoire de pommiers anciens dont on tire le sagarno. À marée basse, l’estran laisse encore récolter des algues rouges. Les falaises, elles, reculent : les Deux Jumeaux étaient collés à la côte il n’y a pas si longtemps, et la trompe d’éléphant que les cartes postales du début du XXe siècle montraient sur le jumeau est a disparu.
Le kilomètre zéro de deux grandes traversées. Beaucoup de marcheurs arrivent à Hendaye pour en repartir à pied. Le GR10 démarre ici et rejoint la Méditerranée à Banyuls-sur-Mer après 916 kilomètres et 52 étapes, avec un point culminant à 2 734 mètres à la Hourquette d’Ossoue ; il faut compter une cinquantaine de jours pour l’avaler d’un trait, et la première étape monte vers Biriatou puis les crêtes frontalières. Les cyclistes, eux, terminent ici la Vélodyssée, l’itinéraire EuroVelo 1 qui suit la façade atlantique sur 1 300 kilomètres depuis Roscoff. La ville est aussi une étape sur les chemins de Compostelle, juste avant le passage vers Irun et la voie du littoral espagnole. Cette fonction de seuil se lit dans un lieu précis : la gare internationale, où les voyageurs changeaient de train à cause de l’écart d’écartement des voies entre la France et l’Espagne. C’est là, le 23 octobre 1940, que Hitler et Franco se sont rencontrés dans un wagon, entrevue restée dans les manuels pour son résultat, à savoir aucun engagement espagnol dans la guerre.
Une année scandée par la mer et le fronton. Le calendrier hendayais commence en janvier, ce qui est rare pour une station balnéaire. Bixintxo, la fête de la Saint-Vincent, se célèbre depuis plus de trois siècles et demi ; elle se tenait à l’origine en septembre, mais on l’a déplacée en hiver pour que les pêcheurs, partis en campagne à l’automne, puissent y participer. Dix jours durant, les quartiers se répondent à coups de tamborrada, de tournois de mus, de parties de pelote et d’un zikiro final, le mouton grillé partagé en commun. En août, la Fête basque prend le relais : créée en 1930 sous le nom de Grande Kermesse Basque, elle déroule sa cavalcade de chars et son feu d’artifice tiré depuis le stade Ondarraïtz, doublée par Hiri Besta et son bleu et blanc porté par toute la ville. Entre les deux, la pelote occupe le mur à gauche Daniel Ugarte et ses 1 500 places, le trinquet couvert et les frontons libres de Gaztelu Zahar et de Béhobie. Le stade de football porte le nom de Bixente Lizarazu, né à Saint-Jean-de-Luz, qui a pris sa première licence au club des Églantins d’Hendaye.
Ce que l’on voit depuis la digue. Reste le motif qui décide la plupart des séjours : la plage. Elle s’étire sur plus de 3 kilomètres, la plus longue du littoral basque français, orientée plein nord-ouest et abritée par les digues du port de Sokoburu, ce qui lui vaut des vagues plus praticables qu’ailleurs sur cette côte et une eau qui monte loin sur le sable à marée basse. À une extrémité, le port de plaisance de Sokoburu, troisième port de plaisance d’Aquitaine ; à l’autre, la falaise, les Deux Jumeaux et le début du domaine d’Abbadia. Derrière, la baie de Chingudy et sa lumière d’estuaire, avec Irun d’un côté, Fontarrabie de l’autre, et les crêtes de la Jaizkibel qui ferment le tableau. Le point haut de la commune ne dépasse pas 108 mètres, mais il suffit à embrasser tout cela d’un regard. Pour organiser vos journées, des falaises de la corniche aux sentiers frontaliers de Biriatou, Totem Adventure recense les activités, les sites et les prestataires d’Hendaye et de la baie de Chingudy.
À retenir
- Hendaia, commune la plus au sud-ouest de France, 18 102 habitants (recensement 2023), séparée d’Irun et de Fontarrabie par la baie de Chingudy et l’estuaire de la Bidassoa.
- La plus longue plage de la Côte basque, plus de 3 kilomètres de sable abrités par les digues du port de Sokoburu, labellisée Handiplage.
- Domaine d’Abbadia : 65 hectares acquis par le Conservatoire du littoral en 1979, cogérés par la ville et le Département, plus de 250 000 visiteurs par an.
- Château-observatoire Abbadia, bâti à partir de 1864 sur les plans de Viollet-le-Duc pour Antoine d’Abbadie (1810-1897), président de l’Académie des sciences en 1892 ; observatoire en service jusqu’en 1975, label Maisons des Illustres depuis 2012.
- Île des Faisans, 6 820 m² (environ 210 m de long sur 40 m dans sa plus grande largeur) au milieu de la Bidassoa : traité des Pyrénées signé en 1659, condominium franco-espagnol dont l’administration alterne tous les six mois depuis le traité de Bayonne de 1856.
- Départ du GR10 vers Banyuls-sur-Mer, 916 kilomètres et 52 étapes, et terminus sud de la Vélodyssée (EuroVelo 1), 1 300 kilomètres depuis Roscoff.
- Gare internationale d’Hendaye : entrevue entre Hitler et Franco le 23 octobre 1940.
- Deux grands rendez-vous : Bixintxo en janvier, fête des pêcheurs célébrée depuis plus de 350 ans, et la Fête basque du deuxième week-end d’août, née en 1930.
Vos questions avant de partir à Hendaye
Les visiteurs arrivent presque tous avec les mêmes interrogations : la plage vaut-elle sa réputation, que voir en dehors du sable, comment passer côté espagnol, et à quelle saison venir sans subir l’affluence d’août. Voici de quoi préparer votre séjour dans la baie de Chingudy.
La Grande Plage d’Hendaye s’étend sur plus de 3 kilomètres, ce qui en fait la plus longue plage de la Côte basque française. Orientée nord-ouest et protégée par les digues du port de Sokoburu, elle reçoit une houle atténuée, appréciée des débutants en surf et des familles. Elle est labellisée Handiplage et surveillée en saison.
Commencez par la Grande Plage et la promenade jusqu’aux Deux Jumeaux, montez ensuite au château-observatoire Abbadia pour la visite guidée et la vue sur la corniche, puis parcourez les sentiers du domaine d’Abbadia. Terminez côté Bidassoa, au port de Sokoburu ou à Béhobie, face à l’île des Faisans. Comptez une journée pleine.
Non, l’île des Faisans est fermée au public. Ce banc de 6 820 mètres carrés posé sur la Bidassoa appartient indivisément à la France et à l’Espagne, qui s’en partagent l’administration par périodes de six mois. On l’observe depuis la rive, au quartier de Béhobie, où un panneau rappelle la signature du traité des Pyrénées en 1659.
Trois voies existent : le pont Santiago vers Irun, le pont de Béhobie en amont, et la traversée de la baie de Chingudy vers Fontarrabie. Le tramway régional relie Hendaye à Saint-Sébastien depuis la gare, et l’itinéraire cyclable longe la Bidassoa. Aucun contrôle systématique, mais une pièce d’identité reste nécessaire.
La Grande Plage et ses vagues modérées, les sentiers courts du domaine d’Abbadia, la découverte du château-observatoire et de ses collections rapportées d’Éthiopie, une initiation au surf ou au paddle sur la baie, et une montée en train à crémaillère au sommet de la Rhune, à 905 mètres et une vingtaine de kilomètres de la ville.
Juin et septembre offrent les meilleures conditions : eau encore ou déjà tempérée, sentiers praticables et fréquentation raisonnable. Juillet et août concentrent les marchés nocturnes, la Fête basque du deuxième week-end d’août et l’essentiel des visiteurs. Janvier vaut le détour pour Bixintxo, si vous acceptez une météo océanique changeante.
